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Comptes rendus bibliographiques

TELLIER, Luc-Normand (2024) Rwanda de ma jeunesse : en hommage au travail du Père Léon Delmas. Izuba éditions, 386 p. (ISBN : 9791093440507)[Notice]

  • André Joyal

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  • André Joyal
    Université du Québec à Trois-Rivières

Détenteur d’un doctorat en économie régionale effectué à l’Université de Pennsylvanie, Luc-Normand Tellier se distinguera surtout par ses nombreuses publications. Entre autres, avec Urban World History : An Economic and Geographical Perspective, qui le fera connaître dans le milieu académique (Tellier, 2019) qu’il m’a été donné de recenser. Grand amoureux du Rwanda où il est allé à plusieurs reprises, il a profité du 30e anniversaire du génocide des Tutsis pour assister à Kigali au lancement de son dernier livre. Le sous-titre se rapporte à un religieux, originaire du sud de la France, auteur d’un ouvrage intitulé Généalogie de la noblesse du Rwanda, publié en 1950. Le tout débute par la description de son premier séjour effectué en 1964 en tant que coopérant du Service universitaire canadien outre-mer (SUCO) où, à ses dires, il a passé les deux plus belles années de sa vie. En fait, l’essentiel du volume se rattache à ces deux années. Difficile de comparer le Rwanda de 1964 avec celui de 1984 qu’il m’a été donné de connaître et, il va sans dire, avec celui d’aujourd’hui. En remémorant ce premier séjour, l’auteur n’ambitionne rien de moins, à la faveur d’un véritable travail de bénédictin, que de compléter l’oeuvre du père Delmas. Il s’agira de dresser de façon exhaustive la généalogie des clans à la tête du royaume rwandais. Seize chapitres se partagent les 133 premières pages de l’ouvrage. Ainsi, un chapitre, « Rosalie Gicanda », présente l’épouse du défunt Mwami Charles Mutara III Rudahigwa. Cette femme conservera toute sa vie son titre de reine. Le Mwami, c’est le roi de droit divin. Il vit presque nu, sans couronne ni apparat, dans une grande case, entouré des fameux danseurs intore. Contrairement aux rois français qui devaient respecter la loi, le Mwami avait, sur ses sujets, un droit de vie et de mort. Dans sa case, il était le gardien de très précieuses reliques qui lui conféraient ses pouvoirs. Les différents chapitres sont rédigés sur un ton très personnel avec un « je » décrivant les émotions que procurent à l’auteur ses allées et venues. Un jour, lorsqu’il voit déambuler, une très grande femme, il est obnubilé par sa beauté et sa noblesse. C’est la reine Rosalie du haut de ses 40 ans. En 1961, Paul Kagame, âgé de quatre ans, et sa famille furent sauvés du premier génocide des Tutsis grâce à l’intervention de la reine Rosalie, qui mobilisa un véhicule pour leur permettre de gagner l’Ouganda. Le titre et la prestance de la reine l’ont protégée de différents pogromes jusqu’en 1994 alors qu’elle sera fusillée, à 70 ans. C’est dans ce même chapitre que l’auteur présente l’origine des fameuses cartes d’identité en 1932. On ne le sait que trop, elles seront utilisées à l’encontre des Tutsis, après l’indépendance. Un chapitre ultérieur intitulé « Célestin Marara Kalibana » apparaîtra indéniablement aux lecteurs comme le plus intéressant, compte tenu de l’hypothèse soulevée à l’effet que les Hutus et les Tutsis seraient de la même souche. La conviction que les Tutsis, un peuple d’éleveurs, seraient venus du haut Nil au XVIe siècle pour vaincre les « roitelets » des Hutus se voit ici fortement remise en question. Le récit nous situe en 1996 alors que Luc-Normand Tellier, cette fois, se rend au Rwanda à titre de boursier de l’ACDI ayant pour mission un projet de collaboration entre l’UQAM et, notamment, l’Université nationale du Rwanda. Une fois à Butare, il rencontre Célestin Marara Kalibana, un membre du clan royal des Banyiginya qui lui affirmera que « tout ce qui a été écrit sur l’histoire du Rwanda …

Parties annexes