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Le GRIS-Montréal organise depuis 30 ans des interventions dans les établissements scolaires. Ces interventions visent à aborder les notions d’orientation sexuelle et d’identité de genre et, surtout, à leur donner un visage. Elles sont spécifiques en trois points. D’abord, elles partent du principe que toute question posée de façon respectueuse mérite une réponse, et que les jeunes sont en capacité, quel que soit leur âge, d’entendre cette réponse. Ensuite, elles sont menées par des bénévoles dûment formé·es pour l’occasion. Finalement, elles s’élaborent à partir de témoignages, c’est-à-dire du vécu des bénévoles qui sont devant les élèves.
On connaît de longue date les impacts positifs de l’engagement bénévole sur la santé, parmi lesquels la réduction des symptômes d’anxiété et de stress, l’augmentation de l’estime de soi et la réduction de l’isolement social (Stuart et al., 2020; Linning et al., 2018; De Wit et al., 2015). Or, le « militantisme par le témoignage » (Mensah et al., 2017) tel qu’il se donne à voir au GRIS a ceci de particulier qu’il s’inscrit sur le corps et dans le parcours de personnes minorisées sur le plan du genre ou de l’orientation sexuelle.
Sur la base de données colligées via un questionnaire d’enquête et d’entretiens avec plus de 120 bénévoles actuel·les ou passé·es des GRIS du Québec et de l’Acadie, cet article propose de réfléchir aux impacts de leur engagement sur leur santé globale. En particulier, des éléments relatifs à la santé sociale (hausse du sentiment d’appartenance à la communauté LGBTQ+, élargissement du réseau de socialisation, amélioration des relations familiales) et à la santé mentale (hausse de l’estime de soi et de la confiance en soi, diminution des idéations suicidaires) émergent et rendent compte des disparités individuelles dans la capacité à politiser l’engagement bénévole.