Pour les entreprises, faire le choix de l’internationalisation guidée par des objectifs de performance implique en amont la gestion des incertitudes, que celles-ci soient liées aux innovations, au management de l’interculturalité ou aux adaptations aux contextes internationaux. Ce dossier spécial présente six articles explorant les facteurs organisationnels et humains qui, face aux incertitudes, influencent le succès à l’international. Plus particulièrement, ils explorent les mécanismes internes de prise de décision, d’apprentissage et de collaboration dans des environnements complexes et évolutifs. Ils soulignent aussi l’importance de la flexibilité stratégique, de la capacité d’innovation et de l’alignement entre partenaires, notamment dans les coentreprises internationales. En somme, ces recherches mettent en lumière les défis et leviers de la compétitivité des entreprises à l’international. Elles proposent des approches mêlant structure, culture, genre, et stratégie (notamment de décarbonation), approches plurielles indispensables au Management International. Ces articles sont issus de travaux présentés lors de la Conférence annuelle d’Atlas-AFMI (Association Francophone de Management International), organisée du 3 au 5 juillet 2023 par l’Institut d’Administration des Entreprises Bordeaux, « école universitaire de management ». Le premier article proposé par Christoph Barmeyer, Eric Davoine et Birgit Gabriel aborde l’émergence de nouvelles pratiques organisationnelles dites synergétiques dans un environnement binational plus précisément dans le cas de ARTE. Leurs résultats identifient trois types de facteurs facilitant le développement de ces pratiques synergétiques : les structures organisationnelles, les compétences des acteurs, et la régulation du processus d’apprentissage. Dans le deuxième article, les auteurs Hamadou Boubacar et Ghassen Bouslama explorent l’impact de la diversité de genre au sein de conseils d’administration sur la performance financière des PME françaises internationales. Ses résultats suggèrent, en tenant compte du type d’internationalisation, que la présence de femmes au conseil d’administration exerce un impact positif sur la performance financière des PME exclusivement exportatrices. Toutefois, cette présence aurait un effet négatif sur la performance financière de celles qui s’internationalisent uniquement par filiales ou qui combinent exportation et filiales. Le troisième article présente les travaux de Josée St-Pierre, Crispin Enagogo, Jean Pierre Menguele et Jalal El Fadil. Il se focalise sur les comportements adoptés par des PME exportatrices face aux risques de leurs activités internationales. L’analyse de 235 PME manufacturières exportatrices québécoises révèle une diversité de comportements que l’étude explique par le contexte de risque et le degré d’engagement à l’exportation. Les résultats de cette recherche montrent que les PME les plus fortement engagées sur des marchés éloignés sont plus actives en matière de gestion des risques et enregistrent aussi des taux supérieurs de performance globale. Le quatrième article de Magdalena Godek Brunel et Dora Triki met en évidence les processus d’internationalisation des entreprises innovantes employant des logiques décisionnelles distinctes qui diffèrent de ceux des entreprises traditionnelles dans les industries matures. Les auteurs ont mené une étude longitudinale sur les logiques décisionnelles de cinq entreprises innovantes françaises à différents stades de leur internationalisation. Leurs résultats montrent que les logiques décisionnelles des managers peuvent évoluer à plusieurs reprises tout au long du processus d’internationalisation, en fonction du contexte et des ressources en particulier lorsque les entreprises sélectionnent leur marché cible et pénètrent ensuite ce marché. Le cinquième article écrit par Jihene Cherbib, Joao Avila et Maryem Cherni nous propose une étude examinant les facteurs déterminants de l’ambidextrie dans les coentreprises internationales agroalimentaires et son influence sur l’innovation des modèles d’affaires. À partir d’une approche qualitative longitudinale, leur analyse de cinq coentreprises internationales entre des PME et des multinationales, se concentre sur l’interaction entre l’orientation « innovation » et l’orientation « apprentissage » des partenaires, ainsi que le niveau d’ambidextrie qui en résulte. Leurs résultats démontrent que l’ambidextrie est une condition préalable essentielle …
Mot des rédacteurs invités : 13ème Conférence annuelle Atlas-AFMI[Notice]
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Johannes Schaaper
Université de Bordeaux (IAE Bordeaux)
johannes.schaaper@u-bordeaux.frEmmanuelle Sauvage
Université de Bordeaux (IAE Bordeaux)
emmanuelle.sauvage@u-bordeaux.frFranck Duquesnois
Université de Bordeaux (IUT Bordeaux)
franck.duquesnois@u-bordeaux.fr

