Résumés
Résumé
Police Journal représente une proposition éditoriale inédite dans le paysage de la presse périodique québécoise. À mi-chemin entre le journalisme politique des années 1920 et 1930 et le journal à sensation des années 1950, le magazine rallie massivement les petites salariées et petits salariés autour d’un discours populiste et avant-gardiste pour la justice sociale. Cet article porte sur l’analyse poétique de 105 carnets éditoriaux parus entre 1942-1945, soit les trois premières années de parution de Police Journal. Derrière les éditoriaux se cache un Robin des bois de la presse québécoise qui a plusieurs raisons d’endosser ce rôle. Détroussant symboliquement les riches au profit des pauvres, veillant à ce que les impôts servent bien ces derniers, le brigand des grands et petits chemins montréalais manie habilement une rhétorique populiste atteignant de ses flèches les gardiennes et gardiens de l’ordre et quelques publications concurrentes. Ainsi, ses partis pris sociaux sont cohérents avec la position du magazine, lequel participe au développement d’un créneau lowbrow, que je propose de traduire par « bas de gamme ».
Abstract
Police Journal represents a novel editorial enterprise in the Quebec periodical press landscape: halfway between the political journalism of the 1920s-1930s and the sensationalist press of the 1950s, the magazine rallies small wage-earners around a populist, and yet avant-garde discourse of social justice. This article analyses 105 editorials published in the first years of the periodical (1942-1945). Behind the editorials lurks a Robin Hood of the Quebec press with a few reasons to wear the hood. Symbolically stealing from the rich to give to the poor, ensuring that taxes serve the latter, and protecting the oppressed, the brigand of Montreal’s neighbourhoods skillfully wields populist rhetoric and arrows at the guardians of law and order, but also at some of his competitors. His social biases are consistent with the post-war periodical market, where a lowbrow niche is developing, following Police Journal’s lead.
