Volume 37, numéro 2, 2015 Critical Perspectives on Canadian Anti-Trafficking Discourse and Policy and Canadian Women Challenge the Constitution
Sommaire (13 articles)
Critical Perspectives on Canadian Anti-Trafficking Discourse
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Critical Perspectives on Canadian Anti-Trafficking Discourse and Policy
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Producing the ‘Trafficked Woman’: Canadian Newspaper Reporting on Eastern European Exotic Dancers During the 1990s
Elya M. Durisin et Robert Heynen
p. 8–24
RésuméEN :
This article explores the emergence of discourses of “human trafficking” in Canadian newspapers during the 1990s, focusing on the depiction of Central and East European migrant women. The period saw much debate over a work permit exemption in federal immigration policy that allowed for the migration of workers into the exotic dance sector. We argue that debates over the exemption were often framed through an ethnosexualizing discourse that enabled narratives of victimization and legitimated repressive border security and policing practices.
FR :
Cet article explore l’émergence des discours sur la « traite des personnes » dans les journaux canadiens durant les années 90, et se penche sur la représentation des femmes migrantes d’Europe de l’Est. Cette période a connu de nombreux débats au sujet d’une exemption de permis de travail dans la politique fédérale sur l’immigration, qui permettait la migration des travailleuses dans le secteur de la danse exotique. Nous affirmons que les débats sur l’exemption étaient souvent imprégnés d’un discours de sexualisation ethnique qui permettait des récits de victimisation et légitimait des pratiques répressives de sécurité frontalière et de maintien de l’ordre.
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Representing Colonial Violence: Trafficking, sex work, and the violence of law
Sarah Hunt
p. 25–39
RésuméEN :
This article examines the emergence of the discourse on “domestic trafficking” of Indigenous girls and women for the purpose of sexual exploitation. Drawing on community-based experience, the author argues that the shift toward the language and framework of “human trafficking” to capture a range of offences and injustices facing Indigenous women is one of many efforts to recategorize violence against Indigenous women as worthy of legal response in the context of ongoing colonial legal violence.
FR :
Cet article examine l’émergence du discours sur la « traite nationale » des filles et des femmes autochtones aux fins d’exploitation sexuelle. En s’appuyant sur l’expérience communautaire, l’auteure fait valoir que l’évolution vers un langage et un cadre axés sur la « traite des personnes » pour capturer l’éventail des infractions et des injustices dont sont victimes les femmes autochtones est l’un des nombreux efforts pour reclassifier la violence contre les femmes autochtones comme étant digne d’une intervention juridique dans le contexte de la poursuite de la violence juridique coloniale.
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Fighting Wrongs with Wrongs? How Canadian Anti-Trafficking Crusades Have Failed Sex Workers, Migrants, and Indigenous Communities
Robyn Maynard
p. 40–56
RésuméEN :
Indigenous populations, sex workers, and migrants have been legally, socially, and economically disenfranchised by the Canadian state in a multitude of ways—often in the name of “anti-trafficking.” In effect, state-led anti-trafficking enforcement measures fail to address the root causes of the harms created by past and present colonization, anti-sex work laws, and racist immigration measures and programs. This paper argues that anti-trafficking legislation and policies have been immeasurably harmful towards those they claim to protect.
FR :
Les populations autochtones, les travailleuses du sexe et les migrants ont été privés de leurs droits juridiques, sociaux et économiques par l’État canadien de multiples façons—souvent au nom de la « lutte contre la traite des personnes ». En effet, les mesures d’application de la lutte contre la traite ne parviennent pas à traiter les causes profondes des préjudices créés par la colonisation passée et présente, les lois à l’encontre des travailleuses du sexe et les mesures et programmes d’immigration racistes. Cet article soutient que les lois et les politiques de lutte contre la traite des personnes ont été extrêmement préjudiciables envers ceux et celles qu’elles prétendaient protéger.
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Punished for Strength: Sex Worker Activism and the Anti-Trafficking Movement
Ava Rose
p. 57–64
RésuméEN :
This article is a reflection on my work as a sex worker and activist amid the global concern over human trafficking. I highlight the challenges that sex workers can experience as we attempt to position ourselves within discursive frameworks that define us by our injuries. I contend that the focus on injuries risks obscuring the varied experiences of performing sexual labour, the contributions to knowledge made by sex working people, and the solidarity within sex working communities.
FR :
Cet article est une réflexion sur mon travail comme travailleuse du sexe et militante au sein de la préoccupation internationale au sujet de la traite des personnes. Je souligne les défis que peuvent rencontrer les travailleuses du sexe lorsqu’elles tentent de se positionner au sein de cadres discursifs qui les définissent par les préjudices qu’elles subissent. Je soutiens que l’accent mis sur les préjudices risque d’obscurcir la variété des expériences du travail sexuel, les contributions aux connaissances faites par les travailleuses du sexe et la solidarité au sein des communautés du travail du sexe.
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Evidence that Evidence Doesn't Matter: The Case of Human Trafficking in Canada
Katrin Roots et Ann De Shalit
p. 65–80
RésuméEN :
This article considers the ways in which the political pressures that have structured Canada’s involvement in the fight against human trafficking and the on-the-ground enforcement of laws adopted through Canada’s positioning as an anti-trafficking nation have created a problem that necessitates regulation. Although the problem could be interpreted as a legal fiction, its effects are real and include greater restrictions on migrants, a lack of attention to wide-ranging labour abuses, and the tightening of the net around sex work.
FR :
Cet article considère les moyens par lesquels les pressions politiques, qui ont structuré la participation du Canada à la lutte contre la traite des personnes et l’application sur le terrain des lois adoptées suite au positionnement du Canada en tant que nation opposée à la traite, ont créé un problème qui exige une réglementation. Bien que le problème puisse être interprété comme une fiction juridique, ses effets sont réels et comprennent des restrictions plus importantes sur les migrants, un manque d’attention aux abus considérables en matière de droit du travail et le resserrement du filet autour du travail du sexe.
Canadian Women Challenge the Constitution: The Story Behind the Story
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Introduction. Women Challenging the Constitution: New Evidence
Naomi Black et Louise Carbert
p. 81–99
RésuméEN :
This article is more political than legal. Using the approaches identified by feminist institutionalism, it focuses on the interactions between the Canadian Advisory Council on the Status of Women (CACSW) and the Canadian government during the constitutional crisis of 1980-1981. How did the gendered institutions of the federal government facilitate a narrative that, finally, was harmful to the women’s movement in Canada?
FR :
Cet article est plus politique que juridique. En utilisant les approches identifiées par les institutions féministes, il se penche sur les interactions entre le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme (CCCSF) et le gouvernement du Canada durant la crise constitutionnelle de 1980-1981. Comment les institutions marquées par la différenciation des sexes du gouvernement fédéral ont-elles facilité un récit qui était, en fin de compte, nuisible au mouvement féministe au Canada?
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The Fight for Substantive Equality: Women's Activism and Section 15 of the Canadian Charter of Rights and Freedoms
Mary Eberts
p. 100–111
RésuméEN :
This article discusses the role of women’s groups in the development of section 15 of the Canadian Charter of Rights and Freedoms, the Charter’s principal equality rights guarantee, entrenched in the Constitution in 1981. Thanks to the leadership of Doris Anderson, submissions to the Special Joint Committee on the Constitution from the Canadian Advisory Council on the Status of Women (CACSW), the National Action Committee on the Status of Women (NAC), and the National Association of Women and the Law (NAWL) were instrumental in securing changes to section 15. However, the version in the entrenched Charter still fell short of women’s aspirations.
FR :
Cet article aborde le rôle des groupes féministes dans l’élaboration de l’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés, principale garantie de l’égalité des droits dans la Charte, incorporée à la Constitution en 1981. Grâce au leadership de Doris Anderson, les soumissions au Comité mixte spécial sur la Constitution du Canada faites par le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme (CCCSF), le Comité canadien d’action sur le statut de la femme (CCASF) et l’Association nationale Femme et Droit (ANFD) ont joué un rôle déterminant dans l’obtention des modifications à l’article 15. Toutefois, la version incorporée à la Charte ne répondait toujours pas pleinement aux aspirations des femmes.
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Constitutionalizing Women's Equality Rights: There is Always Room For Improvement
Beverley Baines
p. 112–119
RésuméEN :
This article recommends six improvements in regard to women’s equality rights in Canadian constitutionalism. They are: 1) detail the harms; 2) advocate women’s equality; 3) delete formal equality; 4) make equality absolute; 5) stop comparing women; and 6) recognize intersectionality. Some of these recommendations are directed to legislators; others to judges. It is premature for women to celebrate. Canada’s constitutional guarantees of women’s equality rights are inadequate to the task of protecting us.
FR :
Cet article recommande six améliorations en ce qui concerne les droits à l’égalité des femmes dans le constitutionnalisme canadien. Il s’agit des suivantes : 1) préciser les préjudices; 2) prôner l’égalité des femmes; 3) supprimer l’égalité formelle; 4) rendre l’égalité absolue; 5) cesser de comparer les femmes; et 6) reconnaître l’intersectionnalité. Certaines de ces recommandations s’adressent aux législateurs; d’autres aux juges. Il est trop tôt encore pour crier victoire. Les garanties constitutionnelles des droits à l’égalité des femmes au Canada sont insuffisantes pour nous protéger.
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What Section 15 has Achieved
Penney Kome
p. 120–125
RésuméEN :
The triumphant Canadian women’s constitution fight was a “political earthquake.” Massive lobbying efforts created or amended, inserted, and defended two sections relevant to sex equality—sections 15 and 28—in the Canadian Charter of Rights and Freedoms. Responses from both provincial and federal governments included the appointment in 1982 of the first woman justice of the Supreme Court, Bertha Wilson. A series of court challenges under section 15 resulted in a legal earthquake with respect to equal treatment for sexual preference. The presence of women justices on the Canadian Supreme Court—a political change—may produce the level of scrutiny that section 28 was intended to invoke.
FR :
Le combat constitutionnel triomphant des femmes canadiennes a été un « cataclysme politique ». Les efforts massifs de lobbying ont permis de créer ou de modifier, d’insérer et de protéger deux articles pertinents à l’égalité des sexes—les articles 15 et 28—dans la Charte canadienne des droits et libertés. Les réactions du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux ont comporté la nomination, en 1982, de la première femme juge à la Cour suprême, Bertha Wilson. Une série de contestations judiciaires en vertu de l’article 15 a provoqué un cataclysme juridique en ce qui concerne l’égalité du traitement face à l’orientation sexuelle. La présence de femmes juges à la Cour suprême du Canada—un changement politique—pourrait entraîner le degré de minutie que l’article 28 visait à invoquer.
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Work Women Did to Make Constitutional Rights Work for Women
Nancy Ruth
p. 126–131
RésuméEN :
Women were mobilizing in anticipation of constitutional reform in 1980 and secured a first round of significant amendments to section 15 equality rights by January 1981. The final Constitution Act, 1982 placed a three-year moratorium on section 15. Governments needed time to adjust their legislation to the equality requirements. Activist Nancy Ruth reflects on what the women’s movement did during those three years to create a rights framework that would work for women. She sets forth six major initiatives that have not been incorporated into the historical record. She concludes by assessing the strengths and weaknesses of this period of activism for women’s equality.
FR :
Les femmes se sont mobilisées en perspective de la réforme constitutionnelle en 1980 et ont obtenu une première série de modifications importantes aux droits à l’égalité de l’article 15 en janvier 1981. La Loi constitutionnelle définitive de 1982 a imposé un moratoire de trois ans sur l’article 15. Les gouvernements avaient besoin de temps pour adapter leur législation aux exigences de l’égalité. La militante Nancy Ruth se penche sur ce qu’a fait le mouvement féministe durant ces trois années, en vue de créer un cadre de droits qui fonctionnerait pour les femmes. Elle décrit six grandes initiatives qui n’ont pas été incorporées aux archives historiques. Elle conclut en évaluant les forces et les faiblesses de cette période de militantisme pour l’égalité des femmes.
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The Perpetuation of a Myth: The Anderson-Axworthy Affair
Berenice B. Sisler
p. 132–155
RésuméEN :
A member of the Canadian Advisory Council on the Status of Women (CACSW) gives her account of events comprising the crisis of 1980-81. As an activist from outside Ontario, Berenice Sisler presents a different view than that of lawyers and the central Canadian women’s movement. Sisler indicated that this account was written in 1997. She referred to Edward Greenspon and Anthony Wilson-Smith (1996) as having provoked it, and wrote in ink at the bottom of the last page “February, 1997.”
FR :
Un membre du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme (CCCSF) fait son propre récit des événements qui ont engendré la crise de 1980-1981. En tant que militante venant de l’extérieur de l’Ontario, Berenice Sisler présente une vision différente de celle des avocats et du mouvement féministe du Canada central. Sisler a indiqué que ce récit avait été rédigé en 1997. Elle a cité Edward Greenspon et Anthony Wilson-Smith (1996) comme les personnes ayant provoqué cette crise et a écrit à l’encre au bas de la dernière page « Février 1997. »