Volume 37, Number 1, 2024
Table of contents (13 articles)
Études
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Une analyse contemporaine du principe d’extraterritorialité en droit de l’Union européenne et en droit international économique
Lise Bernard-Apéré
pp. 13–47
AbstractFR:
Les récentes priorités politiques présentées par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans des domaines tels que l’environnement, le numérique, les services financiers, ainsi que les transports maritimes et aériens, revêtent une dimension intrinsèquement transnationale, voire mondiale. Dans ce contexte, il est évident que l’action mise en oeuvre par l’Union européenne (ci-après, UE) ne peut se limiter au cadre juridique interne de celle-ci. Cette propension de l’UE à réguler des « enjeux globaux » a ipso facto conduit à l’adoption d’un ensemble diversifié de textes législatifs. Ces textes présentent fondamentalement un caractère extraterritorial tant d’un point de vue de leurs effets que de leurs portées. Cette extraterritorialité par voie conventionnelle repose sur la négociation et les compromis pour assurer l’acceptation des normes et d’intérêts de l’UE par ses partenaires commerciaux. En revanche, en l’absence d’accord, de compromis ou de consentement mutuel, la légitimité de la portée extraterritoriale de telles mesures est remise en question, ce qui pousse parfois les États à recourir à des actions unilatérales pour imposer leurs normes. À ce titre les États font preuve d’originalité afin de trouver des rattachements subsidiaires pour justifier leurs mesures coercitives. Cet article vise à effectuer un état des lieux du principe d’extraterritorialité en droit international économique et en droit de l’UE afin de démontrer que ce principe se manifeste de façon très disparate. Le principe d’extraterritorialité renvoie désormais à une interaction complexe de processus juridiques, politiques et économiques qui se révèlent de diverses manières à travers de nombreux véhicules et servent des objectifs différents.
EN:
The recent political priorities presented by the President of the European Commission, Ursula von der Leyen, in areas such as the environment, digital technology, financial services, and maritime and air transport, have an intrinsically transnational and even global dimension. In this context, it is evident that the actions taken by the European Union (hereinafter, EU) cannot be limited to its internal legal framework. The EU’s propensity to regulate “global issues” has ipso facto led to the adoption of a diverse range of legislative acts, which are fundamentally extraterritorial in their effects and scope. This conventional extraterritoriality rests on negotiation and compromise to ensure that the norms and interests expressed in the legislation are accepted by the EU’s trading partners. Conversely, in the absence of agreement, compromise or mutual consent, the legitimacy of the extraterritorial scope of such legislation is called into question, sometimes prompting states to resort to unilateral measures to impose their norms. In this respect, states have displayed originality in identifying subsidiary links to justify their coercive measures. The aim of this article is to provide an overview of the principle of extraterritoriality in international economic law and in EU law in order to demonstrate that this principle manifests itself in very disparate ways. The principle of extraterritoriality has come to involve a complex interplay of legal, political and economic processes, which play out in different ways through numerous channels and serve different purposes.
ES:
Las nuevas prioridades políticas presentadas por la presidenta de la Comisión Europea, Ursula von der Leyen, en sectores como el medio ambiente, la tecnología digital, los servicios financieros y el transporte marítimo y aéreo, revisten una dimensión intrínsecamente transnacional, incluso global. En este contexto, es evidente que la acción implementada por la Unión Europea (en adelante, UE) no puede limitarse a su marco jurídico interno. Esta propensión de la UE a regular las « cuestiones globales » ha conducido ipso facto a la adopción de un corpus legislativo diversificado. Estos textos son de carácter fundamentalmente extraterritorial, desde el punto de vista de sus efectos como por su alcance. Esta extraterritorialidad convencional se basa en la negociación y los compromisos para asegurar la aceptación de sus normas e intereses por parte de sus socios comerciales. Por otro lado, en ausencia de acuerdos, compromisos o consentimiento mutuo, la legitimidad del alcance extraterritorial de estas medidas es puesta en tela de juicio, lo que en ocasiones lleva a los Estados a recurrir a medidas unilaterales para imponer sus normas. En este aspecto, los Estados dan muestras de originalidad con miras a encontrar vínculos subsidiarios para justificar sus medidas coercitivas. Este artículo se propone examinar el principio de extraterritorialidad en el derecho económico internacional y en el derecho de la UE para demostrar que este principio se manifiesta de forma muy dispar. En la actualidad, el principio de extraterritorialidad hace referencia a una compleja interacción de procesos jurídicos, políticos y económicos que se presentan de diversas maneras a través de numerosos mecanismos y sirven a diferentes propósitos.
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Allégations de génocide au titre de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (Ukraine c Fédération de Russie), Exceptions préliminaires, [2024] CIJ : une compétence partielle pour une décision insatisfaisante
Farah Jerrari
pp. 49–82
AbstractFR:
La décision de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur les exceptions préliminaires soulevées par la Russie dans l’affaire l’opposant à l’Ukraine présente plusieurs aspects uniques. La demande inédite de l’Ukraine d’une déclaration de non-violation, acceptée par la Cour malgré sa nouveauté, marque un tournant significatif fondé sur une lecture renouvelée de la clause compromissoire inscrite à l’article IX de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (Convention sur le génocide). Toutefois tant l’argument des circonstances particulières que le découpage artificiel de l’affaire en deux volets exposent la Cour à des critiques quant au risque d’instrumentalisation auquel elle s’expose.
EN:
The decision of the International Court of Justice (ICJ) on the preliminary objections raised by Russia in its case against Ukraine has several unique aspects. Ukraine’s unprecedented request for a declaration of non-violation, accepted by the Court despite its novelty, marks a significant turning point based on a new reading of the compromissory clause enshrined in Article IX of the Genocide Convention. However, both the special circumstances argument and the artificial division of the case into two parts expose the Court to criticism for lending itself to instrumentalization.
ES:
El fallo de la Corte Internacional de Justicia (CIJ) respecto a las excepciones preliminares formuladas por Rusia en el caso que la enfrenta a Ucrania revela varios aspectos peculiares. La solicitud sin precedentes de Ucrania de una declaración de no violación, aceptada por la CIJ a pesar de su novedad, marca un giro significativo basado en una relectura de la cláusula compromisoria del artículo IX de la Convención sobre el Genocidio. Sin embargo, tanto el argumento de las circunstancias especiales como la división artificial del caso en dos segmentos exponen a la CIJ a críticas sobre el riesgo de instrumentalización al que expone.
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Cadre conceptuel des comptes publics et accessibilité des pays hors de l’Europe aux fonds multilatéraux et bilatéraux français dédiés au développement
Erick Bonaventure Loutangou
pp. 83–113
AbstractFR:
Les pays francophones comme d’autres États, ont besoin des fonds multilatéraux et bilatéraux pour leur développement. Ces financements obéissent à des règles comptables d’éligibilité à L’aide publique au développement, de conditionnalité et de concessionnalité inspirées d’un cadre conceptuel des comptes publics qui incarne une souveraineté comptable opposables aux emprunteurs. Cependant, chaque État emprunteur a un cadre normatif budgétaire et comptable qui fait face à celui du contributeur bilatéral européen et que ce dernier intègre dans les instances multilatérales par sa forte contribution à ces institutions. Par la méthode analytique, l’étude qui cible la France comme contributrice bilatérale présente également dans les institutions multilatérales par ses participations, la Côte d’Ivoire et le Congo-Brazzaville comme bénéficiaires, montre la spécificité de la relation juridique entre le cadre conceptuel des comptes publics et l’accessibilité aux fonds multilatéraux et bilatéraux pour le développement. Instrument d’expression de la souveraineté comptable, le cadre conceptuel des comptes publics durcit l’accessibilité des pays emprunteurs aux fonds multilatéraux et bilatéraux. En affirmant le statut comptable du pouvoir souverain, le cadre conceptuel des comptes publics renforce la souveraineté du contributeur bilatéral, celle des institutions multilatérales et affaiblit celle des pays financés. Ces derniers gagnent tout de même en performance budgétaire à un certain niveau de la chaîne de la dépense publique.
EN:
French-speaking countries, like other States, need multilateral and bilateral funds for their development. This financing obeys accounting rules of eligibility for “public development assistance”, conditionality, and concessionality inspired by a conceptual framework of public accounts which embodies accounting sovereignty enforceable against borrowers. However, each borrowing State has a normative budgetary and accounting framework that matches that of the European bilateral contributor and which the latter integrates into multilateral bodies through its strong contribution to these institutions. By the analytical method, the study which targets France as a bilateral contributor also present in multilateral institutions through its participations, Côte d’Ivoire and Congo-Brazzaville as beneficiaries, shows the specificity of the legal relationship between the conceptual framework of public accounts and accessibility to multilateral and bilateral funds for development. An instrument for expressing accounting sovereignty, the conceptual framework of public accounts strengthens the accessibility of borrowing countries to multilateral and bilateral funds. By affirming the accounting status of the sovereign power, the conceptual framework of public accounts reinforces the sovereignty of the bilateral contributor, and that of multilateral institutions, and weakens that of the financed countries. The latter still gains in budgetary performance at a certain level of the public spending chain.
ES:
Los países de habla francesa, al igual que otros Estados, necesitan fondos multilaterales y bilaterales para su desarrollo. Esta financiación obedece a reglas contables de elegibilidad para la “ayuda pública al desarrollo”, condicionalidad y concesionalidad inspiradas en un marco conceptual de cuentas públicas que encarna la soberanía contable exigible a los prestatarios. Sin embargo, cada Estado prestatario tiene un marco normativo, presupuestario y contable que coincide con el del contribuyente bilateral europeo y que este último integra en los organismos multilaterales a través de su fuerte contribución a estas instituciones. Desde el punto de vista analítico, el estudio que señala a Francia como contribuyente bilateral presente igualmente en las instituciones multilaterales a través de sus participaciones, a Costa de Marfil y Congo-Brazzaville como beneficiarios, muestra la especificidad de la relación jurídica entre el marco conceptual de las cuentas públicas y la accesibilidad a los fondos multilaterales y bilaterales para el desarrollo. El marco conceptual de las cuentas públicas, un instrumento para expresar la soberanía contable, fortalece la accesibilidad de los países prestatarios a los fondos multilaterales y bilaterales. Al afirmar el estatus contable del poder soberano, el marco conceptual de las cuentas públicas refuerza la soberanía del contribuyente bilateral, la de las instituciones multilaterales y debilita la de los países financiados. Estos últimos todavía ganan en desempeño presupuestario en un cierto nivel de la cadena del gasto público.
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Experimenting Hybrid Justice in the Central African Republic: The Special Criminal Court, an Embodiment of Retributive Justice?
Nfor N Nde Nyambi
pp. 115–143
AbstractEN:
This paper examines the Special Criminal Court (SCC) of the Central African Republic, focusing on its role in the country’s transitional justice framework. Established in 2015, the SCC plays a pivotal role in the country’s transitional justice process. While the Court’s Organic Law leans toward retributive justice, it also envisions reparations for victims. The SCC’s Rules and the country’s Criminal Procedure Law support the Court’s power to issue reparations orders through the “parties civiles” system. Through a doctrinal approach, utilizing textual analysis of case rulings and decisions, the study evaluates the Court’s capacity to offer justice to victims and its effectiveness in awarding reparations. The research highlights key decisions, including the June 16, 2023 judgment that granted financial reparations to victims, the October 23, 2023 ruling on individual and symbolic reparations, and the March 25, 2024 rejection of collective reparations due to cultural opposition from victims. The paper discusses the Court’s challenges in balancing retributive justice with restorative measures, emphasizing the need for external support due to the indigence of the convicted. Findings suggest that while the SCC has made strides in reparations, its capacity to fully realize restorative justice is hindered by financial limitations and procedural challenges. The paper concludes with recommendations to enhance the SCC’s reparative mandate through broader international cooperation.
FR:
Cet article examine la Cour Pénale Spéciale (CPS) de la République Centrafricaine, en mettant l’accent sur son rôle dans le cadre de la justice transitionnelle du pays. Établie en 2015, la CPS joue un rôle clé dans le processus de justice transitionnelle de la République Centrafricaine. Bien que la loi organique de la Cour soit orientée vers la justice rétributive, elle prévoit également des réparations pour les victimes. Le règlement de la CPS et le Code de procédure pénale du pays soutiennent le pouvoir de la Cour d’émettre des ordonnances de réparations par le biais du système des parties civiles. À travers une approche doctrinale, en utilisant l’analyse textuelle des jugements et des décisions, cette étude évalue la capacité de la Cour à rendre justice aux victimes et son efficacité à accorder des réparations. La recherche met en lumière des décisions clés, notamment le jugement du 16 juin 2023 qui a accordé des réparations financières aux victimes, l’arrêt du 23 octobre 2023 sur les réparations individuelles et symboliques, et le rejet, le 25 mars 2024, des réparations collectives en raison de l’opposition culturelle des victimes. L’article aborde les défis de la Cour pour équilibrer la justice rétributive et les mesures réparatrices, soulignant la nécessité d’un soutien extérieur en raison de l’indigence des condamnés. Les résultats suggèrent que, bien que la CPS ait accompli des progrès en matière de réparations, sa capacité à réaliser pleinement la justice réparatrice est freinée par des limitations financières et des défis procéduraux. L’article se conclut par des recommandations visant à renforcer le mandat réparateur de la CPS par une coopération internationale accrue.
ES:
Este artículo examina la Corte Penal Especial (CPE) de la República Centroafricana, centrándose en su papel dentro del marco de justicia transicional del país. Establecida en 2015, la CPE desempeña un papel fundamental en el proceso de justicia transicional de la República Centroafricana. Si bien la Ley Orgánica de la Corte se inclina hacia la justicia retributiva, también prevé reparaciones para las víctimas. El reglamento de la CPE y la Ley de Procedimiento Penal del país respaldan el poder de la Corte para emitir órdenes de reparaciones a través del sistema de partes civiles. Mediante un enfoque doctrinal, utilizando el análisis textual de fallos y decisiones, el estudio evalúa la capacidad de la Corte para ofrecer justicia a las víctimas y su efectividad al otorgar reparaciones. La investigación resalta decisiones clave, como la sentencia del 16 de junio de 2023 que concedió reparaciones financieras a las víctimas, la resolución del 23 de octubre de 2023 sobre reparaciones individuales y simbólicas, y el rechazo, el 25 de marzo de 2024, de las reparaciones colectivas debido a la oposición cultural de las víctimas. El artículo discute los desafíos de la Corte para equilibrar la justicia retributiva con las medidas restaurativas, subrayando la necesidad de apoyo externo debido a la indigencia de los condenados. Los resultados sugieren que, aunque la CPE ha logrado avances en las reparaciones, su capacidad para realizar plenamente la justicia restaurativa se ve obstaculizada por limitaciones financieras y desafíos procedimentales. El artículo concluye con recomendaciones para fortalecer el mandato reparador de la CPE a través de una cooperación internacional más amplia.
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La personnification de la Nature en droit international
Homba Alban Bassowa
pp. 145–168
AbstractFR:
Le droit international a pendant longtemps eu une approche anthropocentrée de la protection de l’environnement. Cependant, depuis quelques décennies, émerge une nouvelle approche de la Nature, dite holistique, qui tend à dépasser sa conception objective. Bien que le droit international ne se montre pas hostile à l’idée des « droits de la Nature », il l’accueille cependant avec timidité. Ainsi, observe-t-on quelques bribes de personnification de la Nature aussi bien sur le plan substantiel que procédural. Le présent article ambitionne de réaliser un bref état des lieux sur l’émergence du concept et son ancrage en droit international, tout en analysant l’influence que pourrait avoir le droit comparé à cet effet.
EN:
International law has long taken an anthropocentric approach to environmental protection. In recent decades, however, a holistic approach, extending beyond an objective conception of Nature has emerged. Although international law is not hostile to the idea of “Nature’s rights,” it is rather coy about embracing it. A few instances of personifying Nature can be found at both the substantive and procedural levels. The aim of this article is to provide a brief overview of the emergence and rooting of the concept in international law, while also analyzing the potential influence of comparative law in this respect.
ES:
El derecho internacional ha adoptado desde hace mucho tiempo un enfoque antropocéntrico en la protección del medio ambiente. Sin embargo, en las últimas décadas ha surgido un nuevo enfoque de la naturaleza, denominado holístico, que tiende a ir más allá de su concepción objetiva. Aunque el derecho internacional no se muestra contrario a la idea de los « derechos de la naturaleza », la acepta con reservas. De tal manera, se observan algunos indicios de personificación de la naturaleza tanto a nivel sustantivo como procesal. Este artículo pretende realizar una breve reseña sobre el surgimiento del concepto y su consolidación en el derecho internacional, analizando al mismo tiempo la influencia que el derecho comparado podría tener al respecto.
Concours de dissertation Jacques-Yvan Morin
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Règlement des différends investisseur-État et droit international des changements climatiques : une synergie en devenir ?
Camille Martini
pp. 171–220
AbstractFR:
Un nombre croissant d’investisseurs étrangers ont recours au règlement des différends investisseur-État (RDIE) pour contester des mesures ou modifications du cadre juridique applicable à leur investissement, adoptées dans un contexte de lutte contre les changements climatiques et d’adaptation à leurs effets néfastes. En conséquence, on assiste, depuis 2016 à une augmentation du nombre de différends entre investisseurs et États dans le secteur des énergies renouvelables, des énergies fossiles, des marchés du carbone ou du secteur minier. Dans ce contexte, la prochaine vague de RDIE pourrait cibler les mesures de l’État hôte visant à mettre en oeuvre les objectifs d’atténuation et d’adaptation de l’Accord de Paris et, plus particulièrement, leurs contributions déterminées au niveau national (CDN), ce qui pourrait en ricocher entraver les efforts mondiaux pour lutter contre les effets néfastes du changement climatique et atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. En étudiant ce phénomène, la présente contribution démontre que les tribunaux arbitraux ne se sont jamais, à quelques exceptions, livrés à une quelconque analyse substantielle des traités internationaux relatifs au changement climatique. Elle soutient en outre que l’insuffisante intégration des préoccupations liées au changement climatique dans le RDIE reflétée dans des sentences récentes n’est pas une fatalité, dans la mesure où les parties aux procédures de RDIE et les tribunaux disposent d’outils et de précédents leur permettant de recourir aux traités internationaux et instruments juridiques connexes relatifs à l’urgence climatique.
EN:
While many investor-state dispute settlement (ISDS) proceedings based on international investment agreements have dealt, directly or incidentally, with environmental issues, state measures relating to the mitigation and adaptation to climate change have been subject to a small number of reported cases. This article demonstrates that there is a significant gap between the number of investor-state disputes having a direct relevance with climate change, on the one hand, and the number of such cases that have actually raised climate change as a material legal or factual issue. In addition, arbitral tribunals faced with disputes related to measures or sectors that are of direct relevance to climate action have, to date, virtually never engaged in any sort of substantial analysis of international climate change treaties and related instruments, rules, or practices. Against this backdrop, this article will explore ways for arbitrators and parties to ISDS proceedings to better consider the climate regime — in particular, the Paris Agreement and instruments arising therefrom — in ISDS proceedings beyond its current limited role as an element of context. While the literature has mostly focused on integrating climate change concerns in ISDS, this article goes further by exploring how states’ international climate obligations could play a greater role in the adjudication of investor-state disputes, including by providing states with a justification for implementing more ambitious regulations as well as tribunals with guidance for interpreting substantive obligations in investment treaties.
ES:
Un número cada vez más grande de inversores extranjeros recurren a la Solución des Diferendos entre Inversores y Estados (SDIE) para impugnar medidas o cambios en el marco jurídico aplicable a su inversión, adoptados en el contexto de la lucha contra el cambio climático y la adaptación a sus efectos adversos. Como resultado, desde 2016 se ha producido un aumento del número de disputas entre inversores y Estados en los sectores de las energías renovables, los combustibles fósiles, los mercados de carbono y la minería. En este contexto, la próxima ola de SDIE podría apuntar a las medidas de los estados anfitriones destinadas a implementar los objetivos de mitigación y adaptación del Acuerdo de París y, más específicamente, sus contribuciones determinadas a nivel nacional (CDNN), que a su vez podrían obstaculizar los esfuerzos mundiales para combatir los efectos adversos del cambio climático y alcanzar los acuerdos del Acuerdo de París. Al estudiar este fenómeno, esta contribución demuestra, que los tribunales arbitrales nunca, con algunas excepciones, han realizado un análisis sustancial de los tratados internacionales relacionados con el cambio climático. Sostiene además que la integración insuficiente sobre las preocupaciones sobre el cambio climático en el ISDS reflejada en laudos recientes no es inevitable, ya que las partes en los procedimientos y tribunales del ISDS tienen herramientas y precedentes que les permiten recurrir a tratados internacionales e instrumentos jurídicos relacionados con la emergencia climática.
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The World Bank’s Dispute Resolution Service: Procedural Reforms to Ensure Meaningful Access to Remedies for Project-Affected People
Jonathan Brosseau
pp. 221–278
AbstractEN:
In 2020, the World Bank established the Dispute Resolution Service (DRS) to address complaints from people adversely affected by its projects. The DRS enables them to engage directly with borrower States responsible for project implementation, using mediation, fact-finding, and other methods. As outlined in Section I, this paper examines how the DRS strengthens affected people’s access to remedies and how the DRS should further strengthen such access. Section II presents the standards that underpin the access to a remedy provided by the DRS. Legal standards derive from the Bank’s founding treaty, customary international law, and potential immunities before national courts. Policy standards derive from the Bank’s three remedial mechanisms. First, the 1993 Inspection Panel investigates the Bank’s compliance with its policies, based on three principles: accessibility, effectiveness, and independence. Second, the 2015 Grievance Redress Service facilitates corporate-level dispute resolution. Third, the Bank created the DRS solely to enhance access to remedy through dispute resolution at the organization’s highest level. Section III proposes improvements to the DRS for each principle. Regarding accessibility, the Bank should expand participation opportunities for affected people, including by guaranteeing minimum access to project information. Regarding effectiveness, the Bank should require the “consistency” of dispute resolution agreements with its policies, the default publication of agreements, and mandatory verification of agreement implementation. Regarding independence, the Bank should ensure greater options in sequencing compliance review and dispute resolution processes and introduce concrete measures to mitigate the DRS’ institutional interest in outcomes. Section IV concludes that the DRS’ procedural shortcomings raise doubts about its ability to meaningfully enhance access to remedies, aligning instead with the contemporary trend in international law toward flexible dispute resolution. More broadly, the DRS illustrates the relevance of refining global administrative law theory through a transnational perspective that considers the distinct political, institutional, and economic forces that shape enforcement mechanisms.
FR:
En 2020, la Banque mondiale a créé le Service de règlement des différends (DRS) pour traiter les plaintes des personnes affectées par ses projets. Il leur permet d’échanger avec les États emprunteurs mettant en oeuvre ces projets, à travers la médiation, l’établissement des faits et d’autres méthodes. Comme l’explique la Section I, cet article analyse comment le DRS renforce leur accès aux recours et comment il devrait le renforcer davantage. La Section II présente les normes applicables au DRS. Celles juridiques proviennent du traité de la Banque, du droit international coutumier et des immunités. Celles politiques proviennent des trois mécanismes de la Banque. Premièrement, le Panel d’inspection (1993) vérifie la conformité avec ses politiques, suivant trois principes : l’accessibilité, l’effectivité et l’indépendance. Deuxièmement, le Service des griefs (2015) résout les différends avec la Direction. Troisièmement, le DRS devait uniquement renforcer l’accès aux recours par le règlement amiable des différends au plus haut niveau de l’organisation. La Section III propose plusieurs améliorations au DRS. Concernant l’accessibilité, la Banque devrait renforcer les possibilités de participation des personnes affectées, notamment en garantissant un accès minimal aux informations sur les projets. Concernant l’effectivité, elle devrait imposer la « cohérence » des accords de règlement aux politiques, leur publication par défaut et une vérification obligatoire de leur mise en oeuvre. Concernant l’indépendance, elle devrait permettre une articulation fluide des mécanismes et introduire des mesures limitant l’intérêt du DRS dans les accords. La Section IV conclut que les lacunes procédurales du DRS suscitent des interrogations quant à sa capacité à renforcer l’accès aux recours, s’inscrivant plutôt dans la tendance du droit international à privilégier une résolution flexible des différends. Plus généralement, le DRS illustre l’intérêt d’affiner la théorie du droit administratif global par une perspective transnationale intégrant les dynamiques politiques, institutionnelles et économiques façonnant les mécanismes de contrôle.
ES:
En 2020, el Banco Mundial creó el Servicio de Resolución de Disputas (DRS) para abordar quejas de personas afectadas por sus proyectos. Les permite interactuar directamente con los Estados tomando prestados responsables de la implementación de sus proyectos, mediante mediación, determinación de hechos y otros métodos. La Sección I de este artículo analiza cómo el DRS fortalece el acceso a reparaciones y cómo debería seguir fortaleciéndolo. La Sección II presenta los estándares aplicables al DRS. Los jurídicos derivan del tratado del Banco, del derecho internacional consuetudinario y de las inmunidades. Los políticos derivan de tres mecanismos del Banco. Primero, el Panel de Inspección (1993) verifica la conformidad con sus políticas según tres principios: accesibilidad, eficacia e independencia. Segundo, el Servicio de Atención de Quejas (2015) resuelve las disputas con la Dirección. Tercero, el DRS fue creado únicamente para mejorar el acceso a reparación mediante resolución de disputas al más alto nivel de la organización. La Sección III propone mejoras al DRS. En cuanto a la accesibilidad, el Banco debería ampliar la participación de las personas afectadas, garantizando un acceso mínimo a la información sobre los proyectos. En cuanto a la eficacia, debería exigir la coherencia de los acuerdos con sus políticas, su publicación por defecto y la verificación de su implementación. En cuanto a la independencia, debería permitir una articulación fluida de los mecanismos e introducir medidas para mitigar el interés del DRS en los acuerdos. La Sección IV concluye que las deficiencias procesales del DRS generan dudas sobre su capacidad para reforzar el acceso a reparación, reflejando más bien la tendencia del derecho internacional hacia dar prioridad a la resolución flexible de disputas. Más ampliamente, el DRS ilustra la utilidad de perfeccionar la teoría del derecho administrativo global desde una perspectiva transnacional integrando las dinámicas políticas, institucionales y económicas moldeando los mecanismos de control.
Notes et commentaires
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Renforcer la doctrine Gérin-Lajoie pour son 60e anniversaire
Stéphane Paquin
pp. 281–300
AbstractFR:
Soixante ans après son énonciation, la doctrine Gérin-Lajoie demeure un principe central des relations internationales du Québec. Fondée sur le concept de jus tractatuum limité, elle repose sur une logique simple : le gouvernement responsable de la mise en oeuvre d’un traité devrait aussi en négocier les termes. Depuis 1965, cette doctrine a été soutenue par tous les partis politiques ayant exercé le pouvoir au Québec, et elle a été renforcée par l’affirmation de Jean Charest selon laquelle les compétences du Québec chez nous sont les compétences du Québec partout. Cependant, un angle mort persiste : bien que la doctrine Gérin-Lajoie vise à protéger les compétences législatives du Québec, elle n’a que peu intégré de dimension parlementaire. Cela s’explique en partie par l’absence de commissions parlementaires permanentes à l’Assemblée nationale du Québec lors de son adoption en 1965. Un rapport récent du Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec, publié en 2024 sous le titre Ambition. Affirmation. Action., relance le débat en proposant de renforcer le rôle du Québec sur la scène internationale et d’impliquer davantage les parlementaires. Parmi les huit recommandations liées à cet enjeu, plusieurs concernent les compétences législatives du Québec. Cet article analysera plus en détail les recommandations ayant une incidence sur les compétences législatives du Québec, en mettant l’accent sur la création d’une commission parlementaire permanente sur les relations internationales.
EN:
Sixty years after it was first enunciated, the Gérin-Lajoie doctrine remains a central principle of Quebec’s international relations. Based on the concept of limited jus tractatuum, it rests on a simple logic: the government responsible for implementing a treaty should also negotiate its terms. Since 1965, this doctrine has been supported by every political party that has held power in Quebec and has been reinforced by Jean Charest’s assertion that Quebec’s jurisdiction here is Quebec’s jurisdiction everywhere. However, a blind spot persists: although the Gérin-Lajoie doctrine aims to protect Quebec’s legislative powers, it has incorporated little of a parliamentary dimension. This institutional void is partly explained by the absence of standing parliamentary committees in the Quebec National Assembly when it was adopted in 1965. A recent report by the Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec, published in 2024 under the title Ambition. Affirmation. Action., reopens the debate by proposing to strengthen Quebec’s role on the international stage and to involve parliamentarians more closely. Among the eight recommendations related to this issue, several concern Quebec’s legislative powers. This article will take a closer look at the recommendations affecting Quebec’s legislative powers, with particular emphasis on the creation of a permanent parliamentary committee on international relations.
ES:
Sesenta años después de su enunciación, la doctrina Gérin-Lajoie sigue siendo un principio central de las relaciones internacionales de Quebec. Basada en el concepto de jus tractatuum limitado, se basa en una lógica simple: el gobierno responsable de aplicar un tratado también debe negociar sus términos. Desde 1965, esta doctrina ha sido apoyada por todos los partidos políticos que han llegado al poder en Quebec, y se ha visto reforzada por la afirmación de Jean Charest de que las jurisdicciones de Quebec en casa son las jurisdicciones de Quebec en todas partes. Sin embargo, persiste un punto ciego: aunque la doctrina Gérin-Lajoie pretenda proteger los poderes legislativos de Quebec, ha incorporado escasa dimensión parlamentaria. Este vacío institucional se explica en parte por la ausencia de comisiones parlamentarias permanentes en la Asamblea Nacional de Quebec cuando se adoptó en 1965. Un informe reciente del Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec, publicado en 2024 con el título Ambición. Afirmación. Acción., reabre el debate proponiendo reforzar el papel de Quebec en la escena internacional e involucrar más estrechamente a los parlamentarios. Entre las ocho recomendaciones relativas a esta cuestión, varias se refieren a los poderes legislativos de Quebec. En este artículo se examinarán más detenidamente las recomendaciones que afectan a los poderes legislativos de Quebec, centrándose en la creación de una comisión parlamentaria permanente de relaciones internacionales.
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La punition des coupables en droit de la responsabilité internationale : remarques sur une forme (presque) oubliée de satisfaction
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L’affaire Félicien Kabuga ou quand la santé triomphe de la justice internationale
Saliou Djire
pp. 325–342
AbstractFR:
Lorsqu’une personne accusée de crimes internationaux est déclarée inapte à être jugée, deux possibilités s’offrent aux juridictions pénales internationales : suspendre la procédure ou alors y mettre un terme. Pendant des années, la première solution fut privilégiée tandis que la seconde fut systématiquement écartée. Dans le cadre de l’affaire Félicien Kabuga, plutôt que de s’aligner sur la pratique des juridictions qui l’ont précédée, la Chambre de première instance du Mécanisme international appelée à exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux internationaux (Le Mécanisme) voulut recourir à une procédure dite « alternative ». Cette décision sera sanctionnée en appel, par un arrêt du 7 août 2023. La présente étude se propose d’analyser l’arrêt rendu en appel, à la lumière de la jurisprudence internationale en matière d’inaptitude d’un accusé à être jugé ainsi qu’au regard des droits de la défense et des victimes.
EN:
When a person accused of international crimes is declared unfit to stand trial, international criminal courts have two options: suspend proceedings or terminate them. For years, the first option was systematically preferred over the second. In the Félicien Kabuga case, rather than following the practice of its predecessors, the Trial Chamber of the International residual mechanism for criminal tribunals (IRMCT) opted for an “alternative” procedure. The decision was sanctioned on appeal, in a judgment dated August 7, 2023. This study proposes an analysis of the appeal judgment in light of international jurisprudence on a defendant’s unfitness for trial and the rights of the defence and the victims.
ES:
Cuando una persona acusada de crímenes internacionales es declarada no apta para ser juzgada, los tribunales penales internacionales tienen dos opciones: suspender el proceso o ponerle fin. Durante años, se favoreció la primera opción, mientras que la segunda fue rechazada sistemáticamente. En el caso Félicien Kabuga, en lugar de seguir la práctica establecida por las jurisdicciones que lo precedieron, la Sala de Primera Instancia del Mecanismo Internacional, encargada de ejercer las funciones residuales de los tribunales penales internacionales (El Mecanismo) quiso optar por un procedimiento « alternativo ». Esta decisión fue sancionada en apelación mediante sentencia del 7 de agosto de 2023. Este estudio tiene como objetivo analizar la sentencia proferida en apelación, a la luz de la jurisprudencia internacional sobre la incapacidad de un imputado para ser juzgado, y respecto a los derechos de la defensa y de las víctimas.
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Discordance temporelle : le temps de résilience des victimes de mariage forcé précoce à l’épreuve du temps de la justice internationale des droits de l’Homme : commentaire de la Décision sur la communication présentée par l’Institut pour les droits humains et le développement en Afrique et l’Association pour la promotion du développement local au nom de (Fadimatou Mohamadou et 9 autres) c le Gouvernement de la République du Cameroun
Emilie Hoareau
pp. 343–364
AbstractFR:
Dans l’affaire IHRDA et APDL c Cameroun, le Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant a prononcé une décision d’irrecevabilité motivée par la présentation tardive de la communication et le défaut de tentative d’épuisement des voies de recours internes disponibles. Défavorable aux plaignantes, cette solution n’en est pas moins conforme aux exigences procédurales prévues par le droit international des droits de l’Homme, dans le respect du principe de subsidiarité. Cela étant, ces exigences sont-elles véritablement adaptées à la situation particulière de victimes de mariage forcé précoce ? D’une part, incapables de consentir à leur mariage, les mineurs ne sont pas davantage capables d’ester en justice avant leur majorité. À cet égard, leur représentation devant le juge interne par des parents à l’initiative de l’union n’est qu’illusoire. D’autre part, l’accès à la majorité ne suffit pas, en pratique, à l’accès effectif au juge. Souvent retirées des bancs d’école au profit des bans de mariage — en témoigne la décision du même jour Legal and Human Rights Centre and Centre for Reproductive Rights c Tanzanie — les victimes de mariage précoce peuvent trouver les bancs de la justice hors de portée. Si la capacité d’ester en justice s’acquiert à la majorité, le processus de résilience de victimes longtemps privées d’éducation et peut-être même toujours mariées contre leur gré peut durer dans le temps. Dans ce contexte singulier, la perspective d’une approche pro victima implique d’analyser les conditions de recevabilité au cas par cas afin de savoir si la passivité des plaignantes relève de l’indifférence ou de l’ignorance.
EN:
In the IHRDA and APDL v Cameroon case, the African Committee of Experts on the Rights and Welfare of the Child issued a decision of inadmissibility on the grounds of the late submission of the communication and the failure to attempt exhaustion of available domestic remedies. On the one hand, such an unfavourable outcome complies with the procedural requirements of international human rights law, in accordance with the principle of subsidiarity. On the other hand, however, are these requirements really adapted to the particular situation of victims of early forced marriage? On one side, minors are legally incapable of consenting to marriage and equally unable to take legal action before reaching the age of majority. At the same time, the parents, who initiate the marriage, are unlikely to go to the domestic courts on behalf of their child. On the other side, in practice, coming of legal age is not enough to ensure effective access to the courts. Victims of early marriage are often removed from school, as shown in Legal and Human Rights Centre and Centre for Reproductive Rights v Tanzania, rendered on the same day, and, as a result, find access to justice beyond reach. While the capacity to take legal action is acquired at the age of majority, the resilience process for victims who have been denied schooling, and who may even still be married against their will, can take a long time. In this unique context, the perspective of a pro victima approach requires analyzing the conditions of admissibility on a case-by-case basis to ascertain whether the complainant’s passivity is due to indifference or ignorance.
ES:
En el caso IHRDA y APDL c Camerún, el Comité Africano de Expertos sobre los Derechos y el Bienestar del Niño concluyó que una comunicación presentada demasiado tarde, sin que los demandantes hubieran intentado como mínimo agotar los recursos internos disponibles, era inadmisible. Por una parte, esta solución, desfavorable para los demandantes, aun cumplía los requisitos de procedimiento establecidos en el derecho internacional de los derechos humanos, con arreglo al principio de subsidiariedad. Por otra parte, ¿se adaptan realmente estas exigencias a la situación particular de las víctimas de matrimonios precoces forzados? Primero, los menores que no pueden consentir su matrimonio tampoco pueden emprender acciones legales antes de alcanzar la mayoría de edad. Es ilusorio pensar que los padres que iniciaron el matrimonio representarán a su hijo ante los tribunales para denunciar un matrimonio forzado. Además, en la práctica, la mayoría de edad no basta para garantizar un acceso efectivo a la justicia. Lejos de los bancos de los colegios, las víctimas de matrimonios precoces también están lejos de los bancos de la justicia. Aunque la capacidad de emprender acciones legales se adquiere cuando alcanzan la mayoría de edad, el proceso de resiliencia de las víctimas que han estado privadas de educación durante mucho tiempo y que aún pueden estar casadas contra su voluntad puede llevar tiempo. En este contexto singular, la perspectiva de un enfoque pro victima implica analizar las condiciones de admisibilidad caso por caso. ¿La pasividad de los denunciantes es indiferencia o ignorancia?