Résumés
Résumé
Cet article examine les expériences de solitude de Michel de Montaigne aux bains de La Villa dépeintes dans le Journal de voyage en Italie (1580-1581), ouvrage autobiographique portant en grande partie sur les épreuves de l'écrivain devenu voyageur en essayant de se guérir d'un cas sérieux et chronique de calculs rénaux. Les remèdes futiles que Montaigne cherche sans cesse pendant ses séjours à La Villa et les effets sur son esprit qui en résultent jouent un rôle d'une importance capitale dans le développement de sa conception du scepticisme à l'égard de la médecine, préalablement décrit dans les essais "Apologie de Raimond Sebond" (II, 12) et surtout "De la ressemblance des enfants aux peres" (II, 37). Cette analyse, qui procède donc d'un point de vue philosophique ainsi que littéraire, considère en particulier le rôle du rapport entre la solitude, le scepticisme à l'égard de la médecine — ancienne aussi bien que contemporaine — , l'empirisme, et l'ontologie de Montaigne dans l'établissement de la subjectivité proto-, voire méta-cartésienne, au seuil de la modernité.
