Canadian Journal of Higher Education
Revue canadienne d'enseignement supérieur
Volume 55, numéro 3, 2025 Special Issue: Canadian Student Affairs and Services
Sommaire (9 articles)
Editor's Introduction / Introduction de la rédaction
Special Issue: Canadian Student Affairs and Services
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Experiences of Black International Graduate Students: Encounters of Racial Disparities amidst EDI Rhetoric at a Canadian University
Vanessa Ellis Colley, Tenneisha Nelson, Yolanda Palmer-Clarke et Kenisha Blair
p. 1–16
RésuméEN :
International students are integral to Canadian higher education institutions and Canada’s economic gain, contributing $37.3 billion to the economy in 2022, up from $21.6 billion in 2018 (Statistics Canada, 2024). They also add to the cultural enrichment and diversity of institutions and are a major source of bridging the gap in Canada’s labour shortage. This research explored the experiences of Black graduate international students. Grounded in Vygotsky’s sociocultural theory, the researchers centred the voices and perceptions of 12 Black international graduate (BIG) students as they shared their university experiences in a foreign land, rife with unfamiliarity/anomalies. Data were gathered using focus groups and semi-structured interviews to address the question, “What are the experiences of BIG students in the contexts of race, equity, and student support?” Participants candidly shared their university experiences. Interpretive phenomenological analysis (IPA) was used to understand how their lived experiences influenced/impacted their transition and academic milieu. The findings highlighted the emotional effects on participants as they navigate the nuances of international education and suggest the need for increased dynamic student support. Recommendations were made that would contribute to knowledge sharing and empowering universities, particularly student services units, to better understand and better respond to the needs of BIG students.
FR :
Les étudiants internationaux sont essentiels aux établissements d’enseignement supérieur et à la prospérité économique du Canada, ayant contribué à l’économie à hauteur de 37,3 milliards de dollars en 2022, une hausse par rapport aux 21,6 milliards de 2018 (Honey, 2025). Ils enrichissent également la diversité culturelle de ces établissements et représentent une source majeure pour combler la pénurie de main-d’oeuvre au Canada. Cette recherche a exploré les expériences vécues des étudiants afrodescendants inscrits aux cycles supérieurs en tant qu’étudiants internationaux. S’appuyant sur la théorie socioculturelle de Vygotsky, les chercheurs ont centré leur étude sur les voix et les perceptions de 12 étudiantes et étudiants internationaux afrodescendants inscrits aux cycles supérieurs (EAICS), alors qu’ils faisaient part de leurs expériences universitaires dans un pays étranger, empreint d’inconnu/d’anomalies. Les données ont été recueillies à l’aide de groupes de discussion et d’entretiens semi-structurés afin de répondre à la question de recherche suivante : quelles sont les expériences des EAICS dans le contexte de la race, de l’équité et du soutien aux étudiants? Les participants ont témoigné ouvertement de leurs expériences universitaires. L’analyse phénoménologique interprétative (API) a été utilisée comme cadre analytique pour comprendre comment leurs expériences vécues ont influencé ou affecté leur transition et leur milieu académique. Les résultats ont mis en évidence les effets émotionnels ressentis par les participants alors qu’ils naviguaient dans les subtilités de l’éducation internationale, et ont souligné le besoin d’un soutien étudiant plus dynamique et adapté. Des recommandations ont été formulées afin de favoriser le partage des connaissances et d’habiliter les universités, en particulier les services aux étudiants, à mieux comprendre les besoins des EAICS et y répondre.
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Exploring Safe Spaces in On-Campus Residences: Perspectives of Black and Racialized Students Through Auto-Photography
Hend Shalan, Shirley Cheung, Muhammad Khalid Safdar, Raabia Ahmed, Malak Alrubaie et Daniella Djomga
p. 17–37
RésuméEN :
Understanding the experiences of Black and racialized students in on-campus residences is crucial, yet remains underexplored within Canadian higher education. This study employs auto-photography and photo-elicitation interview methods to examine the experiences of Black and racialized first-year students at the University of Waterloo, and to explore how on-campus residences can foster safe and inclusive spaces. Twenty participants contributed 234 photographs and 446 pages of interview transcripts. Thematic analysis revealed five overarching themes: The Intersection of Nature and Social Connections, The Importance of Connection in Creating a Sense of Belonging, Sense of Space and its Role in Well-Being and Academic Engagement, Equitable Living Spaces, and Covert Isolation. Findings highlight the role of safe spaces in promoting inclusion, well-being, and academic engagement, offering actionable insights for the University of Waterloo. This research contributes to the advancement of Equity, Diversity, and Inclusion (EDI) policies and practices within Canadian higher education on-campus living environments.
FR :
Il est essentiel de comprendre les expériences des étudiantes et étudiants noirs et racisés dans les résidences universitaires, un sujet encore peu exploré dans le contexte de l’enseignement supérieur canadien. Cette étude a recours à l’auto-photographie et aux entrevues par photo-élicitation pour examiner les expériences d’étudiantes et d’étudiants noirs et racisés en première année à l’Université de Waterloo, et pour explorer comment les résidences universitaires peuvent offrir des espaces sûrs et inclusifs. Vingt participantes et participants ont fourni 234 photographies et 446 pages de transcriptions d’entrevues. L’analyse thématique a fait ressortir cinq thèmes principaux : l’intersection entre la nature et les liens sociaux; l’importance des liens pour créer un sentiment d’appartenance; la perception de l’espace et son impact sur le bien-être et l’engagement dans les études; des milieux de vie équitables; et l’isolement dissimulé. Les résultats mettent en lumière le rôle des espaces sûrs dans la promotion de l’inclusion, du bien-être et de l’engagement dans les études, et offrent des pistes concrètes pour l’Université de Waterloo. Cette recherche contribue à l’avancement des politiques et pratiques en matière d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) dans les résidences universitaires canadiennes.
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How Can Post-Secondary Institutions Support Transfer Students? Lessons from Ontario
Emerson LaCroix et Janice Aurini
p. 38–51
RésuméEN :
Studies of student mobility find that some transfer students experience “transfer shock” when changing institutions. While Canadian studies have identified instances of low academic performance and delayed time to completion, these are observed at single points in time and often capture student outcomes at the endpoint of post-secondary credentials. Our research adds qualitative nuance to the concept of “transfer shock” throughout the transfer process. Using 107 longitudinal interviews, we follow students (n = 56) as they traverse a variety of transfer pathways between two colleges and three universities in Ontario. In doing so, we identify the challenges students experience during their first year after transferring, and the extent to which academic and social challenges persist over time. We discuss the implications of these findings for post-secondary professionals who support transfer in the sector, and provide recommendations for alleviating transfer shock.
FR :
Les études sur la mobilité étudiante montrent que les étudiantes et étudiants qui changent d’établissement d’enseignement subissent un « choc de transition ». Bien que les études canadiennes aient identifié des cas de mauvais résultats scolaires et de retard dans l’obtention du diplôme, ceux-ci sont observés à des moments précis et reflètent souvent les résultats des membres de cette population à la fin de leurs études postsecondaires. Notre recherche apporte une nuance qualitative au concept de « choc de transition » tout au long du processus de transition. À l’aide d’entrevues longitudinales, nous suivons des étudiantes et étudiants (n = 56) sur divers parcours de transition entre deux collèges et trois universités de l’Ontario. Ce faisant, nous identifions les défis que cette population rencontre au cours de la première année après la transition, et la mesure dans laquelle les défis universitaires et sociaux persistent au fil du temps. Nous discutons des implications de ces résultats pour les professionnelles et professionnels de l’enseignement postsecondaire qui soutiennent les transitions dans le secteur, et nous formulons des recommandations pour atténuer le choc de transition.
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What Is Prohibited? Non-Academic Conduct Policies in Canadian Universities
Noah Dwain Arney
p. 52–69
RésuméEN :
Student conduct in Canadian universities is generally guided using student conduct policies, which are overseen by student affairs professionals. This structure around student conduct attempts to encourage appropriate behaviour or community standards among students attending university. The concepts of “conduct” and “misconduct” used at most universities in North America are influenced substantially by the Model Student Code template. This study examines what non-academic conduct is prohibited in the policies of universities in Canada and applies the “What’s the Problem Represented to Be” method of post-structuralist policy analysis to them. As a way to question or disrupt the representation of the “problem,” this study proposes two principles along with six guidelines for developing codes of conduct. This will help student affairs professionals and university administrators develop more educative approaches to non-academic conduct policies and provide new avenues for research into non-academic conduct.
FR :
La conduite des étudiants dans les universités canadiennes est généralement encadrée par des politiques de conduite étudiante, gérées par des professionnels des services aux étudiants. Cette structure vise à encourager un comportement approprié et à promouvoir les normes de la communauté chez les étudiants universitaires. Les concepts de « conduite » et d’« inconduite », utilisés dans la majorité des universités nord-américaines, sont largement influencés par le Model Student Code américain. La présente étude examine ce qui est interdit en matière de conduite « non académique » dans les politiques universitaires canadiennes et applique la méthode poststructuraliste d’analyse des politiques appelée « Quel est le problème représenté? ». Afin de remettre en question ou de repenser la représentation du « problème », la présente étude propose deux principes ainsi que six lignes directrices pour l’élaboration de codes de conduite. Cela permettra aux professionnels des services aux étudiants et aux administrateurs universitaires de développer des approches plus éducatives en matière de politiques sur les conduites « non académiques » et d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche sur ce sujet.
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Signalement d’une situation de violence sexuelle à l’université : l’importance du soutien dans l’expérience des personnes victimes
Manon Bergeron, Émil.i.e Vert, Karine Baril, Marie-Andrée Pelland, Lise Savoie, Sandrine Ricci, Isabelle Auclair, Rachel Chagnon, Simon Lapierre et Alexa Martin-Storey
p. 70–84
RésuméFR :
La prévalence élevée des violences sexuelles en milieu d’enseignement supérieur (VSMES) et leur sous-signalement sont bien documentés. Or, nous avons peu d’informations récentes sur l’expérience vécue des personnes qui signalent des VSMES à leur université et dans quelle mesure les services ou ressources de l’établissement répondent à leurs besoins. La présente étude vise à mieux comprendre les expériences de personnes ayant subi des VSMES et ayant signalé la situation à leur établissement; elle éclaire particulièrement sur les éléments facilitants et les contraintes durant leur parcours de signalement. L’échantillon compte 22 personnes francophones provenant de sept universités canadiennes, dont 18 personnes étudiantes. La notion de soutien social ressort comme un élément central et transversal en ce qui concerne tant les éléments facilitants que les obstacles. Dans les témoignages, le soutien ne relève pas exclusivement des équipes d’intervention mandatées par les universités pour l’accompagnement des personnes victimes; le soutien est à envisager tout au long du parcours de signalement, car il implique une pluralité de ressources universitaires, dont les services étudiants. Concernant les obstacles, les plus fréquents sont ceux faisant référence aux dimensions organisationnelles ou structurelles de l’université et à la perception négative de la réponse institutionnelle, soit deux enjeux pour lesquels les établissements disposent d’une marge de manœuvre en vue d’améliorer les services de soutien. Les résultats appuient des propositions pour améliorer les pratiques actuelles d’accompagnement des personnes touchées par ces violences, ainsi que les formations destinées à l’ensemble de la communauté universitaire.
EN :
The high prevalence of sexual violence in higher education institutions (SVHE) and its underreporting are well documented. However, recent data remain scarce regarding the lived experiences of individuals who report SVHE to their university and to what extent the institution’s services and resources meet their needs. This study aims to better understand the experiences of individuals who have reported SVHE to their institution and highlights the factors that facilitate or hinder the reporting process. The sample consists of 22 French-speaking participants from seven Canadian universities, including 18 students. The notion of social support emerges as a central theme across both facilitating factors and barriers to reporting. In participants’ accounts, support is not exclusively the responsibility of the intervention teams designated by the institutions to support victims; rather, support should be considered throughout the reporting process because it involves a range of university resources, including student services. Regarding obstacles, the most frequently reported barriers relate to organizational or structural aspects of universities and the negative perception of institutional responses, two areas over which institutions have significant leverage to improve upon. The findings inform recommendations to improve and enhance current support practices for individuals affected by sexual violence, as well as training initiatives aimed at the broader university community.
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Understanding the Heartwork of Indigenous Student Services during the Challenging Times of Reconciliation, Decolonization, and Indigenization
Stephanie J. Waterman, Shawna M. Cunningham et Michelle Pidgeon
p. 85–98
RésuméEN :
Indigenous Student Centres (ISCs) are student affairs units specialized to serve Indigenous students and communities. These Centres are places of significance on campus for Indigenous students for their cultural relevance and embodiment of Indigenous ways of being. Professionals working in and with ISCs ground their work firmly in Indigenous Knowledges that often evoke distinct cultural protocols and ways of being. Kirkness and Barnhardt’s (1991) 4Rs of Respect, Relevance, Reciprocity, and Responsibility and Archibald’s (2008) Indigenous storywork are the foundation of the co-authors’ research with ISC staff and administrators. The history of Indigenous academic programming is shared to provide the foundation for the evolution of ISCs. The co-authors explore how ISCs holistically support Indigenous students while encountering resistance and systemic challenges, such as cultural illiteracy, by non-Indigenous units and reconciliation fatigue. They conclude with suggestions for supporting reconciliation work as an ally or good neighbour.
FR :
Les Centres étudiants autochtones (CEA) sont des unités de services spécialement conçues pour répondre aux besoins des étudiantes et étudiants et des communautés autochtones. Les CEA occupent une place importante sur les campus en raison de leur pertinence culturelle et de la manière dont ils incarnent les modes de vie autochtones. Les professionnelles et professionnels des CEA orientent leur travail à partir des savoirs autochtones, qui font souvent appel à des protocoles culturels distincts et à des façons d’être propres aux peuples autochtones. Les 4R de Kirkness et Barnhardt (1991) – Respect, Pertinence (Relevance), Réciprocité et Responsabilité – ainsi que le travail d’Archibald (2008) sur les récits autochtones constituent les fondements de la recherche des coauteures auprès du personnel et des responsables des CEA. L’histoire des programmes universitaires autochtones y est retracée afin de mieux comprendre l’évolution des CEA. Les coauteures examinent comment les CEA soutiennent de manière holistique les étudiantes et étudiants autochtones, tout en faisant face à des résistances et à des défis systémiques, tels que l’illettrisme culturel des unités non autochtones ou encore la fatigue liée au processus de réconciliation. Elles concluent en proposant des pistes pour soutenir ce travail de réconciliation dans un esprit d’alliance et de bon voisinage.