Résumés
Résumé
En 1958, à la sortie de son premier film-événement Les 400 coups, François Truffaut expliquait que « l’adolescence amène avec elle la découverte de l’injustice, le désir d’indépendance, le sevrage affectif, les premières curiosités sexuelles. C’est donc par excellence l’âge critique, l’âge des premiers conflits entre la morale absolue et la morale relative des adultes, entre la pureté du coeur et l’impureté de la vie, c’est enfin, du point de vue de n’importe quel artiste, l’âge le plus intéressant à mettre en lumière ». Depuis quelques années, la jeunesse a repris une plus grande place sur les écrans francophones. En 2019, Antoine Achard notait dans la revue 24 images la présence croissante depuis quelques années de personnages « adolescen[ts] ou adulescen[ts] » dans la production cinématographique québécoise, une tendance qui n’a fait que se confirmer depuis. Malgré leurs contributions riches, complexes, et souvent percutantes, les films produits au Québec ont jusqu’à présent reçu assez peu d’attention dans les travaux critiques émergents sur la jeunesse et l’adolescence dans les cinémas francophones. Cet article a donc pour premier objet d’inscrire le Québec comme autre pôle significatif de ce corpus transnational qui réimagine l’adolescence, loin des clichés formalisés par le « teen movie » à l’américaine. Pour se faire, l’analyse se concentrera plus particulièrement sur le travail de déconstruction et reconstruction du politique dans les films Rhymes for Young Ghouls (Jeff Barnaby, 2013) et Antigone (Sophie Deraspe, 2019) et les deux incarnations qu’ils proposent de la figure adolescente.
Mots-clés :
- adolescence,
- figuration politique,
- fiction (dé) coloniale,
- justice,
- émancipation,
- radicalité,
- futurité,
- Rhymes for Young Ghouls,
- Antigone

