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Recensions

Le bon sens à la scandinave. Politiques et inégalités sociales de santé, de Marie-France Raynault et Dominique Côté, avec la collaboration de Sébastien Chartrand, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2013, 170 p.[Notice]

  • Marie-Andrée Paquette

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L’impact des conditions sociales, plus particulièrement des inégalités et de la pauvreté, sur la santé des individus et des collectivités apparaît aujourd’hui comme incontestable. En effet, les conditions socioéconomiques à l’intérieur desquelles évoluent les individus et les groupes sociaux sont étroitement liées à leur exposition à certains facteurs de risque pour la santé. La reconnaissance de l’importance de ce problème a d’ailleurs pris de l’ampleur depuis 2008, alors que la Commission des déterminants sociaux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publiait son rapport Combler le fossé en une génération : Instaurer l’équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux de la santé. Depuis, plusieurs études ont corroboré les conclusions de ce rapport, notamment quant à l’importance de s’attaquer aux causes des inégalités de santé (pauvreté, écarts de revenus, éducation), de réduire les écarts dès le départ en investissant dans les services à la petite enfance, d’assurer une protection sociale complète et de compenser les effets des conditions défavorables existantes. Malgré cela, la tendance actuelle semble être à l’accroissement des écarts entre riches et pauvres dans l’ensemble des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), y compris le Canada. Or, les politiques publiques, sans être une panacée, sont reconnues pour jouer un rôle essentiel dans cette lutte aux inégalités sociales. Situant en ces termes la pertinence de leur objet d’étude (chap. 1), Marie-France Raynault et ses collaborateurs se fixent pour objectif d’identifier les politiques publiques qui sont les plus porteuses de succès pour la réduction des inégalités sociales et de la pauvreté, afin « d’éclairer les décideurs et les concepteurs de politiques » (p. 15). Le choix de s’appuyer, pour ce faire, sur l’exemple particulier des pays scandinaves (Suède, Norvège, Finlande, Danemark) est justifié par leur succès relatif en termes de réduction des inégalités et de la pauvreté (chap. 3). La forte concordance de leurs politiques (chap. 4) avec les stratégies préalablement identifiées (au chap. 2) comme favorables à la réduction des inégalités explique aussi ce choix. L’essentiel de l’ouvrage est consacré à la description détaillée des politiques scandinaves considérées comme porteuses pour la réduction des inégalités de santé, dans divers secteurs d’intervention. Ce faisant, il met en évidence un ensemble de préoccupations et de stratégies communes aux politiques adoptées dans ces différents secteurs, notamment en termes d’équité, d’empowerment (donner les moyens aux individus d’exercer du pouvoir sur leur vie et de prendre leur place comme citoyen), d’intégration et de transversalité, d’inclusivité et de décentralisation vers les municipalités. Plus spécifiquement, la lecture de cet ouvrage permet de prendre connaissance de politiques familiales (chap. 5) assurant une couverture étendue, constituées d’un ensemble de mesures cohérentes et flexibles (congés en cas de maladie des enfants, pauses d’allaitement, congés parentaux prolongés pouvant être pris à temps partiel et de manière interrompue dans les premières années de vie de l’enfant) et renforçant le pouvoir que les parents de jeunes enfants sont en mesure d’exercer sur leur vie. On y découvre également une politique du logement (chap. 6), qui, considérant non seulement le droit au logement mais aussi celui à un environnement de vie de qualité, s’inscrit de manière cohérente dans une perspective plus large de développement durable. Ainsi, en plus d’investir de manière importante dans les logements sociaux ou publics, d’offrir des allocations de logement et d’adopter des mesures encourageant la mixité socioéconomique, certains pays scandinaves ont placé ce secteur d’intervention sous la responsabilité de leur ministère de l’Environnement. L’équité entre les sexes (chap. 7) apparaît également comme un principe central des politiques scandinaves, dont l’application doit traverser l’ensemble des secteurs d’intervention et de politiques (gender mainstream

Parties annexes