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Bien-être et technologies numériques : quels enjeux pour l’apprentissage et l’enseignement au postsecondaire ?Introduction au numéro thématiqueWell-Being and Digital Technologies: Issues in Higher Education Learning and TeachingIntroduction to Special Issue[Notice]

  • Gaëlle Molinari,
  • Caterina Mamprin et
  • Bruno Poellhuber ORCID logo

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Au cours des deux dernières décennies, un intérêt croissant s’est développé pour le bien-être dans divers domaines, y compris en pédagogie universitaire, avec la mise en place d’initiatives visant à le favoriser chez les personnes apprenantes et enseignantes. Dans plusieurs pays, la question du bien-être et de la santé psychologique des étudiants et étudiantes intéressait déjà les établissements d’enseignement avant la pandémie, comme l’a démontré l’enquête panquébécoise « Sous ta façade » (Union étudiante du Québec, 2018) ainsi que d’autres travaux à l’international (p. ex. Auerbach et al., 2018). Cependant, c’est véritablement lors de la pandémie que ces préoccupations sont devenues prégnantes. En effet, plusieurs recherches en enseignement supérieur ont rapporté soit une hausse de l’anxiété ou du stress, soit une baisse du bien-être (Gilbert et al., 2021; Van De Velde et al., 2021). Ainsi, en plus des chercheurs et chercheuses, des établissements d’enseignement postsecondaire se préoccupent du bien-être étudiant, considéré désormais comme un des aspects importants de l’expérience étudiante, au même titre que la réussite scolaire. Certaines universités ont intégré le bien-être dans leurs orientations stratégiques, comme c’est le cas, par exemple, de l’Université Laval (2022). L’Université de Montréal a également publié le guide pratique Pour une pédagogie favorisant le bien-être psychologique de la communauté étudiante (Genest et al., 2022). Au Québec, le ministère de l’Enseignement supérieur a adopté en 2021 le Plan d’action sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur suivi en 2022 par le Cadre de référence sur la santé mentale étudiante. Dans la foulée, plusieurs universités ont adopté, ou sont en voie de le faire, des politiques institutionnelles axées sur le bien-être et la santé mentale des étudiants et étudiantes. Par ailleurs, un concours du Fonds de recherche du Québec en santé a conduit, en 2023, à la création de l’Observatoire sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (OSMÉES), dont la mission est de « contribuer à l’avancement et à la mobilisation des connaissances pour promouvoir et maintenir une culture favorable à la santé mentale étudiante en enseignement supérieur » (OSMÉES, 2023). Les relations entre bien-être et numérique sont cependant complexes. Tandis que le discours public tend à stigmatiser « les écrans », ce qui est soutenu notamment par des résultats de recherche sur la distraction (Dontre, 2021), les résultats d’autres études sont plus nuancés. Ainsi, les effets de l’usage des médias sociaux sur la santé mentale des étudiantes et étudiants universitaires peuvent être tantôt négatifs et tantôt positifs (Zhao, 2021), selon les usages qu’ils en font. D’autres utilisations du numérique présentent également des possibilités pour l’amélioration de la santé mentale et le traitement de certaines problématiques (Lattie et al., 2019). Néanmoins, des technologies et usages initialement conçus pour favoriser le bien-être et encourager des habitudes de vie reconnues comme bénéfiques à la santé, par exemple les montres intelligentes pour surveiller le sommeil ou l’activité physique, peuvent parfois conduire à une augmentation de l’anxiété. Pour appréhender les relations entre bien-être et numérique, il faut idéalement considérer le processus de conception, la formation des personnes utilisatrices ainsi que les usages d’un outil numérique donné. La préoccupation de plus en plus présente du bien-être et de la santé mentale des personnes étudiantes en enseignement supérieur a également eu une incidence sur l’expansion du corpus de recherche sur le sujet. Le bien-être est reconnu comme un concept polysémique, multidimensionnel et dépendant du contexte dans lequel il se manifeste (Ryff et al., 2021). En éducation et en psychologie, les courants hédonique et eudémonique du bien-être rassemblent des travaux et offrent des bases communes afin de mieux comprendre le phénomène à l’étude (Mamprin …

Parties annexes