Résumés
Résumé
Dans ses deux derniers romans Bled (2016) et Saharienne Indigo (2022), Tierno Monénembo présente l’histoires des femmes marginalisées, en fuite. La contiguïté de la liberté et la mobilité traverse les deux textes et sert à souligner la menace d’un mouvement contrarié pour ces femmes. L’esthétique de Monénembo apparaît dans son usage de rythme et de forme, surtout dans ses représentations de la fuite et de la roue. À travers une analyse de courts extraits d’évasion et de sensation ainsi qu’un regard sur les significations du trope de la roue dans ces romans, cet article a pour but de répondre à deux questions : comment la représentation du voyage peut-elle nous aider à comprendre la contiguïté de la mobilité et la liberté ? Et dans un contexte de pouvoir asymétrique de genre, quelle forme prend-elle la débrouillardise ? Au coeur de la pratique littéraire de Monénembo, se trouve une poétique de mouvement qui décrit un vécu de la mobilité et met en avant la débrouillardise des personnes. Cette débrouillardise est une sorte de pratique relationnelle, fondée sur le déplacement forcé et les mouvements mineurs. L’écriture de Monénembo met en premier plan cette expertise dans la navigation, qui apparait surtout dans ces deux romans de façon distincte. Bled et Saharienne Indigo sont des textes qui invitent à étudier le genre et le pouvoir d’action face aux cycles de l’injustice contre les femmes.
Abstract
In his two latest novels, Bled (2016) and Saharienne indigo (2022), Monénembo tells the story of marginalised women on the run. Freedom and mobility are at the centre of these two texts, which highlight the threat of thwarted (i.e. continually compromised and limited) mobility for these women. The necroworld described by Achille Mbembe (2016), where people live under the threat of death, is home to a particular type of thwarted movement. According to Janet Wolff (1993) all movement begins with a position, and it is the position of these women in the necroworld created by Monénembo, and their presence there as women, that conditions their freedom. Monénembo's aesthetic emerges in his use of rhythm and form, especially in his depictions of flight and the wheel. Through an analysis of short extracts on escape and feeling, and an examination of the significance of the trope of the wheel in these novels, this article will answer two questions: how can the representation of travel help us to understand the entanglement of mobility and freedom? And in a context of uneven gendered power, what form does débrouillardise take?
