Résumés
Résumé
Les universités du début des temps modernes étaient des bastions de la langue latine: longtemps après que l'anglais ait été établi comme « langue maternelle » de l'Angleterre, le savoir était publié et enseigné en latin. La langue latine était donc associée avec la formation de l'élite masculine, et contribuait à la séparation des classes instruites des profanes. Cet article examine le rôle de la traductrice dans la pièce de théâtre de Thomas Tomkis, Lingua, or The Combat of the Tongue and the Five Senses for Superiority (1607), présentée comme une comédie savante en langue vernaculaire. Le personnage éponyme représente la langue et le discours. « Lingua » est une oratrice puissante et une traductrice hors-pair de textes académiques. Elle est donc dans la pièce l'ennemi de la société savante. «Lingua» est ainsi représentée comme une force menaçante de changement culturel et social: elle est capable à la fois de participer aux échanges savants et de communiquer le savoir aux profanes, détruisant ainsi le clivage entre les instruits et les ignorants. La pièce de théâtre présente donc la langue féminine en tant qu'acteur associé à la dissémination de la connaissance.
