À l’occasion du Colloque Santé mentale et travail : s’inspirer, s’outiller, s’allier et innover qui s’est tenu entre le 16 et le 18 octobre 2024 à Montréal, plusieurs personnes ont accepté de témoigner de leur expérience en matière de santé mentale et de retour au travail. Leurs témoignages ont été présentés sous forme de capsules en introduction aux ateliers qui ont été organisés lors du Colloque. Ces capsules sont visibles à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/@santementaleauquebec/videos Nous tenons à remercier ces personnes pour leur générosité et leur volonté de contribuer à la déstigmatisation de la maladie mentale. L’équipe de la revue Santé mentale au Québec Luc Vigneault – La pair-aidance, au Québec, j’en discutais avec des collègues français, il y a eu de la résistance. Il y en a encore beaucoup. Les gens ne comprennent pas que les gens qui ont eu la maladie puissent aider les autres. Ils ne comprennent pas ça. Il ne comprennent pas qu’on puisse travailler et avoir le même salaire. Sophie de Coatpont – Je sais que la première promotion de pairs aidants en France c’était 2012. Et puis il y a eu une levée de boucliers de syndicats infirmiers et de médecins et il n’y a pas eu de promotion après. Il a fallu attendre six ans et changer d’université pour qu’il y ait une nouvelle promotion de pairs aidants en licence. Geneviève Lessard – J’ai déjà eu la question : « Pourquoi perd-on nos pairs aidants autant que cela ? » Je pense qu’on ne pose pas la bonne question. Poser la question c’est y répondre. Parce que ça prend de la bienveillance, ça prend du support. Luc Vigneault – Vraiment, j’ai senti qu’avec les professionnels on est excellent pour faire le pont, pour que les gens puissent s’ouvrir, transférer le lien de confiance, aider les gens à mieux être. Sophie de Coatpont – En tout cas, j’ai l’exemple d’une ergothérapeute qui n’est même pas dans mon équipe, mais qui est dans le service, qui est venue me voir et qui m’a dit : « T’avais rencontré un jeune homme il y a quelques mois, sache que ça été un déclic pour lui, il a fait pleins de choses depuis. Ta parole a beaucoup plus de poids que la nôtre, je m’en rends compte. » Ralph Buchter – La personne qui m’a aidé, je pourrais dire le plus, c’est la psychanalyste avec laquelle je n’ai fait que trois séances, qui en fait a reconnu mon mal. C’est trop bête, c’est des trucs de reconnaissance. Je m’étais senti comme regardé, reconnu dans ma souffrance. Cette femme a été désagréable ; c’était mes pires séances de psy de toute ma vie parce que j’étais hypermal. Parfois, j’hésitais même à y aller pour la voir tellement je ne la supportais pas, mais elle m’a sauvé Geneviève Lessard – On reçoit un diagnostic en santé mentale, c’est tout ! Retourne chez toi avec ton petit… Oui, mais je fais quoi ? Ça, je pense que c’est un gros manque. Ça s’améliore, mais pour l’avoir vécu, moi j’ai eu des manques un peu partout. Et quand j’ai eu mes diagnostics, mettons le choc post-traumatique, là je retournais à la Vigile et j’avais un suivi avec mon intervenante et elle a fait le pont pour moi au CLSC. J’ai eu accès à une travailleuse sociale, après ça le psychologue. Mais pendant deux ans, dans la police, j’ai consulté un psychologue spécialisé au métier de policier, et il n’a jamais diagnostiqué mon choc post-traumatique. Fabienne Germond – C’est aussi de pouvoir s’entourer. Déjà, soi-même, se créer ses propres points de vigilance. …
Événements colloque de la CoP-SMT
TémoignagesSanté mentale et retour au travail[Notice]
Diffusion numérique : 4 novembre 2025
Un document de la revue Santé mentale au Québec
Volume 50, numéro 1, printemps–été 2025, p. 249–256
Santé mentale et travail : reconnaître une responsabilité collective dans le retour et la réintégration au travail
©, 2025

