Résumés
Résumé
Si des facteurs aussi bien institutionnels qu’individuels peuvent expliquer l’abandon d’une thèse, plusieurs travaux mettent en avant l’existence de rapports conflictuels entre doctorant et superviseur, voire de harcèlement physique et psychologique de la part de l’encadrant. En s’appuyant sur une monographie localisée en France, cet article propose d’étudier une situation dysfonctionnelle d’encadrement doctoral par le prisme du care. Une telle approche révèle d’abord les multiples facteurs de dépendance auxquels est soumis un doctorant, puis le pouvoir du superviseur qui peut participer à faire disparaitre cette dépendance par un travail de care ou, au contraire, la renforcer, voire en abuser par un manque d’attention, appelé « discare », et, enfin, l’importance ambivalente des relais universitaires et amicaux, appelés « care de substitution ». En filigrane, cette monographie indique la reproduction sociale à laquelle participe l’institution doctorale française en sélectionnant, parmi les doctorants souffrant de discare, ceux qui s’avèrent les plus favorisés et en laissant de côté les plus vulnérables.
Abstract
The non completion of a thesis can be explained by institutional or individual factors; nonetheless, several works note the presence of conflict between doctoral students and supervisors, sometimes extending to physical and psychological bullying on the part of the supervisor. Based on a monograph specific to France, the present article seeks to study a dysfunctional doctoral supervision relationship through the lens of care. This approach first highlights the multiple facets of dependency a doctoral candidate is subject to, then examines the supervisor’s power to eliminate this dependency through care or to instead reinforce it or even abuse it through a lack of attention termed “discare”. Finally, it explores the ambivalent importance of transfers of care within university and friendship networks, called “substitution care”. The underlying implication throughout the monograph seeks to point out the social reproduction in which the French doctoral institution is complicit by selecting, among the doctoral candidates suffering from discare, the ones that are more privileged while excluding those most vulnerable.
