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Comptes rendus bibliographiques

LIBOUREL, Éloïse, SCHORUNG, Matthieu et ZEMBRI, Pierre (2022) Géographie des transports : territoires, échelles, acteurs. Armand Colin, 286 p. (ISBN 9782200635299)[Notice]

  • Claude Marois

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  • Claude Marois
    Université de Montréal

Éloïse Libourel, Matthieu Schorung et Pierre Zembri ont produit un ouvrage qui aborde avec clarté et rigueur la géographie des transports dans toute sa complexité et son étendue. Ce livre de plus de 286 pages constitue une revue complète de l’évolution de cette sous-discipline de la géographie depuis quelques décennies jusqu’à nos jours. L’ensemble comporte six chapitres incluant l’introduction, chacun analysant les transports sous l’angle de la mondialisation et de la libéralisation des marchés ainsi que des nouvelles technologies numériques. Dès le début du livre, les trois auteurs se positionnent, avec une vision des transports « centrée sur les territoires, leur organisation et leur mise en valeur » (p. 6) et une analyse des enjeux selon une approche multiscalaire. Ils présentent les grands concepts et les objets d’étude de la géographie des transports, et distinguent deux branches de la sous-discipline : le transport des marchandises (fret, logistique, etc.) et celui des voyageurs (mobilités, services aux voyageurs, etc.). Le sujet s’avère complexe à étudier parce que les échanges de marchandises sont tributaires de plusieurs contraintes variant selon le type de transport : par voie terrestre, ferroviaire ou aérienne. Ensuite, ils exposent les grands enjeux contemporains, notamment, celui de la congestion des réseaux dans un contexte d’ouverture et de libéralisation des marchés. Ils introduisent alors deux concepts spécifiquement liés à la mondialisation des échanges, le hubbing et le feedering, et ceux associés à l’approche multimodale, soit la multimodalité et l’intermodalité. Dans ce dernier cas, cela « suppose le passage d’une offre modale à une autre au cours d’un même déplacement, dans une logique de complémentarité » (p. 63). Le chapitre III a pour titre « L’émergence de nouvelles échelles fonctionnelles ? », où il est surtout question de l’échelle de la mégarégion. Cette approche par la mégarégion s’impose, par exemple, pour l’étude des infrastructures de transport et des mobilités (comme pour le fret) puisque la plupart des grands ports et des grandes plateformes logistiques unimodales et multimodales se trouvent dans les mégarégions. Pour les auteurs, l’échelle locale (et métropolitaine) « est l’échelle de la matérialité des transports et des flux surtout les villes qui sont les réceptacles des flux de personnes et de marchandises les plus intenses, qui concentrent les plus grandes infrastructures » (p. 111). C’est aussi l’échelle de concentration et d’organisation des principales formes de mobilité de personnes, et cette échelle locale est privilégiée pour l’observation et la confrontation des externalités négatives du transport, soit la congestion des réseaux, les nuisances et les pollutions liées au transport. De plus, il y a, dans l’espace urbain, une nouvelle distribution des modes de transport, qualifiés de modes actifs ou doux, qui génèrent des formes récentes de micromobilités. Ces nouvelles mobilités ont obligé les acteurs publics à repenser la circulation intra-urbaine et les pratiques de mobilité des personnes. Il en est de même pour le transport de marchandises, où un nouveau modèle a été repensé pour appréhender le transport de marchandises en ville et repenser la distribution urbaine. Ce modèle repose sur deux concepts : la logistique urbaine et le dernier kilomètre. D’une part, la logistique urbaine se traduit par des innovations entrepreneuriales et d’organisation des services logistiques en ville. D’autre part, le concept « des derniers kilomètres de la distribution des marchandises » (p. 124) représente la portion la plus chère pour les opérateurs logistiques et les transporteurs. Dans le cas du dernier kilomètre, les auteurs donnent l’exemple de l’essor du commerce en ligne, à l’origine d’une transformation de la mobilité des marchandises au plus proche du consommateur. Sur les derniers mètres, les services se multiplient, offrant au client différents modes …