Certaines fonctionnalités et contenus sont actuellement inaccessibles en raison d'une maintenance chez notre prestataire de service. Suivez l'évolution

Comptes rendus

Garneau, Brigitte. Les textiles dans les services funéraires de la maison Germain Lépine. Québec, GID, 2023, 168 pagesGarneau, Brigitte. Les débuts de l’embaumement artériel au Québec avec Adélard Lépine. Québec, GID, 2023, 126 pagesGarneau, Brigitte. Les corbillards à chevaux de la maison funéraire Germain Lépine à Québec. Québec, GID, 2023, 258 pages[Notice]

  • Yves Hébert

…plus d’informations

  • Yves Hébert
    Historien

avec la collaboration de Léon Robichaud, Université de Sherbrooke

L’histoire des services funéraires est un champ de recherche plutôt récent au Québec. Si l’historien Serge Gagnon et l’ethnologue Jean Simard se sont intéressés à l’histoire de la mort et au patrimoine funéraire au Québec, peu d’autres ont abordé le sujet. Docteure en anthropologie sociale et culturelle de l’Université Laval, Brigitte Garneau offre trois ouvrages dans lesquels elle examine l’évolution de cette pratique aux 19e et 20e siècles. Elle tire profit de la richesse du fonds de la famille Lépine aux Archives nationales à Québec, qu’elle complète par une recherche documentaire fouillée en plus d’intégrer la culture matérielle et l’iconographie. L’auteure s’applique en même temps à faire connaître le parcours d’une entreprise funéraire et le patrimoine qui lui est associé. L’ensemble formé par la collection Lépine forme ainsi un corpus de documents et une collection d’objets propices à l’étude du monde funéraire urbain. Le premier ouvrage porte sur la place des textiles dans les rituels funéraires. L’auteure veut montrer « les points de divergence et de convergence entre les traditions funéraires implantées dans la vieille capitale et celles du monde rural limitrophe » (p. 15). Le premier chapitre raconte la naissance et l’évolution de l’entreprise funéraire de Germain Lépine de 1845 à 1975. Issu d’une famille de la paroisse Saint-Roch à Québec, Lépine, meublier de métier, se tourne graduellement vers la construction de cercueils. En 1855, il s’affiche comme un entrepreneur de pompes funèbres, offrant des corbillards en location et des cercueils à vendre de diverses qualités. Il intègre plus tard l’embaumement à son travail et s’adapte constamment aux nouvelles tendances dans la confection des cercueils. La place des textiles dans les rituels funéraires est traitée dans le deuxième chapitre du livre. En abordant chacun de ces rituels (toilette du défunt, exposition, mise en cercueil, procession vers l’église, inhumation), l’auteure décrit les tissus utilisés pour les cercueils, l’ornementation des corbillards (bouquets de plumeaux sur les toitures, valences, tentures et draperies) tout en mentionnant la fonction de ces tissus et les influences ou les modes suivies par Lépine. Elle porte attention aux transformations techniques des corbillards et à leur présentation esthétique, laquelle reflète le rang social des défunts. Agrémenté de nombreuses photographies, ce chapitre permet de bien visualiser les tissus et les objets liés aux rituels funéraires. Enfin le troisième chapitre, plus bref, porte sur les traditions funéraires suivies par les directeurs de la maison Germain Lépine. L’auteure s’intéresse aux influences française, américaine et britannique dans les décorations funèbres réalisées par Lépine. Elle rappelle que le concile Vatican II de 1965 a provoqué un changement majeur en abolissant les symboles (objets, tissus) marquant les distinctions sociales lors des funérailles. Garneau se réfère au livre de Claude-François Ménestrier sur les décorations funèbres en France (1783) pour identifier des influences françaises qui se sont perpétuées au Canada. L’anthropologue montre qu’au 19e siècle une influence britannique se fait sentir, notamment dans l’emploi de la laine mérinos, des crêpes et des cachemires et en s’inspirant des redingotes. Quant à l’influence américaine, on la voit surtout dans l’utilisation des corbillards à chevaux provenant de l’entreprise de James Cunningham à Rochester (New York). Il aurait été intéressant d’en dire davantage sur les échanges entre le Canada et les États-Unis en ce qui a trait au commerce des textiles destinés au secteur funéraire. Cet ouvrage représente une contribution importante à l’histoire de la pratique des directeurs funéraires et à l’utilisation des tissus à des fins rituelles, appliquées ou ornementales. Il est à noter que Brigitte Garneau a accordé une attention particulière à la présentation de tableaux et d’une riche iconographie puisée entre autres dans le …

Cadenas

L’accès à cet article est réservé aux institutions et personnes abonnées, seul le résumé ou un extrait est affiché.

Consultez nos options d’accès pour obtenir plus d’informations.

Options d’accès