Résumés
Mots-clés :
- conférence théâtralisée,
- théâtre jeunesse,
- écologie,
- processus de création,
- art et science
L’élaboration de cette conférence scientifique théâtralisée a constitué un long chantier collaboratif orchestré par le metteur en scène Benoît Vermeulen. C’est principalement la démarche de celui-ci qui sera exposée dans ce document, témoignage subjectif de son parcours créatif et réflexif. La participation de chaque personne impliquée a été essentielle : Martine Richard à la régie et comme assistante à la mise en scène; Jean Duchesneau et Étienne Mongrain à la fabrication des objets scéniques; Julie Vallée-Léger à la scénographie; Francis Rossignol à la conception sonore; et Mathieu Marcil à la conception des éclairages. Les acteurs Patrick Emmanuel Abellard et Félix Lahaye se sont prêtés au jeu des improvisations, en interaction avec Julie Drouin, alias la « conférencière trampoline », et Jonathan Morier, alias l’« acteur plastique ». Ces personnes ont été invitées à rencontrer des notions issues de l’écologie scientifique – à le faire de façon sensible, en s’ouvrant à l’altérité : celle des entités vivantes non humaines et celle des processus qui les relient et qui nous relient à elles. Ces conditions, propices à la résonance, ont été génératrices de transformations mutuelles, faisant de cette hybridation un mode relationnel resserrant les liens que nous entretenons avec le monde. Au départ, un besoin viscéral d’aborder le problème de la crise écologique systémique. Mais qu’apporter de plus, en tant qu’artiste, qui ne soit déjà couvert par les médias, les scientifiques, les activistes, les philosophes, etc.? Comment le théâtre peut-il occuper une place pertinente dans cette problématique? Par l’angle du sensible? Je ne savais pas trop comment, mais j’avais besoin de m’y plonger. Comme à mon habitude, j’ai planifié un atelier de recherche libre. Cette fois-ci, je l’ai axé autour de trois déclinaisons de l’enjeu environnemental. Trois enjeux qui m’apparaissaient riches pour créer des « jeux » de recherche théâtraux, esthétiques et formels, soit l’interdépendance du vivant, le territoire et la rencontre : Je commence toujours mes projets de création par un atelier de recherche, et ce, avant même l’écriture. Je convie un auteur ou une autrice, l’équipe de conception, plusieurs comédien·nes et, souvent, différent·es « spécialistes » à venir improviser avec nous. Nous travaillons à partir de matières plastiques que le·la scénographe (ici Julie Vallée-Léger) apporte et d’improvisations sonores (Francis Rossignol) librement inspirées des « thématiques » abordées (ici les déclinaisons de l’enjeu environnemental). Nous cherchons des dynamiques spatiales, improvisons sur des bouts de textes fournis par l’auteur·trice ou à partir d’extraits d’oeuvres poétiques, etc. Cette fois-ci, pour la déclinaison « Territoire », j’avais filmé en plan fixe de nombreux paysages rencontrés un peu partout au Québec, représentant divers écosystèmes (un champ d’épilobes caressé par le vent, un bord de mer embrumé, la cascade d’une rivière à l’automne…). Des plans choisis instinctivement, mais qui portaient une charge esthétique riche et émotive. J’avais également choisi différents extraits poétiques d’auteur·trices qui abordent le lien sensible entre les êtres humains et le paysage (Pierre Morency, Hélène Dorion, Robert Lalonde, Jean Désy, André Roy, Marie-Andrée Gill, Raymond Carver, Hermann Hesse et Henry David Thoreau). Je trouvais essentiel d’aborder la notion de territoire sous un angle poétique et visuel. C’est dans ce contexte que j’ai invité Julie Drouin à venir improviser avec nous pour partager son savoir, en tant que biologiste de formation, sur la déclinaison de l’interdépendance du vivant. La rencontre s’est révélée marquante. Non seulement parce que Julie a une capacité extraordinaire à vulgariser les connaissances scientifiques, mais également parce qu’elle peut improviser librement et qu’elle dégage une douceur contagieuse. Un mixte théâtral incontestable! Ce premier atelier de recherche devait être le point de départ de l’écriture d’une oeuvre fictive. Éclatée certes, mais …
Parties annexes
Bibliographie
- DORION, Hélène (2016), Le temps du paysage, Montréal, Druide, « Reliefs ».
- MORENCY, Pierre (2002), À l’heure du loup, Montréal, Boréal.
- MORIZOT, Baptiste (2018), « L’écologie contre l’Humanisme : sur l’insistance d’un faux problème », Essais, no 13, p. 105-120.

