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Comptes rendus

Yves Jubinville et Édith-Anne Pageot (dir.), L’art en partage. Autour du rapport Rioux, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2024, 228 p.[Notice]

  • Guillaume Sirois

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L’année 2019 marquait le cinquantième anniversaire de la publication du rapport de la Commission d’enquête sur l’enseignement des arts au Québec, mieux connu sous le nom de Rapport Rioux. L’anniversaire aura été l’occasion de revisiter, à travers des évènements et des publications, ce texte marquant à bien des égards pour le développement des arts et de la culture au Québec et plus largement l’oeuvre du sociologue de la culture, Marcel Rioux, qui assurait la présidence de la commission. Souvent resté dans l’ombre de son illustre prédécesseur, le Rapport Parent, qu’il critiquait pourtant fermement, le Rapport Rioux demeure une « oeuvre inachevée », comme le proposent ici les directeurs de l’ouvrage, puisqu’il n’a pas permis de lancer un champ de recherche sur l’enseignement des arts, sujet encore très peu traité au Québec. L’ouvrage collectif présenté ici est formé de communications présentées à l’occasion d’un évènement soulignant cet anniversaire et d’autres textes commandés auprès de chercheurs et d’artistes-pédagogues. Cela explique sans doute le caractère quelque peu hétéroclite de l’ensemble. Alors que le sous-titre et l’introduction nous annoncent un ouvrage qui vise à évaluer l’héritage, à mettre en perspective et à critiquer le texte produit par la commission, les liens entre cet objet central et certaines contributions sont parfois ténus. C’est le cas par exemple du chapitre consacré aux logiques entrepreneuriales dans le secteur des arts et de celui dédié à un programme d’accompagnement destiné aux artistes de la diversité montréalaise. Au contraire, d’autres contributions procèdent d’une analyse serrée, et parfois très critique, du Rapport Rioux, discutant des grands cadres théoriques qui ont guidé ses analyses, soulignant ses apports et ses limites, parfois ses « aveuglements », et tentant de mesurer ses survivances dans le système d’éducation actuel. L’ouvrage est complété par les témoignages d’artistes qui se consacrent à l’enseignement (Eddy Firmin et Martine Beaulne), lesquels entremêlent trajectoire personnelle et perspectives critiques. Ces textes permettent ainsi d’avoir accès au point de vue de praticiens qui évoluent aujourd’hui dans un système universitaire qui a intégré la formation des artistes professionnels en grande partie grâce à la vision développée par le Rapport Rioux. Dans la courte introduction de l’ouvrage, qui rappelle quelques éléments de contexte sur le rapport et ses suites, les directeurs de la publication cherchent à présenter l’ensemble des contributions sous une perspective unifiée. Pour ce faire, ils en appellent brièvement à la théorie des savoirs situés, ce qui permet de justifier les perspectives contrastées qui se manifestent dans l’ouvrage, sans que toutefois les auteurs des chapitres ne reviennent individuellement sur cet ancrage théorique. Par ailleurs, l’introduction prévient le lecteur des différents statuts des textes qu’il trouvera dans le livre « tantôt polémique, tantôt poétique ou analytique ». En effet, si certaines contributions développent tout l’appareillage théorique et méthodologique attendu des textes scientifiques, d’autres sont plutôt d’ordre argumentatif défendant un point de vue bien particulier. Les contributions les plus intéressantes pour qui s’intéresse à l’impact historique du Rapport Rioux sur le développement des milieux artistiques et éducatifs québécois sont certainement celles réunies dans la première partie : un premier texte (Édith-Anne Pageot) aborde le rapport de manière très critique, sous l’angle de ce que l’autrice nomme la « discrimination raciale et son corollaire, la discrimination épistémique » dont font montre certains aspects du texte, alors que le président de la commission s’était pourtant intéressé aux cultures des premiers peuples dans ses travaux précédents; un second texte (Yves Jubinville) replace le Rapport Rioux dans une histoire de la formation théâtrale au Québec, ne faisant pas l’économie de certaines controverses qui l’ont parcourue; enfin, un dernier texte (Olivier Lemieux et …

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