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Introduction du numéro

Introduction à la psychologie ergonomique de Jacques LeplatUn parcours par les textes du numéro[Notice]

  • Frédéric Yvon et
  • Myriam Bérubé

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  • Frédéric Yvon
    Professeur au Département d’administration et fondements de l’éducation de l’Université de Montréal ; f.yvon@umontreal.ca

  • Myriam Bérubé
    Candidate au doctorat en Sciences de la réadaptation, Université de Montréal

Jacques Leplat est le fondateur de la psychologie ergonomique (Leplat, 1980). Il a été un pionnier dans son champ en participant aux premiers travaux en ergonomie et en analyse du travail (Faverge, Leplat et Guiget, 1958). Grand lecteur et homme de synthèse, il s’est efforcé tout au long de sa vie de constituer un corps de connaissances qui puissent être utiles à l’intervention. S’inscrivant dans une perspective pluridisciplinaire, il ne s’est jamais arrêté à une seule approche théorique. Il se plaisait à les croiser sur les mêmes objets pour en examiner la complémentarité, sans les hiérarchiser. Il aimait à cultiver l’analyse des concepts scientifiques en examinant comment ils étaient définis dans chacune des approches théoriques disponibles. Il se livrait ensuite à un travail d’orfèvre pour en stabiliser la signification et mettre en évidence les zones d’ombre. Curieux, généreux et bienveillant, il a transmis à des générations d’ergonomes et de psychologues du travail le sens de la rigueur dans l’usage des concepts et de la modélisation. Jacques Leplat rendait accessibles les concepts de l’ergonomie et encourageait les jeunes chercheurs à un travail conceptuel exigeant. Il guidait et orientait ces derniers par des échanges directs toujours bienveillants et stimulants. Avec nuance et délicatesse, il éclairait les travaux qu’on lui soumettait en les plaçant dans une perspective historique, nous invitant toujours à relire les travaux fondateurs en ergonomie : « La relecture des discussions qui ont passionné des psychologues de cette époque peut aider à mieux saisir les concepts plus à la mode aujourd’hui, mais dont la nature n’est pas toujours clairement définie. » (Leplat, 2001a, p. 42) Jacques Leplat est entré à l’âge de 30 ans au Centre d’Études et de Recherches Psychotechniques (CERP) dirigé, à l’époque, par Pierre Ombredane. Il en a dirigé le service de la recherche de 1958 à 1966. Il a ensuite été nommé directeur du Laboratoire de psychologie du travail de l’EPHE (École Pratique des Hautes Études) de 1966 jusqu’à sa retraite en 1989. De 1967 à 1989, il a été directeur exécutif de la revue Travail humain. Il a co-fondé la Société d’Ergonomie de Langue Française en 1963 avec, entre autres, Jean-Marie Faverge et Alain Wisner. Il a écrit près d’une centaine d’articles entre 1955 et 2018, 50 chapitres de livres et 21 livres. Dans PISTES, en particulier, il a fait paraître, quatre articles scientifiques et 37 recensions d’ouvrages. À travers ces articles et ouvrages, Jacques Leplat a outillé la recherche en psychologie ergonomique en travaillant sur des concepts fondamentaux dans une perspective pluridisciplinaire : La psychologie ergonomique, telle que conceptualisée par Jacques Leplat, est « constituée par l’ensemble des connaissances psychologiques pertinentes à l’analyse et à la solution des problèmes ergonomiques » (Leplat, 1980, p. 6). On entend par ergonomiques les problèmes concernant l’aménagement, la modification et l’adaptation « des conditions de travail, en fonction des critères dont les plus importants caractérisent le bien-être des travailleurs (santé, sécurité, satisfaction, confort, etc.) » (Ibid.). L’un des apports importants de la psychologie ergonomique est qu’elle repose, de manière égale, autant sur les dimensions objectives que sur les dimensions subjectives du travail, ou pour le dire dans le vocabulaire de la psychologie ergonomique, autant sur les conditions externes que sur les conditions internes et leur couplage (Leplat, 1992). S’il peut s’agir d’une évidence quand on parle de psychologie ergonomique, cette inclusion permet d’élargir le champ de l’intervention ergonomique – dont les origines sont ancrées dans les études médicales et physiologiques – et d’intégrer l’analyse du fonctionnement cognitif et de la subjectivité dans l’analyse ergonomique du travail. Cette idée est centrale : l’activité de travail résulte …

Parties annexes