Résumés
Abstract
This reflective editorial essay emerges from a personal experience of being stranded for over 12 hours in a car during a sudden flood between Dubai and Abu Dhabi, an improbable confinement in the desert. As a psychiatrist, accustomed to listening and guiding others, I was instead confronted with my own stillness and isolation. In that immobility, I turned inward and found unexpected companionship in memory: the paintings of Philippe Lemaire, an artist I had met in a Montréal mental-health art workshop. For more than 2 decades, he has painted the same image, My Father’s Car, transforming repetition into resilience. In the desert’s silence, his work became my refuge. The patient’s art, once a therapeutic act, now offers healing to the physician. This essay reflects how art, repetition, and memory can bridge the distance between illness and care, and how art therapy, in a paradoxical reversal, can extend its grace to the healer. When glaciers melt and storms roar, the spectre of climate change sets its pace and the anguish of remaining immobile, or drowned grasps us and draws us closer to narrative medicine.
Résumé
Cet éditorial introspectif est né d’une expérience personnelle : celle d’être resté bloqué pendant plus de 12 heures dans une voiture lors d’une inondation violente et soudaine entre Dubaï et Abou Dabi, un confinement improbable en plein désert. Psychiatre, habitué à écouter et à guider les autres, je me suis retrouvé confronté à mon propre silence et à mon isolement. Dans cette immobilité, je me suis tourné vers l’intérieur et j’ai trouvé une compagnie inattendue dans mes souvenirs : les peintures de Philippe Lemaire, un artiste rencontré lors d’un atelier d’art-thérapie à Montréal. Depuis plus de 20 ans, il peint la même image, « Le Char de mon père », transformant la répétition en résilience. Dans le silence du désert, son oeuvre est devenue mon refuge. L’art du patient, jadis un acte thérapeutique, offrait désormais un réconfort au médecin. Cet essai explore comment l’art, la répétition et la mémoire peuvent combler le fossé entre la maladie et le soin, et comment l’art-thérapie, dans un renversement paradoxal, peut étendre sa grâce au soignant. Quand les glaciers fondent et que les tempêtes rugissent, le spectre des changements climatiques impose son rythme et l’angoisse de rester immobile, ou noyé, nous étreint et nous rapproche de la médecine narrative.
Imaginez-vous victime d’une grave inondation en plein milieu d’un désert. Cauchemar relié bien sûr au stade du sommeil paradoxal ! Ce paradoxe devient de moins en moins paradoxal. Selon plusieurs études d’attribution publiées dans Nature et PNAS, (1-3) le changement climatique anthropique augmente la probabilité et l’intensité des épisodes de précipitations extrêmes, même dans les régions historiquement arides. L’atmosphère y est plus chaude, et l’air plus chaud contient davantage de vapeur d’eau : environ 7 % d’humidité supplémentaire par degré Celsius ; c’est la physique de Clausius-Clapeyron, pas une métaphore. Ainsi, le désert, jadis catégorie de l’immuable, peut aujourd’hui se retrouver noyé. Cela m’est personnellement arrivé et j’en ai perdu mon latin, y compris mon français, et, volontairement, je rédige cet éditorial en anglais. Le but est aussi de faire connaître à notre monde anglophone la richesse de notre organisme d’art thérapie qui nous fournit des oeuvres pour la couverture de Santé mentale au Québec : les Impatients et en particulier un artiste exceptionnel qui a passé sa vie à peindre le char de son père.
Parties annexes
Bibliography
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