Ce dossier spécial articule deux mouvements complémentaires : les réseaux au service de l’internationalisation des firmes et l’internationalisation, parfois forcée, des réseaux eux-mêmes. Les quatre contributions réunies ici montrent que la performance et la résilience des acteurs internationaux ne reposent plus uniquement sur la mobilisation de réseaux préexistants, mais sur la capacité à orchestrer simultanément ces deux dynamiques réciproques. Valérie Fossats et Anastasia Sartorius-Khalapsina ouvrent le dossier avec « Le management régional des réseaux en Asie ». À partir de trente entretiens approfondis auprès de trois FMN européennes opérant en BtoB, elles montrent comment l’interdépendance instaurée par le RCEP (Regional Economic Comprehensive Partnership) impose une coordination multi-pays flexible et identifient la gestion simultanée des réseaux locaux et régionaux comme capacité dynamique distinctive, enrichissant sensiblement le modèle révisé d’Uppsala. Matthieu Cabrol, Véronique Favre-Bonté et Ekaterina Le Pennec proposent « Processus de résilience et réseaux pour surmonter un choc exogène : le cas de PME internationales russes durant le conflit russo-ukrainien ». Leur étude longitudinale de deux ans révèle quatre phases de résilience et théorise « l’internationalisation forcée des réseaux » : rupture brutale des liens occidentaux, mobilisation de réseaux informels de survie, réorientation Est/Sud, puis refondation autour de plateformes institutionnelles et digitales nationales. Dans le troisième article intitulé « Typologie des réseaux sociaux distants lors de l’expatriation : une analyse fonctionnelle et processuelle », Olivier Mérignac et Marie-Laure Grillat construisent, à partir d’une méthodologie mixte séquentielle, une typologie de cinq types de liens transfrontaliers et mettent en lumière le rôle déterminant du conjoint et des outils numériques dans la constitution d’un capital social hybride, complémentaire des réseaux locaux. Mariana Vargas Braga da Silva, Frédéric Prévot et Luis Felipe Nascimento clôturent le dossier avec « Mapping international scientific production on social diversity in the context of ESG ». Leur analyse bibliométrique comparative révèle des agendas thématiques profondément clivés entre pays à haut revenu et économies à revenu intermédiaire ou faible, formulant un plaidoyer pour une internationalisation effective des réseaux académiques. Ces quatre contributions confirment que l’internationalisation contemporaine est fondamentalement relationnelle et que sa compréhension exige de saisir la transformation même des réseaux sous l’effet des trajectoires des organisations qui les activent. Pour compléter et enrichir ce dossier, nous vous proposons trois notes de lecture permettant de mieux comprendre les dynamiques en action sur le continent africain qui a accueilli à Marrakech la conférence ATLAS AFMI de 2024. Marx Valax présente tout d’abord l’ouvrage rédigé par Suzane Apitsa et Eric Milliot intitulé « Innovation, Logistics, and Development in Africa –Challenges and Development Opportunities” qui thème après thème, étudie les transformations de l’écosystème africain. Pour sa part, Amine Balambo a choisi de mettre l’accent sur l’ouvrage de Zahra Maafiri consacré aux femmes entrepreneures dans le secteur de l’exportation au Maroc. Enfin, Fedoua Tounassi nous propose de nous intéresser à l’ouvrage collectif coordonné par Léonce Ndikumana et James K. Boyce qui est lui consacré à un phénomène coûteux pour le continent africain, la fuite des capitaux.
Mot des rédacteurs invités : Réseaux, Résilience et Internationalisation[Notice]
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Oumaima Chamchati
HEM Research Center, HEM LCI Education
oumaima.chamchati@lcieducation.comMohamed Nabil El Mabrouki
Université Cadi Ayyad, Marrakech et HEM Research Center, HEM LCI Education
nabil.elmabrouki@gmail.comCaroline Bedouk-Minialai
HEM Research Center, HEM LCI Education
caroline.minialai@gmail.comAhmed Sabbari
Université Cadi Ayyad, Marrakech
a.sabbari@uca.ac.ma

