Résumés
Résumé
Cet article porte sur les personnes détenues qui sont ou se mettent en retrait, celles qui ne sortent quasiment pas de leur cellule. Il explore d’une part, une dimension proprement méthodologique visant à réfléchir aux manières d’aller à la rencontre de ces personnes difficilement accessibles et, d’autre part, une dimension plus théorique, sur l’intérêt heuristique de prendre en compte leurs discours.
L’analyse de ces rencontres nous en apprend beaucoup sur l’expérience carcérale, particulièrement sur le processus de dégradation. Car ces personnes vivent un emprisonnement total, entre les quatre murs de la cellule et cumulent des formes de non-identité, de non-participation et de non-présence. Plus que d’autres, elles ont le sentiment de « n’être plus rien », de « ne rien faire » ou de « n’avoir plus rien à perdre ». L’analyse de ces riens, et de leurs effets sociaux, a démontré que le « rien » n’est jamais vraiment rien.
Mots-clés :
- personnes détenues,
- prison,
- méthode,
- condition carcérale,
- dignité
Abstract
This article considers the experiences of detained persons who have withdrawn themselves and almost never leave their cells. On the one hand, it explores methodological questions of how to reach individuals hard-to-reach while, on the other hand, addressing more theoretical aspects around the heuristic interest of considering their experiences.
An analysis of these meetings tells us a great deal about carceral experiences, especially about the process of degradation. These people experience total imprisonment, between the four walls of their cells, and accumulate forms of non-identity, non-participation and non-presence. More than anyone, they feel as though they “are nothing” and “have nothing left to lose.” An analysis of this nothing, and its social impacts, shows that “nothing” is never really nothing.
Keywords:
- Detained persons,
- prison,
- methods,
- carceral conditions,
- dignity
Resumen
Este artículo trata sobre las personas detenidas que viven en situación de retraimiento, aquellas que casi no salen de sus celdas. Por una parte, se explora una dimensión propiamente metodológica que busca reflexionar sobre las maneras de acercarse a estas personas retraídas y por otra parte, se analiza una dimensión más teórica sobre el interés heurístico de tomar en cuenta sus discursos.
El análisis de esos encuentros nos revela mucho sobre la experiencia carcelaria, particularmente sobre el proceso de degradación. Estas personas viven un encarcelamiento total, entre las cuatro paredes de la celda, y acumulan formas de no-identidad, de no-participación y de no-presencia. « Más que otras, estas personas internas tienen el sentimiento de « no ser ya nada », de « no hacer nada » o de « no tener ya nada que perder ». El análisis de estas « nadas », y de sus efectos sociales ha demostrado que la « nada » nunca es realmente nada.
Palabras clave:
- personas detenidas,
- cárcel,
- método,
- condición carcelaria,
- dignidad
Parties annexes
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