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Comptes rendus

Isabelle Wallach, Isabelle Van Pevenage et Julie Beauchamp, Sexualités et conjugalités en contexte de vieillissement. Perspectives sociales et critiques, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2024, Coll. Problèmes sociaux et interventions sociales, 212 p.[Notice]

  • Émilie Gervais

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Alors que les recherches sur la sexualité et la conjugalité des personnes âgées se multiplient dans les pays du Nord global, cet ouvrage collectif comble un manque dans la littérature québécoise, encore dominée par des approches biomédicales ou psychologiques, centrées sur la performance, la fréquence ou la satisfaction. À rebours de cette tendance, Sexualités et conjugalités en contexte de vieillissement. Perspectives sociales et critiques (2024), dirigé par Isabelle Wallach, Isabelle Van Pevenage et Julie Beauchamp, adopte une approche interdisciplinaire centrée sur les dimensions sociales, relationnelles et subjectives de l’intimité. L’ouvrage met en lumière des vécus peu représentés, notamment ceux de personnes lesbiennes et gaies, dans un contexte marqué par l’hétéronormativité et le capacitisme lié à l’âge. Réunissant des recherches empiriques menées principalement au Québec, et une en France, ce collectif s’inscrit dans une dynamique amorcée lors d’un colloque tenu en 2019 à Moncton (Nouveau-Brunswick), dans le cadre du congrès de l’Association canadienne de gérontologie. Structuré en deux parties, il croise les apports de la sociologie, de la gérontologie sociale, de la sexologie, de la psychologie et du travail social, et interroge comment les normes sociales façonnent ou transforment les relations à un âge avancé. La première partie montre la persistance d’attentes corporelles normatives (jeunesse, minceur, autonomie) et les ajustements qu’elles suscitent dans les rapports au désir et à l’intimité. Milaine Alarie analyse les récits de femmes en couple avec des hommes plus jeunes, qui redéfinissent leur désirabilité entre valorisation de qualités associées à l’âge (confiance, maturité) et adhésion partielle à des standards de jeunesse. Certaines revendiquent un pouvoir de séduction renouvelé, d’autres s’appuient sur une apparence jugée « plus jeune que leur âge », soulignant le poids du regard masculin. Julie Lavigne, Julie Beauchamp, Isabelle Wallach et Line Chamberland prolongent cette réflexion à partir d’entretiens menés avec des femmes lesbiennes et hétérosexuelles. Si les normes persistent, leurs récits divergent : plusieurs femmes hétérosexuelles rejettent l’idée de « prendre soin » d’un partenaire dépendant, tandis que des femmes lesbiennes valorisent la jeunesse et la féminité chez leurs partenaires. Isabelle Wallach s’intéresse ensuite à l’expression sexuelle chez les hommes vieillissants et observe, chez plusieurs hommes gais, le passage d’une sexualité axée sur la performance à une quête de connexion. Les récits d’hommes hétérosexuels demeurent centrés sur le coït, parfois diversifiés par les attentes de la partenaire ou les changements physiologiques, reflétant l’influence de scripts intériorisés. Enfin, Julie Beauchamp et Line Chamberland examinent les récits de divulgation de l’orientation sexuelle au cours du vieillissement, façonnés par des trajectoires marquées par l’absence de mots « pour se dire ». Si plusieurs s’inscrivent dans un désir de reconnaissance issu de certains mouvements sociaux, les stratégies restent multiples, entre affirmation de soi, crainte du rejet et volonté de normalisation. La deuxième partie s’ouvre avec l’analyse de Lucie Delias sur les usages que font les personnes âgées des sites de rencontre en France. Elle souligne les possibilités de redéfinition identitaire, mais aussi la reproduction de logiques marchandes fondées sur l’âge et l’apparence. Poursuivant sur les recompositions tardives, Chloé Dauphinais s’intéresse aux couples hétérosexuels formés dans la soixantaine. Elle met en évidence, notamment chez les femmes, une volonté de préserver leur autonomie et un refus de la cohabitation, révélant les disparités persistantes dans les attentes conjugales. Ce sont aussi les tensions entourant l’identité de proche aidant·e qui sont abordées par Isabelle Van Pevenage, Didier Dupont, Chloé Dauphinais et Valérie Bourgeois-Guérin. Leur enquête montre que plusieurs refusent ce statut au nom de l’amour ou de la loyauté, dans une relation où le soin est perçu comme un devoir implicite. Ce refus, visant aussi à préserver l’image de l’autre (non …

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