Résumés
Résumé
Si l’intervention médicale européenne au Gabon n’est pas méconnue du grand public, c’est qu’inévitablement s’impose à la pensée la figure du célèbre docteur Schweitzer dans son hôpital de Lambaréné. Cet article se propose de décentrer le regard pour s’arrêter sur l’oeuvre sanitaire féminine au sein des missions catholiques et protestantes jusqu’à l’entre-deux-guerres. À travers l’analyse croisée d’archives coloniales et missionnaires, cette étude interroge l’enchâssement de l’activité médicale dans des logiques d’autorités religieuses et genrées. Il s’agit de découvrir les interstices de liberté que l’oeuvre sanitaire a ménagés aux infirmières chrétiennes, mais aussi d’explorer de l’intérieur les luttes d’influence qui n’ont pas manqué de s’exercer sur les populations accueillies au dispensaire. En cela, la voix des malades doit être exhumée afin de rendre compte au plus juste de la diversité des réponses africaines à ces pratiques médicales venues d’Occident.
Abstract
While European medical intervention in Gabon is not unknown to the general public, it is inevitably the figure of the renowned Dr. Schweitzer and his hospital in Lambaréné that comes to mind. This article seeks to shift the focus by examining the healthcare work carried out by women within Catholic and Protestant missions up until the interwar period. Through a cross-analysis of colonial and missionary archives, this study explores how medical activities were embedded within frameworks of religious and gendered authority. It aims to uncover the spaces of freedom that healthcare work afforded Christian nurses, while also probing the internal power struggles that inevitably played out over the populations treated in the dispensaries. In doing so, the voices of patients must be brought to light to accurately reflect the diversity of African responses to these Western medical practices.
