Volume 66, numéro 4, décembre 2025 L'apport des droits et des doctrines africains aux droits publics internes et international Sous la direction de Olivier Delas, Abdou Khadre Diop, Baptiste Jouzier, Nidhal Mekki et Ndeye Dieynaba Ndiaye
Sommaire (13 articles)
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Présentation. L’apport des droits et des doctrines africains aux droits publics internes et international
Olivier Delas, Abdou Khadre Diop, Baptiste Jouzier, Nidhal Mekki et Ndeye Dieynaba Ndiaye
p. 563–569
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La performance en droit constitutionnel : le cas des États d’Afrique noire francophone
Jean Mermoz Bikoro
p. 571–610
RésuméFR :
Dans la nomenclature des nouveaux objets du droit constitutionnel figure en bonne place la question de la performance. Cette évolution est consécutive au fait que ledit droit ne se contente plus d’encadrer le pouvoir et d’énoncer les droits et libertés. Il s’intéresse désormais à la bonne gouvernance et aux résultats de l’action publique. Seulement, l’exaltation de la performance ne s’opère pas avec la même ampleur dans tous les espaces. Dans le nouveau constitutionnalisme des États d’Afrique noire francophone, c’est de manière timide que celle-ci est prise en compte, ce qui constitue un paradoxe au regard de la crise de gouvernance ambiante sur l’ensemble du continent africain. À l’analyse des lois fondamentales et de la dynamique constitutionnelle, il se dégage le double constat de l’aménagement lacunaire et de l’évaluation déficitaire de la performance dans les États à l’étude.
EN :
In the nomenclature of the new objects of constitutional law, the question of performance figures prominently. This evolution is the result of the fact that constitutional law is no longer content to regulate power and set out rights and freedoms, but is now concerned with good governance and the results of public action. However, the exaltation of performance does not take place to the same extent in all areas. In the new constitutionalism of French-speaking black African states, performance is only timidly taken into account, which is paradoxical given the crisis of governance that prevails throughout the continent. An analysis of the fundamental laws and constitutional dynamics reveals a double observation : a lack of planning and a deficient evaluation of performance in the states under study.
ES :
En el índice de los nuevos temas del Derecho constitucional, el aspecto del rendimiento ocupa un lugar prominente. Esta evolución resulta del hecho de que el derecho constitucional ya no se conforma con regular el poder y establecer derechos y libertades. También comprende la buena gobernanza y los resultados de la acción pública. No obstante, la exaltación del rendimiento no se lleva a cabo en todos los ámbitos en la misma medida : En el nuevo constitucionalismo de los Estados del África negra francófona, sólo se ha tenido en cuenta de forma incipiente, lo que constituye una paradoja, considerando la crisis de gobernabilidad que reina en todo el continente. Al analizar las leyes fundamentales y la dinámica constitucional se revela una doble constatación : la carencia de planificación y una evaluación deficiente del rendimiento de los Estados que constituyen el objeto de estudio.
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L’impartialité du juge constitutionnel en Afrique noire francophone
Alia Diaby
p. 611–649
RésuméFR :
L’impartialité du juge consiste en l’absence de parti pris. Dernier-né des juges africains ayant émergé à la faveur de la démocratisation des années 1990, le juge constitutionnel se doit dans l’examen de constitutionnalité, a priori comme a posteriori, de peser le pour et le contre des moyens exposés devant lui et de n’avoir aucun préjugé. Toutefois, le procès constitutionnel oppose plutôt les normes. Les audiences ne sont pas publiques, et la procédure en matière constitutionnelle n’est pas contradictoire et manque de garanties, comme la récusation et le déport. Par ailleurs, l’impartialité est proclamée par les constitutions des différents États. Le juge constitutionnel, qui a une vie avant et après le mandat, tente d’assumer son impartialité sous la menace du pouvoir politique et de l’opinion publique, ainsi que l’atteste la jurisprudence de plusieurs juridictions, en particulier du Bénin, du Mali, du Sénégal et de la Centrafrique.
EN :
The impartiality of judge is an absence of commitment in favor of any disputant. The constitutional justice is the latest among African jurisdiction which emerged from the progress of the democratization process in 1990 years. He should, during the exam a priori or a posteriorly of the constitutionality, evaluate the fairness of the arguments developed before him without having prejudice. But the constitutional trial is opposing norms. The trials are not opened to the public and the process in the matter is not contradictory. It loses some’s guaranties as challenge and deport. The impartiality is proclaimed by the constitutions of different States. The constitutional judge who has a life before and after his mandate attempts to assume his impartiality under the threat of the political power and the public opinion as showed by the jurisprudence of several jurisdictions in particular of Benin, Mali, Senegal and the Republic of Central Africa.
ES :
La imparcialidad de un juez radica en la ausencia de predisposiciones. El último de los jueces africanos creado a raíz de la democratización en los años noventa, el juez constitucional, tiene el deber, al examinar la constitucionalidad, tanto a priori como a posteriori, de sopesar los pros y los contras de los argumentos presentados ante él, sin prejuicio alguno. No obstante, en los procedimientos constitucionales se contradicen las normas : Las audiencias no son públicas, el procedimiento en materia constitucional no es contradictorio y carece de garantías, como la recusación y la inhibición. Las constituciones de diversos Estados proclaman la imparcialidad, sin embargo, el juez constitucional, antes y después de sus funciones intenta asumir su imparcialidad bajo la coerción del poder político y de la opinión pública, como lo demuestra la jurisprudencia de diversas jurisdicciones, particularmente de Benín, Malí, Senegal y de la República Centroafricana.
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La responsabilité des membres des conseils d’administration des établissements publics en droit administratif : étude des cas du Cameroun et du Sénégal
Lazare II Amye Elouma
p. 651–695
RésuméFR :
Au Cameroun comme au Sénégal, les conseils d’administration des établissements publics nationaux et les membres qui les composent sont le reflet d’une autonomie mesurée de ces entités obéissant à la décentralisation fonctionnelle. Pourtant, ces composantes des conseils délibérants subissent une profonde présence tutélaire de l’État qui entache leur responsabilité. Celle-ci se présente du point de vue du droit administratif, à la fois comme une charge reconnue aux membres des conseils d’administration et le fait pour ces derniers de répondre de leurs actes en cas de fautes. Il en ressort une étroitesse de la responsabilité, ceinte qu’elle est par une tutelle aiguë de l’État tant sur la prise de décision de ces membres que sur les sanctions qu’ils peuvent recevoir. En cela, si la responsabilité décisionnelle des membres est recherchée, tandis que leur responsabilité individuelle se trouve modulée, la présente réflexion fait en arrière-plan le plaidoyer d’une restriction considérable de la tutelle de l’État sur ces collectivités publiques.
EN :
In Cameroon, as in Senegal, the boards of directors of national public institutions as well as the members who make them up reflect the measured autonomy of these functionally decentralized entities. However, these deliberative boards are subject to a profoundly tutelary presence on the part of the State, which taints their accountability. From the point of view of administrative law, this accountability takes the form of both a charge recognized as incumbent on board members and the fact that the latter are accountable for their actions in the event of misconduct. The result is a narrow sense of accountability, circumscribed as it is by the State’s acute tutelage over both these members’ decision-making and the sanctions they may receive. In this respect, if the decision-making responsibility of members is sought, while their individual responsibility is modulated, the present reflection makes the case in the background for considerably restricting the State’s tutelage over these public bodies.
ES :
Tanto en Camerún, como en Senegal, los consejos de administración de los establecimientos públicos nacionales, y sus miembros integrantes, son el reflejo de la comedida autonomía de estas entidades que están sometidas a la descentralización funcional. No obstante, los componentes de los consejos deliberantes se encuentran bajo una considerable presencia tutelar por parte del Estado, lo cual salpica su responsabilidad. Desde el punto de vista del derecho administrativo, dicha responsabilidad se plasma, a la vez, como una obligación reconocida por parte de los miembros de los consejos de administración, así como el hecho de que estos responden por sus actos en caso de falta. Esto resulta en una estrechez de la responsabilidad, al encontrarse ceñida a una acentuada supervisión estatal, tanto por las decisiones que toman estos miembros como por las sanciones que puedan recibir. En este sentido, si se persigue la responsabilidad decisoria de los miembros, a la vez que se modula su responsabilidad individual, la presente reflexión de fondo aboga por una restricción considerable de la supervisión por parte del Estado sobre estas colectividades públicas.
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La perte volontaire de la nationalité en droit camerounais
Pierre-Claver Kamgaing
p. 697–749
RésuméFR :
La perte volontaire de la nationalité a une acception large et désigne le fait pour une personne de renoncer expressément ou indirectement à sa nationalité. Elle se distingue des cas où la perte de la nationalité résulte d’une sanction prononcée par l’État (déchéance de nationalité) ou d’une situation qui, en soi, n’entraîne pas la perte de la nationalité (emploi dans un service public étranger). Dans les pays qui, à l’instar du Cameroun, n’admettent pas la plurinationalité des personnes majeures, la perte de la nationalité intervient de plein droit, en cas d’acquisition ou de conservation d’une nationalité étrangère. Dans cette hypothèse, la volonté est indirecte car, en acquérant ou en conservant une nationalité étrangère, l’individu accepte de perdre consécutivement sa nationalité camerounaise. En revanche, la volonté est expresse lorsqu’un individu, en application de la loi, exerce la faculté de répudier la nationalité camerounaise. Ainsi, à l’heure où le contentieux de la nationalité s’accentue devant les juridictions camerounaises, la présente étude est une contribution à une meilleure connaissance du régime juridique de la perte volontaire de la nationalité. En premier lieu, l’analyse met en évidence la détermination lacunaire des modalités de la perte volontaire de la nationalité. Cette situation se caractérise par l’imprécision des modes de perte de la nationalité ainsi que par le formalisme inachevé en la matière. En second lieu, l’étude démontre le caractère perfectible de l’organisation du contentieux de la perte de la nationalité, en ce qui concerne tant la compétence du juge que l’administration de la preuve.
EN :
Voluntary loss of nationality has a broad meaning and refers to the act of a person expressly or indirectly renouncing their nationality. It differs from cases where the loss of nationality results from a State-imposed sanction (deprivation of nationality) or from a situation which, in itself, does not result in the loss of nationality (employment in a foreign public department). In countries such as Cameroon, which do not recognize the multiple nationality of adults, the loss of nationality occurs automatically in the event of the acquisition or retention of a foreign nationality is acquired or retained. In keeping with this hypothesis, the will is indirect because, by acquiring or retaining a foreign nationality, individuals agree to lose their Cameroonian nationality. Conversely, the will is express when individuals, in application of the law, exercise the right to renounce their Cameroonian nationality. Thus, at a time when Cameroonian courts are hearing increased numbers of nationality disputes, this study contributes to a better understanding of the legal regime of voluntary loss of nationality. Firstly, the analysis highlights the incomplete determination of the conditions for voluntarily losing one’s nationality. This situation is characterized by the imprecise nature of the ways of losing one’s nationality as well as the incomplete formalism in this regard. Secondly, the study demonstrates the perfectible nature of how litigation on the loss of nationality is organized, with regard to both the competence of the judge and the administration of evidence.
ES :
La pérdida voluntaria de la nacionalidad posee una acepción amplia, y se refiere al hecho de que una persona renuncie de forma expresa o indirecta a su nacionalidad. Se diferencia de otros casos, en los cuales la pérdida de la nacionalidad proviene de una sanción impuesta por el Estado (pérdida de la nacionalidad) o de una situación que en sí misma no conlleva la pérdida de la nacionalidad (como el empleo en un servicio público extranjero). En países como Camerún, que no reconocen la nacionalidad múltiple de los adultos, la pérdida de la nacionalidad se realiza de pleno derecho si se adquiere o se conserva otra nacionalidad extranjera. En este caso, la voluntad es indirecta, ya que al adquirir o al conservar una nacionalidad extranjera, el individuo acepta como consecuencia, perder su nacionalidad camerunesa. En cambio, la voluntad es expresa cuando un individuo, de conformidad con la aplicación de la ley, ejerce la facultad de repudiar la nacionalidad camerunesa. De esta manera, y en un momento en el que aumentan los litigios de la nacionalidad ante las jurisdicciones camerunesas, este estudio contribuye a una mejor comprensión del régimen jurídico que rige la pérdida voluntaria de la nacionalidad. En primer lugar, el análisis resalta las lagunas con respecto a la determinación de las modalidades de la pérdida voluntaria de la nacionalidad. Esta situación se caracteriza por la imprecisión de las modalidades de la pérdida de la nacionalidad y del formalismo parcial en este ámbito. En segundo lugar, el estudio demuestra que se puede mejorar la organización de los litigios relacionados con la pérdida de la nacionalidad, tanto en lo referente a la competencia de los jueces como con respecto a la disposición de la prueba.
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La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et le droit international humanitaire
Steve Martial Tiwa Fomekong
p. 751–796
RésuméFR :
La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (Cour ADHP), bien qu’elle n’ait pas été conçue comme une juridiction spécialisée en droit international humanitaire (DIH), dispose d’une compétence formelle lui permettant d’interpréter et, dans certaines circonstances, d’appliquer ce corpus juridique. Pourtant, cette compétence reste faiblement exercée dans la pratique, et le DIH demeure largement absent de sa jurisprudence. L’auteur propose une analyse approfondie de cette situation, en identifiant les fondements juridiques de la compétence de la Cour ADHP pour mobiliser, voire appliquer le DIH, les conditions concrètes d’exercice de cette compétence, ainsi que les raisons structurelles, politiques et institutionnelles qui en freinent l’activation. Il explore également les perspectives de renforcement de l’intégration du DIH dans le contentieux régional africain des droits humains, en insistant sur la complémentarité normative entre les deux régimes. Enfin, il examine le potentiel que recèle la future Cour africaine de justice et des droits de l’homme et des peuples pour renforcer l’application du DIH à l’échelle régionale, en particulier par l’entremise de sa section de droit général et de sa section pénale.
EN :
The African Court on Human and Peoples’ Rights (AfCHPR), although not established as a court specialized in international humanitarian law (IHL), possesses formal jurisdiction enabling it to interpret and, in certain circumstances, apply this body of law. However, this jurisdiction has been only sparingly exercised in practice, and IHL remains largely absent from the Court’s case law. This article provides an in-depth analysis of this situation, identifying the legal foundations of the Court’s jurisdiction to engage with — and even apply —IHL, the practical conditions for its exercise, and the structural, political, and institutional factors that hinder its effective activation. It also explores the prospects for strengthening the integration of IHL into African regional human rights litigation, emphasizing the normative complementarity between the two regimes. Finally, the article examines the potential of the future African Court of Justice and Human and Peoples’ Rights to strengthen the regional application of IHL, in particular through its general law and criminal law sections.
ES :
La Corte Africana de Derechos Humanos y de los Pueblos, aunque no fue concebida como un tribunal especializado en Derecho Internacional Humanitario (DIH), posee una competencia formal que le permite interpretar y, en determinadas circunstancias, aplicar este cuerpo normativo. Sin embargo, en la práctica, dicha competencia se ejerce limitadamente, y en gran medida, el DIH sigue ausente en su jurisprudencia. Este artículo plantea un análisis profundo de esta situación e identifica los fundamentos jurídicos de la competencia de la Corte, las condiciones concretas de su ejercicio así como las razones estructurales, políticas e institucionales que frenan su activación. Igualmente, se exploran las perspectivas para reforzar la integración del DIH en el ámbito contencioso regional africano de los derechos humanos, haciendo hincapié en la complementariedad normativa entre ambos regímenes. Finalmente, el artículo examina el potencial de la futura Corte Africana de Justicia y Derechos Humanos y de los Pueblos para reforzar la aplicación del DIH a escala regional, en particular, a través de su sección de derecho general y de su sección penal.
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Les droits des populations touchées par l’exploitation des ressources naturelles : éclairage de la Commission et de la Cour africaines des droits de l’homme et des peuples à l’aune du contexte congolais
Steeve Kalumuna Basimane, Espoir Bulangalire Birindwa et Arnold Nyaluma Mulagano
p. 797–827
RésuméFR :
L’article 21 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples est la matrice des droits des populations sur les ressources naturelles. Les alinéas premier et deuxième, objets de la présente réflexion, consacrent deux droits au contenu complexe : le droit des populations de jouir des ressources naturelles ainsi que le droit à l’indemnisation et à la légitime récupération en cas de spoliation. Le premier soulève un questionnement sur la détermination de la population comme titulaire du droit de jouir des richesses naturelles de même que sur la mise en évidence des prérogatives de l’État en la matière, leurs finalités et leurs limites. Le second met en question la portée opérationnelle de spoliation, la praticabilité de la réparation et les modalités d’indemnisation. Les réponses apportées par la Commission et la Cour africaines des droits de l’homme et des peuples ouvrent trois perspectives de réflexion : le contenu de l’obligation de l’État à prendre des mesures concrètes et effectives ; la légitimité du traitement spécifique des populations touchées par l’exploitation et le fondement du devoir d’associer les populations visées à la gestion des ressources naturelles. Par ces pistes, l’Afrique imprime sa marque à la théorie des droits. Ce que se proposent de vérifier les auteurs du texte qui suit.
EN :
Article 21 of the African Charter on Human and Peoples’ Rights is the matrix of the rights of populations over natural resources. The first and second paragraphs, which are the subject of this reflection, enshrine two rights with complex content : the right of populations to freely dispose of natural resources as well as the right to compensation and lawful recovery in case of spoliation. The first raises questions about designating the population as the holder of the right to dispose of natural resources and identifying the prerogatives of the State in this regard, their purposes and limits. The second questions the operational scope of spoliation, the practicability of reparation and the compensatory terms. The answers provided by the African Commission and Court on Human and Peoples’ Rights open up three avenues for reflection : the content of the State’s obligation to take concrete and effective measures, the legitimacy of the specific treatment of exploited populations, and the basis of the duty to involve the affected populations in the management of natural resources. In this way, Africa is making its mark on human rights theory. That is what the authors of this contribution intend to verify.
ES :
El artículo 21 de la Carta Africana de Derechos Humanos y de los Pueblos constituye la matriz de los derechos de las poblaciones sobre los recursos naturales. Los apartados uno y dos conforman los objetos del presente estudio, pues consagran dos derechos de ámbito complejo : el derecho de las poblaciones de gozar de los recursos naturales así como el derecho a la indemnización y a la recuperación legítima en caso de expoliación. El primero plantea las cuestiones acerca de la determinación de la población, el titular del derecho para gozar de las riquezas naturales así como la identificación de las prerrogativas del Estado en la materia, sus finalidades y limitaciones. El segundo cuestiona el alcance operacional de la expoliación, la practicabilidad de la reparación y las modalidades de indemnización. Las respuestas aportadas por la Comisión y la Corte Africana de Derechos Humanos y de los Pueblos plantean tres perspectivas de reflexión : el contenido de la obligación del Estado para adoptar medidas concretas y eficaces ; la legitimidad del tratamiento específico de las poblaciones afectadas por la explotación ; y el fundamento del deber para vincular las poblaciones implicadas en la gestión de los recursos naturales. Con estas orientaciones, África deja su huella en la teoría de los derechos humanos y esto es lo que se han propuesto comprobar los autores de esta contribución.
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Les conditionnalités de l’aide publique au développement et l’obligation de réforme normative en Afrique noire francophone
Daril Zoof Moumeni Emalieu
p. 829–855
RésuméFR :
De nombreux pays d’Afrique noire francophone ont orienté leur politique de développement vers la réalisation de grands projets d’investissement, en mobilisant à la fois des ressources internes et des financements extérieurs obtenus auprès des bailleurs de fonds. Cette coopération économique revêt une importance capitale, car elle génère pour les pays bénéficiaires des ressources additionnelles en vue de l’investissement public. Cependant, l’engagement financier des bailleurs de fonds n’est pas sans conséquence sur le pouvoir normatif des États bénéficiaires, notamment en raison des obligations de réforme auxquelles ces derniers sont soumis. Si ces conditionnalités ont généralement pour objet d’améliorer la gouvernance et l’optimisation de la gestion des finances publiques, elles doivent néanmoins s’aligner sur les priorités stratégiques des États bénéficiaires, qui demeurent les acteurs principaux et responsables de leurs politiques nationales de développement.
EN :
Many countries in French-speaking Black Africa have focused their development policies on large-scale investment projects, mobilizing both internal resources and external financing from donors. This economic cooperation is of vital importance, as it generates additional resources for public investment in the recipient countries. However, the financial commitment of donors is not without consequences for the sovereignty of recipient countries, particularly in view of the reform obligations to which they are subject. While these conditionalities are generally aimed at improving governance and public finance management, they must nonetheless be aligned with the strategic priorities of recipient states, which remain the main actors responsible for their national development policies.
ES :
Muchos países francófonos del África negra han orientado su política de desarrollo hacia la realización de grandes proyectos de inversión, movilizando tanto recursos internos como financiación externa provenientes de proveedores de fondos. Esta cooperación económica es de importancia capital, ya que genera recursos adicionales para la inversión pública en el país receptor. Sin embargo, el compromiso financiero de los proveedores de fondos no está exento de consecuencias para el poder normativo de los Estados receptores, sobre todo, por las obligaciones de reformas a las cuales se encuentran sometidos. Si bien generalmente estas condicionalidades tienen por objeto mejorar la gobernanza y optimizar la gestión de las finanzas públicas, no obstante, estas deben alinearse a las prioridades estratégicas de los Estados receptores, los cuales son siempre los principales actores y responsables de sus políticas nacionales de desarrollo.
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Le critère de commercialité de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) à travers le prisme de la décolonialité
J. Jean-Louis Corréa et Moussa Diawara
p. 857–891
RésuméFR :
L’efficacité et l’effectivité de la règle de droit requièrent sa conformité avec les agirs quotidiens de ses destinataires. L’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), via la commercialité qu’elle postule, ne devrait pas perdre de vue cette exigence si elle aspire réellement au développement par l’intérieur. Repenser la commercialité s’inscrit dans cette perspective d’appropriation du droit OHADA par son ancrage dans les réalités socioéconomiques.
EN :
The effectiveness and effectivity of the law requires compliance with the daily actions of its recipients. OHADA, through the commerciality it postulates, should not lose sight of this requirement, if it truly aspires to economic development from within. Rethinking commerciality is part of this perspective of appropriating OHADA law by anchoring it in socio-economic realities.
ES :
La eficacia y la efectividad del Estado de Derecho debe ser coherente con los actos cotidianos de sus destinatarios. La OHADA, a través de la comercialidad que sustenta, no debe perder de vista esta exigencia si realmente aspira al desarrollo desde el interior. Replantear la comercialidad forma parte de esta perspectiva de apropiación del derecho de la OHADA por su arraigo en las realidades socioeconómicas.
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L’imprévision et les traditions juridiques africaines : décryptage des articles 161 et 162 du projet d’Acte uniforme portant droit des obligations de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA)
Komlanvi Issifou Agbam
p. 893–931
RésuméFR :
Les différentes crises inédites que traverse le monde et les récentes admissions de l’imprévision dans les pays qui partagent les mêmes traditions juridiques avec les États membres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) invitent à repenser le traitement de l’imprévision dans cet espace. Dans la plupart des pays membres de l’OHADA, le législateur est resté muet sur l’admission de l’imprévision. La doctrine prêche beaucoup sur la question, et fort heureusement la pratique, elle, ne s’embarrasse pas de scrupules pour proposer des mécanismes liés à l’imprévision dans les contrats. La jurisprudence dans ces États ne s’est aucunement engagée sur la voie de la reconnaissance de cette théorie pourtant favorable à la justice contractuelle. De ces constatations, il a été proposé à la suite de l’abandon de l’avant-projet d’Acte uniforme OHADA sur le droit des contrats (projet Fontaine), un projet portant harmonisation du droit des obligations qui prend en compte l’imprévision dans l’espace OHADA. À travers cet article, l’auteur invite à relire les conditions de mise en oeuvre de l’adaptation conventionnelle et judiciaire du contrat pour imprévision dans ce projet à l’aune des pratiques contractuelles africaines.
EN :
The variety of unprecedented crises facing the world and recent admissions of unforeseeability in countries that share the same legal traditions as OHADA member states calls for rethinking how unforeseeability is dealt with accordingly. In most OHADA member countries, legislators have remained silent on the admissibility of unforeseeability. Legal doctrine has much to say on the subject and, fortunately, legal practice has no qualms about proposing mechanisms related to unforeseeability in contracts. Case law in these countries shows no steps taken toward recognizing this theory, which is nevertheless favourable to contractual justice. In light of these findings, following the abandonment of the Fontaine project, a project to harmonize contract law that takes into account unforeseeability in the OHADA member countries was proposed. This article invites readers to re-examine the conditions for the conventional and judicial adaptation of contracts for unforeseeability in this project according to African practices in contractual matters.
ES :
Las diversas crisis inéditas que atraviesa el mundo y las recientes admisiones de la imprevisión en países que comparten las mismas tradiciones jurídicas que los Estados miembros de la OHADA sugieren replantear el tratamiento de la imprevisión en este ámbito. En la mayoría de los Estados miembros de la OHADA, el legislador ha guardado silencio acerca de la admisión de la imprevisión. La doctrina predica mucho acerca de la cuestión, sin embargo, afortunadamente, la práctica no titubea para proponer mecanismos relacionados con la imprevisión en los contratos. La jurisprudencia en estos Estados no se han comprometido de ninguna manera para el reconocer esta teoría, que resulta favorable en la justicia contractual. Tras estas constataciones y del abandono del proyecto Fontaine, se ha propuesto un proyecto con el fin de armonizar el derecho de las obligaciones, el cual toma en cuenta la imprevisión en el ámbito de la OHADA. Este artículo propone releer las condiciones de aplicación de la adaptación convencional y judicial de los contratos por imprevisión en este proyecto en función de las prácticas contractuales africanas.
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Épilogue. L’apport des droits et des doctrines africains aux droits publics internes et international