Pourriez-vous développer cette idée ? En 2020, vous avez animé un atelier d’écriture autour du projet artistique #Colonie.s, organisé par la Scène de la recherche de l’ENS Paris-Saclay. Il faisait suite au spectacle déambulatoire Exoterritoires, auquel pouvaient participer une vingtaine de spectateurs-acteurs. Cette exploration imaginaire s’inspirait du modèle des jeux de rôle grandeur nature, ainsi que de la stratégie dite du « regard éloigné », bien connue des Humanistes défenseurs du relativisme culturel tels Montaigne, Voltaire et Montesquieu. Sur le mode d’une écopoïèse, #Colonie.s mettait en scène une expérience de survie dans une colonie spatiale abandonnée. Au-delà de l’expérience ludique, elle avait une dimension politique parce qu’elle tâchait de nous faire changer de regard sur notre environnement et notre action en son sein. En somme, pour reprendre le néologisme de Dominiq Jenvrey dans son « Essai de rencontrologie », la science-fiction serait-elle une « hétérodoxie » rêvant d’être une « effiction » ?
