Résumés
Résumé
Inconfortables avec le portrait injurieux que fait Shakespeare de Jeanne d'Arc, les critiques tendent à considérer 1 Henry 6 comme un exemple de défaut d’expression relevant de la période d'apprentissage de l'auteur dramatique. Néanmoins, le public élisabéthain a reçu cette pièce de théâtre d'histoire avec un extraordinaire enthousiasme, conduisant les critiques féministes à étudier la Jeanne d’Arc de Shakespeare en tant que portrait remarquablement mobilisateur de la femme forte aux prises avec le patriarcat des débuts de l'époque moderne. Cet article examine l'utilisation dans 1 Henry 6 de l'idéologie apocalyptique protestante, en particulier de ses composantes misogynes. Plus précisément, Shakespeare présente Jeanne d'Arc, la sainte guerrière française, comme un avatar de la Grande Prostituée de Babylone, figure allégorique du Livre des Révélations, et, pour les protestants élisabéthains, figure de l'Église catholique romaine.
