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In memoriam – Denise Merkle[Record]

  • Chantal Gagnon and
  • Georges L. Bastin

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  • Chantal Gagnon Université de Montréal, Montréal, Canada

  • Georges L. Bastin Université de Montréal, Montréal, Canada

La nouvelle est tombée brutalement : le 14 septembre dernier, un cancer fulgurant emportait notre bien aimée collègue Denise Merkle. La communauté traductologique canadienne et internationale est en deuil. L’intérêt de Denise Merkle pour la traduction se manifestera tout au long de sa vie d’adulte, notamment lors de son passage à l’Université de Montréal, où elle fait une maîtrise en traduction en 1985. En 1999, elle obtiendra un doctorat de l’Université Queen’s, dans lequel elle explore la question de la censure entourant les oeuvres traduites de Flaubert et de Zola. Elle enseignera la traduction pendant 7 ans à l’Université Laurentienne, pour ensuite joindre les rangs de l’Université de Moncton, où elle enseignera de 1997 jusqu’à son décès. Polyvalente, Denise a enseigné une dizaine de cours différents à l’Université de Moncton, comme le thème anglais, la stylistique comparée, en passant par la terminologie et la théorie de la traduction. Les questions de la censure et des langues minoritaires ont occupé une place centrale dans ses recherches, comme en témoignent sa soixantaine de publications et de directions d’ouvrages, dont la co-direction du numéro spécial sur la traduction et le plurilinguisme officiel en 2014 dans Meta. Ses articles ont été publié dans des revues comme TTR, Babel ou Translation Studies, et elle a publié des chapitres dans des classiques comme Routledge Handbook of Translation and Politics ou dans Histoire de la traduction en langue française. C’était toujours un plaisir de lire Denise, tant elle avait une jolie plume, tant en français qu’en anglais. Elle dirigeait un chapitre en collaboration avec Leo Chan d’un volume de Cultural History of Translation (dir. Lieven D’Hulst) dont elle disait, consciente de la gravité de sa maladie, qu’il serait publié à titre posthume. Elle avait inscrit une communication au Colloque HTN à Graz où son hommage a été salué par une minute de silence et une brève séance émouvante, intitulée « Encounter with Denise », à laquelle ont participé collègues canadiens et internationaux. Consciente de l’importance du travail associatif, elle a agi à titre de présidente de l’Association canadienne de traductologie de 2002 à 2004 et à partir de 2010, elle a été membre du Comité de rédaction de TTR et responsable des recensions de la revue. Elle était aussi une membre active au sein de l’Association canadienne des écoles de traduction, et une ardente défenderesse des questions pédagogiques. Écouter son discours énergique nous engageait tous et toutes. On se souviendra aussi de sa volonté de défendre des causes complexes comme le français au Nouveau Brunswick ou la formation en interprétation au Canada. Denise avait un talent remarquable pour l’organisation des colloques. Les colloques de Denise étaient chaleureux et passionnants… à son image. Il fallait d’ailleurs une personne collaborative et généreuse comme Denise pour arriver à orchestrer un colloque international en ligne, en pleine pandémie, et en faire un grand succès. Dans les colloques ou ailleurs, jamais Denise n’oubliait la relève, qui lui doit beaucoup. Comme toute la traductologie, d’ailleurs. Denise est partie trop tôt. Mais sa passion pour les langues et pour la traduction, et son inépuisable énergie resteront à jamais gravées dans nos mémoires.

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