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Comptes rendus

Marie-Aimée Cliche, La vie familiale dans la vallée du Saint-Laurent, XVIIe-XVIIIe siècles, Québec, Presses de l’Université Laval, 2024, 528 p.[Notice]

  • Karine Pépin

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  • Karine Pépin
    Université de Sherbrooke et Sorbonne Université

Dans La vie familiale dans la vallée du Saint-Laurent, XVIIe-XVIIIe siècles, l’historienne Marie-Aimée Cliche relève le difficile défi de rassembler l’ensemble des études portant sur l’histoire de la famille du Québec préindustriel pour en faire un tout cohérent. Première synthèse sur le sujet, il va sans dire qu’il s’agit d’un ouvrage attendu et bienvenu, d’autant plus qu’à cette période, la famille « constituait l’unité de base de la vie économique et sociale » (p. 299). L’ouvrage se concentre sur les familles d’origine européenne qui se sont enracinées dans la vallée du Saint-Laurent à partir de 1617, date à laquelle la première famille s’installe dans la colonie. Quant à la date de fin de l’étude, elle n’est pas évoquée aussi précisément, même si l’on comprend bien que l’ouvrage se rend jusqu’à la fin du xviiie siècle. Pour donner plus de profondeur à son analyse, l’auteure aborde les relations avec les Autochtones et effectue des comparaisons avec la métropole française et les treize colonies anglaises. L’auteure opte pour un plan thématique en sept chapitres, en tirant son inspiration de travaux des années 1960, qui datent certainement, mais qui ont l’avantage « de distinguer le “ prescrit ” du “ vécu ” » (p. 6). En ce sens, elle aborde les différents aspects de la vie familiale en les replaçant dans le contexte d’une société inégalitaire, hiérarchisée et patriarcale, mais aussi « soutenue par l’autorité de l’Église catholique » (p. 5). Pour appuyer la démarche, plusieurs concepts sont utilisés, mais définis rapidement : le patriarcat, le genre, le service familial, la reproduction familiale, l’agentivité, la résilience, les sphères séparées d’activités et la famille nucléaire. L’auteure explique son rejet du terme « traditionnel » par le fait qu’il est imprécis et ne permet pas « de saisir une réalité complexe et mouvante sans nous enliser » (p. 5). L’historienne interroge le poids des prescriptions des autorités administratives et ecclésiastiques sur les comportements des familles, mais aussi sur les différences entre la vie à la campagne et à la ville. La dernière problématique se rapporte au débat sur la situation favorable (ou non) des femmes (Noël 1981 et 1982; Dumont 1982). Cette question a obtenu depuis longtemps une réponse nuancée, mais il faut reconnaître qu’elle s’avère incontournable en raison des objectifs de cette synthèse. Le premier chapitre, le plus court, aborde les lois civiles et religieuses qui régissent la famille. L’auteure s’attarde sur l’évolution de la pensée post-tridentine plutôt que d’approfondir les lois canoniques entourant le mariage. Le second chapitre se concentre sur le choix du conjoint, en insistant non seulement sur l’importance de l’homogamie sociale et géographique, mais aussi sur les motifs d’opposition à une union et les moyens que peuvent utiliser les couples pour tenter de les surmonter. Il aurait cependant été intéressant que les dispenses de publication de bans soient évoquées, même brièvement (Gagnon 1993 : 179-183). Après avoir traité du remariage, le chapitre se poursuit sur le thème du célibat religieux et laïc. Pour les lectrices et lecteurs curieux, il aurait été pertinent d’offrir une définition sur le célibat laïc, étant donné la diversité des réalités (Cotts Watkins 1984; Bennett et Froide 1999; Devos, Schmidt et De Groot 2016). La dernière partie du chapitre se concentre sur les grossesses en dehors des liens du mariage, en contestant l’hypothèse de Serge Gagnon, qui avançait que certaines femmes utilisent les relations sexuelles comme une stratégie pour se marier. L’auteure conclut cet imposant chapitre en rappelant à quel point les parents, l’Église et l’État interviennent dans le choix du conjoint. Dans le troisième chapitre, les événements qui suivent le …

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