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Dossier

50 ANS DE VOIX ET D’IMAGES[Notice]

  • Rachel Nadon

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  • Rachel Nadon
    Université Laval

Chaque fois que j’étudie une revue pour la première fois, je dois aller m’asseoir avec elle à la bibliothèque. J’ai besoin de la tenir dans mes mains, de sentir l’épaisseur du papier sous mes doigts, de voir comment son format se modifie au fil du temps. C’est une chose de lire Liberté 59, Allô police ou Voix et Images sur un support numérique, c’en est une autre de déposer le périodique sur la table, devant soi, et de tourner chacune de ses pages. La revue est un objet matériel : ses rubriques, sa maquette, ses publicités témoignent d’un point de vue sur le monde, mais aussi des préoccupations du comité de la revue. Cette approche matérialiste des périodiques – axée sur l’aspect « matériel », mais aussi sur les conditions économiques de production – a été mise de l’avant dans les années 2000 par Peter Brooker et Andrew Thacker. Dans l’introduction du premier tome du Oxford Critical and Cultural History of Modernist Magazine, ils insistent sur l’importance, pour l’histoire des revues, de tous les paramètres revuistes : le prix, la typographie, le type de reliure et de papier, les publicités, mais aussi ce qui est « invisible » à la lecture comme les sources de revenus et le fonctionnement éditorial (rémunération ou non des personnes, par exemple). Cette manière de faire déplace le regard de l’aspect simplement « textuel » de la revue à l’ensemble de sa fabrique discursive. Dans ce contexte, il était important pour moi d’inclure, au sein de ce numéro anniversaire, la vie matérielle de Voix et Images. Le choix s’est d’abord porté sur les pages couvertures, en particulier celles qui annoncent un changement de maquette ou celles de numéros anniversaires. J’ai ensuite sélectionné des éléments qui m’ont étonnée à la lecture et qui passent inaperçus dans la version numérisée de la revue. Ces traces amusantes et souvent périphériques de la vie de la revue, comme les caricatures de Maurice Poteet, alors professeur en littérature américaine au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal (Figures 7, 8 et 9), l’« Appel d’article » (Figure 14.2.) et l’« Informatisation de Voix et Images » (Figure 14.3.) témoignent des préoccupations qui animaient le comité à une époque donnée. Enfin, j’ai cherché à retracer comment Voix et Images se « présentait » dans les pages d’autres revues, à travers les publicités (Figure 6) et les bulletins d’abonnement (Figure 10). Alors que certain·es peuvent les considérer sans intérêt, j’y vois au contraire un autre type de discours sur les objectifs et l’identité de la revue, et sur les publics qu’elle vise. Bien que les revues savantes vivent une précarité moins grande que les revues culturelles, notamment parce que les personnes qui les dirigent ont, la plupart du temps, un salaire qui ne dépend pas de la structure de la revue, les questions matérielles et matérialistes – vendre des revues et des abonnements, assurer ses revenus, être visuellement de son temps – ne sont jamais étrangères aux questions intellectuelles. C’est aussi ce que montre, à mon sens, ce parcours en images.

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