Résumés
Résumé
Jean-Michel Basquiat (1960-1988) est salué dans le monde entier pour ses peintures viscérales, ses hommages aux figures de la culture noire et son utilisation de matériaux récupérés. Si la toxicomanie de Basquiat et sa mort prématurée font l’objet de nombreuses spéculations, la précarité dans la forme et le contenu de ses oeuvres a reçu moins d’attention. J’avance qu’un examen critique de cette précarité révèle les préoccupations constantes de Basquiat aux intersections de la race, de la classe sociale et du handicap. Comme l’ont souligné Christopher M. Bell et Jasbir K. Puar, les études sur le handicap n’abordent souvent pas de manière adéquate les questions de race et de classe, bien que les inégalités structurelles influencent profondément le développement du handicap. En apportant des nuances à l’esthétique du handicap théorisée par Tobin Siebers avec les études noires et les écrits de Puar sur la débilité, j’avance que l’oeuvre de Basquiat conteste les effets débilitants de l’antinégritude, du classisme et du colonialisme, tout en incarnant une vitalité résistante.
