Journaliste, autrice, consultante et artiste, Élaine Hémond nous a quittées, laissant derrière elle un héritage immense et lumineux. Visionnaire, passionnée et profondément engagée, elle a consacré près de trois décennies à un projet essentiel : le développement du leadership politique des femmes. Son oeuvre la plus emblématique demeure la création, en 1998, du Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD), qu’elle a cofondé et dirigé pendant dix ans. Ce groupe est né de sa conviction profonde que l’éducation citoyenne est la clé de l’égalité : « Éduquer, c’est libérer. Et libérer, c’est permettre à chacune et chacun de prendre part à la démocratie » (Élaine Hémond, conférence GFPD, 2002). Sous son impulsion, le GFPD a conçu des outils pédagogiques novateurs et des activités inclusives, dans un esprit d’intersectionnalité. Grâce à cette vision, des centaines de femmes ont pu se former, s’affirmer et accéder aux lieux de pouvoir. Élaine croyait fermement que « [l]a démocratie n’est vivante que si elle est partagée » (Entrevue à Radio-Canada, 2005). Élaine a par la suite mis en oeuvre le Centre de développement femmes et gouvernance, en collaboration avec l’École nationale d’administration publique (ENAP); elle a porté cette mission à l’international, du Rwanda à la Tunisie, en passant par le Niger. Elle a aussi contribué à des projets phares, comme l’École Femmes et Démocratie, organisée par et pour les femmes des Premières Nations, puis les femmes inuites. Élaine Hémond a reçu de nombreuses distinctions, comme le Prix de la Gouverneure générale du Canada en commémoration de l’affaire « personne », le Prix Condorcet-Aron pour la démocratie, que lui a remis Simone Veil, le prix Égalité Thérèse-Casgrain et le titre d’officière de l’Ordre national du Québec. Ces témoignages confirment son influence et son engagement sans relâche pour une société plus juste et inclusive. J’ai eu le bonheur de partager avec elle le plaisir de l’écriture au sein du groupe Plum’elles. Elle publiait et présentait aussi des slams! Depuis dix ans, en plus d’agir comme bénévole à la Basse-Ville de Québec, Élaine avait repris avec plus d’intensité sa production d’oeuvres picturales, qui ont fait l’objet d’expositions dans quelques galeries. Est-il utile d’affirmer qu’Élaine Hémond a beaucoup apporté aux femmes du Québec, et d’une partie du monde? Nous lui devons toutes infiniment...
In memoriamÉlaine Hémond (1946-2025)[Notice]
- Marie Leclerc
Diffusion numérique : 22 janvier 2026
Un document de la revue Recherches féministes
Volume 38, numéro 2, 2025, p. i
Enjeux, résistances et solidarités féministes en contextes migratoires
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