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Comptes rendus

Étienne Faugier. Les Québécois au volant : la révolution de l’automobilisme dans la région de Québec, xixe-xxe siècles, Québec, Éditions du Septentrion, 2024, 306 p.[Notice]

  • Nicole Neatby

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  • Nicole Neatby
    Saint Mary’s University

Dans cette étude, l’auteur analyse l’automobilisme dans la région de Québec de la fin du xixe siècle jusqu’aux années 1960. Il entend par ce terme « les connexions entre les différents “mondes de l’automobile”. La route et ses abords, la signalisation, la faune, les groupes de pression, les pouvoirs publics, les usagers de la route, les textes de loi » (p. 278). Qui plus est, il s’intéresse à l’adoption et à l’intégration d’une grande diversité de transports motorisés, y compris les tracteurs, les camions, les autobus, les motoneiges. En somme, il compte montrer que cet automobilisme engendre une révolution du fait qu’il « modifie les pratiques touristiques, alimentaires, sportives et urbanistiques […] durant cette première moitié du xxe siècle » (p. 216). Disons pour commencer que par son sujet, cette étude apporte une importante contribution. Comme le fait remarquer l’auteur, les historiennes et historiens du Québec se sont peu intéressés à l’intégration des transports motorisés dans la province et à leur influence. Celles et ceux qui abordent le sujet « se sont [non seulement] focalisés sur l’automobile […] en délaissant le reste des véhicules à moteur » (p. 19) mais, par ailleurs, elles et ils l’ont surtout fait pour enrichir l’analyse d’autres développements, notamment la montée du tourisme de masse, ou encore la croissance de l’urbanisation. Si, au premier abord, on aurait pu penser que l’auteur avait par trop circonscrit son objet d’étude en s’intéressant à l’automobilisme dans la région de Québec, on apprécie rapidement qu’il fournit de fait une étude des relations entre les Québécois et les véhicules motorisés à l’échelle de la province, y compris en ville et à la campagne. En effet, afin de bien rendre compte des développements qui transforment la région de la capitale provinciale, il les situe dans le contexte plus large des transformations qu’occasionne la conduite de véhicules motorisés sur tout le territoire québécois. Ainsi, par exemple, il suit étape par étape l’intervention grandissante et le rôle de plus en plus prépondérant de l’État, par l’entremise du ministère de la Voirie, dans le développement du réseau routier, la signalisation, ou encore en promulguant des lois régissant la conduite de véhicules motorisés. Mais afin de créer un fil conducteur et d’éviter l’éparpillement vu l’ampleur du sujet, l’auteur consacre en partie son analyse aux activités et aux priorités du Club automobile de Québec (CAQ). Il s’agit d’un point d’ancrage bien pensé puisque cette association est de tous les combats dès sa création en 1912. Ainsi « [l]e CAQ joue le rôle d’initiateur de la politique routière » (p. 58), mais mène aussi des campagnes pour « civiliser les comportements » au volant (p. 126). De plus, ses locaux serviront de bureau de tourisme municipal à Québec, illustrant on ne peut plus clairement les liens étroits tissés entre l’automobilisme et l’industrie du tourisme. Cette étude recèle de plus une variété d’informations qui montrent l’ampleur de l’influence qu’a pu avoir l’adoption des modes de transport motorisés. Ainsi, il est possible de suivre comment, progressivement, on en vient à établir des normes et des mécanismes pour assurer la sécurité routière. Ces développements expliquent l’émergence de l’assurance automobile ou encore des écoles de conduite. C’est dire que l’auteur montre indirectement que des pratiques qui semblent aller de soi aujourd’hui pour réduire le risque émergent graduellement et donnent lieu à des changements culturels significatifs. Il note, entre autres, que « [l]’automobilisme est un des facteurs qui font entrer les Québécois dans la société du risque ». Il veut dire par là qu’afin de se prémunir contre les risques associés à la conduite automobile, on fait appel à « …

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