Abstracts
Résumé
L’intrigue de Menaud, maître-draveur repose sur un acte de lecture, celui de la fille de Menaud, Marie, qui lit à son père Maria Chapdelaine. L’effet de ce texte est si grand que Menaud, comme Emma Bovary ou Don Quichotte, comprend ce récit comme s’il était la vérité historique. Il s’y identifie de telle sorte qu’il ne reconnaît plus les signes et leurs référents. Il prend alors la figure de ce « mauvais lecteur » telle qu’élucidée par Maxime Decout. Dans cette scène de lecture complexe, Menaud en vient à « perdre le nord » et à perdre tous ses moyens, laissant voir l’impensé de l’Histoire et de son histoire.
Abstract
The plot of Menaud, maître-draveur is based on an act of reading, that of Menaud’s daughter Marie, who reads Maria Chapdelaine to her father. The effect of this text is so great that Menaud, like Emma Bovary or Don Quixote, understands the story as if it were the historical truth. He identifies himself in such a way that he no longer recognizes the signs and their referents. He then becomes the “bad reader” as elucidated by Maxime Decout. In this complex “scène de lecture”, Menaud “loses his head” and all his bearings, revealing the unthinking of History and of his own history.
Appendices
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