Résumés
Résumé
De très nombreux discours autour de la puissance de la recommandation algorithmique ont accompagné l’émergence de Netflix comme service de Vidéo à la Demande par Abonnement (VàDA) et, surtout, son entrée dans la production de contenus en 2012. Selon l’argument général, la connaissance extrêmement fine que les algorithmes de recommandation auraient des connaissances et habitudes de consommation audiovisuelle des usagers serait capable de guider la firme dans ses choix créatifs, lui assurant la production ou l’acquisition de programmes certains de connaître le succès. Cet article étudie ces discours et retrace leurs trajectoires en regard des stratégies de développement de Netflix. Permettant d’afficher la plateforme comme un éternel outsider issu de la « tech’ » dans un monde de la production audiovisuelle qu’elle entend « bouleverser » — selon une rhétorique de la « disruption » habituelle dans la Silicon Valley — ces discours sont essentiels à sa communication financière, alors même que les logiques de Netflix tendent à se rapprocher toujours davantage du fonctionnement traditionnel des industries culturelles. Dans le cadre d’une approche en économie politique de la communication, nous analysons celles-ci dans la suite des syntagmes mythiques qui entourent traditionnellement le déploiement des technologies médiatiques.
Abstract
A myriad of discussions about the power of algorithmic recommendations has accompanied the emergence of Netflix as a subscription video on demand (SVOD) service and, above all, its entry into content production from 2012 onwards. According to the conventional narrative, the extremely detailed knowledge that recommendation algorithms have of users’ audiovisual consumption habits is capable of guiding the company in its creative choices, ensuring the production or acquisition of programs that are certain to meet success. This article analyzes this narrative and traces its trajectory in relation to Netflix’s development strategies. By portraying the platform as a “tech” outsider in an audiovisual sector that it intends to “disrupt”—following Silicon Valley’s rhetoric—, this discourse is essential to its financial communication, even though the logic of Netflix is increasingly similar to the traditional production process of the cultural industries. Drawing on a political economy of communication perspective we analyze it in the context of the mythical syntagma that traditionally surround the deployment of media technologies.

