En 1989, si ma mémoire est bonne, j’ai été invité à participer au Comité de rédaction de la Revue des sciences de l’éducation. Je venais de prendre connaissance de son existence, ayant été engagé par l’Université de Sherbrooke en 1988. La lecture de plusieurs de ses numéros m’avait convaincu à la fois de la nécessité d’une revue scientifique diffusant les résultats des travaux universitaires québécois et de la bonne qualité des écrits qui y étaient publiés. En 1991, j’ai été invité à assumer la responsabilité de rédacteur en chef par le directeur de la Revue, Michel Thérien, succédant ainsi à Gilles Fortier. J’ai accepté immédiatement cette charge de travail très lourde, car il me semblait que je pouvais apporter de nouvelles perspectives, surtout sur le plan de l’évaluation des manuscrits soumis, aspect que je traiterai dans la section sur les défis. À l’automne 1993, ayant été nommé vice-doyen à la recherche à la Faculté d’éducation, les nouvelles responsabilités ne me permettaient plus d’assurer un travail de qualité. Le professeur Gérard-Raymond Roy a alors pris le relais, lui qui possédait une grande expérience dans le domaine de l’édition. Toutefois, en 1993-1994, j’ai assuré la vice-présidence du Conseil d’administration et la responsabilité du Comité de rédaction de la Revue. Enfin, de 1999 à 2005, j’ai assumé la fonction de secrétaire-trésorier de son Conseil d’administration. Dès la prise en mains de la fonction de rédacteur en chef, il m’est apparu nécessaire de revoir le processus d’évaluation des articles soumis à la Revue. Au cours des premiers mois après mon entrée en fonctions, j’ai contacté différentes revues anglophones et francophones pour avoir connaissance des modalités d’évaluation qu’elles privilégiaient. Plusieurs réponses m’ont surpris, je dois le reconnaitre, la rigueur n’étant pas de mise dans plusieurs cas, tant du côté francophone qu’anglophone, y compris dans des revues de prestige. Il n’y avait pas de processus évaluatif à l’exception de celui de la·du rédacteur·rice en chef. En conclusion de cette investigation, je me suis attelé à produire un outil d’évaluation que tout·e évaluateur·rice devait dorénavant remplir. Des revues m’ayant fait parvenir leur grille d’évaluation, je m’en suis inspiré pour en produire une adaptée aux caractéristiques de la Revue. Je me réjouis de constater que la grille a été adaptée et améliorée avec le temps. Sans aucune hésitation, la Revue des sciences de l’éducation doit être considérée comme une revue de haute qualité dans le champ éducatif. Elle occupe une place de choix et sa valeur est reconnue internationalement, ce dont témoigne par exemple la participation d’auteur·e·s anglophones à des numéros thématiques et, à l’inverse, le refus de certain·e·s collègues de soumettre des articles, jugeant que leurs travaux n’avaient nul besoin d’une évaluation. Cette réputation d’excellence, j’ai pu aussi la constater à Paris, d’abord en mars 1993 lors d’une table ronde dans le cadre du premier congrès d’Actualité de la recherche en éducation et formation (AREF), tenu au Conservatoire national des arts et des métiers, et en juin 2011 lors d’une table ronde sur la recherche en éducation, dans le cadre d’un congrès de l’Association francophone internationale de recherche en éducation (AFIRSE) qui avait eu lieu à l’UNESCO. Dans le premier cas, la présentation de la Revue qui m’était demandée a reçu un accueil des plus positifs. Dans le second cas, des intervenant·e·s citaient la Revue comme un exemple de qualité. Comme rédacteur en chef de la Revue, le principal défi auquel j’ai dû faire face concernait les produits des évaluations des articles soumis. Rapidement, j’en suis arrivé à classer les professeur·e·s qui évaluaient en trois catégories. La première réunit les évaluateur·rice·s …
Témoignages[Notice]
Ce texte a été révisé par : Charles-Étienne Tremblay
