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Comptes rendus bibliographiques

CHIASSON, Guy, GILBERT, Anne (dir.) (2022) La ville inclusive − Dans les pas de Caroline Andrew. Presses de l’Université d’Ottawa, 271 p. (ISBN 97827660337718)[Notice]

  • André Joyal

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  • André Joyal
    Université du Québec à Trois-Rivières

D’entrée de jeu, réglons immédiatement la question de l’inclusivité dont il est question dans cet ouvrage collectif. Elle n’a rien à voir avec les deux premiers éléments du principe EDI (équité, diversité, inclusion) importé d’une certaine gauche américaine et qui, telle une plante envahissante sur les berges d’un lac, a envahi nos campus et nos administrations publiques, voire les grandes entreprises privées. J’en veux pour preuve qu’aucun des 15 auteurs de cet ouvrage n’utilise l’acronyme EDI. En fait, comme le signalent en introduction les deux responsables du volume, Guy Chiasson, professeur à l’Université du Québec en Ouatouais (UQO), et Anne Gilbert, professeure à l’Université d’Ottawa (UO), la « ville inclusive » se rapporte à deux idées fortes omniprésentes dans l’oeuvre de Caroline Andrew. Il s’agit d’abord de « l’inclusion de la ville ». Pour Caroline Andrew, la ville s’avère beaucoup plus qu’une « créature des provinces ». À ses yeux, elle constitue un palier de gouvernement à part entière, au même titre que les deux autres paliers, et doit ainsi être gouvernée en conséquence. Vient ensuite l’idée de « l’inclusion dans la ville » en pensant à différents groupes de citoyens appelés à jouer un rôle actif dans leur milieu immédiat. C’est ce que montre l’ouvrage au travers de dix chapitres répartis en trois parties. Qui est Caroline Andrew ? Pour le savoir, avant d’aborder son oeuvre, le lecteur pourrait commencer sa lecture avec le chapitre du professeur émérite de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Joseph-Yvon Thériault dans la troisième partie, « Parcours ». Ce chapitre est intitulé « Caroline Andrew et la génération des deux nations ». L’auteur y mentionne avoir été son étudiant à l’UO (avant de devenir à son tour professeur à cette université) alors que sa professeure, toute jeune, était en rédaction de sa thèse. Lisons-le : « Je ne pense pas avoir connu une universitaire qui croyait autant à la recherche collaborative (…) nous partagions une même vision humaniste et francophone de l’Université d’Ottawa » (p. 234). Issue d’une grande famille bien établie à Vancouver, Caroline Andrew, pour perfectionner son français, vint faire sa maîtrise en se plaçant sous la direction du regretté Vincent Lemieux. Elle ira ensuite à l’Université de Toronto pour y faire son doctorat. Une fois à l’UO, son activité demeurera à prédominance francophone. Selon Thériault, « le français sera sa langue publique et la francophonie, le lieu principal de son engagement ». Le reste du chapitre décrit l’évolution de l’UO marquée par la diminution graduelle de l’importance du français suscitée par un désintéressement à l’égard de la vision d’un Canada binational préconisée au milieu des années 1960 par la Commission Laurendeau-Dunton. Fallait-il s’y attendre, l’auteur ne peut éviter une allusion à la tristement célèbre affaire liée à la chargée de cours Verushka Lieutenant-Duval. Mais revenons à l’héroïne de l’ouvrage avec la première partie, « Action publique ». Dans un chapitre intitulé « Une machine à exclure ? Municipalité et projet urbain dans l’Outaouais », Guy Chiasson et Jean-Sébastien Caron de Montigny, étudiant à la maîtrise à l’UQO, répondent à la question soulevée à partir de deux livres cosignés par Caroline Andrew dans les années 1970 et 1980. On lit que ces ouvrages proposent une lecture convergente du développement urbain avec une insistance sur le rôle joué en Outaouais par les municipalités. Les auteurs ont abordé leur étude avec le point de vue que les municipalités sont des machines à exclure. Or, à partir d’un projet urbain contemporain, ils affirment devoir nuancer leur vision initiale. Winnie Frohn, professeure retraitée de l’UQAM, utilise le « je » pour explorer les …

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