Résumés
Résumé
Cet article propose une interprétation de la violence conjugale qui lie celle-ci à la crise de la relation de couple. L’argumentaire s’appuie principalement sur une analyse de deux grandes enquêtes de Statistique Canada. En comparant, pour les deux sexes, la violence subie auprès du conjoint actuel avec celle vécue avec l’ex-conjoint, il est possible de constater que la prévalence de cette dernière est environ dix fois plus forte, pour les deux sexes, que celle-là. Si les femmes sont surreprésentées comme victimes, elles le sont dans une proportion d’environ 2 pour 1, c’est-à-dire d’une manière qui interdit l’interprétation unilatérale de la violence conjugale comme domination masculine. Une évaluation critique des instruments de mesure de la violence conjugale précède cette analyse qui, en passant par une brève revue de la littérature, se conclut sur des recommandations en vue de l’élargissement de la recherche sur la violence conjugale et sa liaison à celle subie par les enfants, les deux étant considérées comme des symptômes de la crise de l’institution familiale.
Abstract
This article proposes an interpretation of domestic violence that links it to the crisis of the couple’s relationship. By comparing, for both sexes, the violence suffered with the current partner with that experienced with the previous partner, it is possible to observe that the prevalence of the latter is approximately ten times higher, for both sexes, than the former. If women are overrepresented as victims, they are so in a proportion of approximately 2 to 1, i.e. in a way that prohibits the unilateral interpretation of domestic violence as male domination. A critical assessment of the instruments for measuring domestic violence precedes this analysis which, through a brief review of the literature, concludes with recommendations for expanding research on domestic violence and its link to that suffered by children, both of which are considered symptoms of the crisis of the family institution.

