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Recensions

Louise J. Lawrence, Peter-Ben Smit, Hannah M. Strømmen, Charlene van der Walt, ed., Challenging Contextuality : Bibles and Biblical Scholarship in Context. New York, Oxford, Oxford University Press, 2024, x-416 p.[Notice]

  • Sébastien Doane

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  • Sébastien Doane Université Laval, Québec

L’ouvrage collectif Challenging Contextuality rassemble vingt et un chapitres qui explorent la manière dont les contextes sociaux, politiques, corporels et idéologiques façonnent à la fois la lecture de la Bible et la discipline des études bibliques elles-mêmes. L’ambition du livre est clairement formulée dès l’introduction : il ne s’agit plus simplement d’affirmer que « le contexte compte », mais de montrer que la contextualité doit devenir un véritable défi épistémologique pour l’ensemble des études bibliques. Les directeurs et directrices de l’ouvrage soutiennent que même les approches dites « classiques » — notamment historico-critiques — sont elles-mêmes contextualisées, puisqu’elles émergent d’horizons intellectuels précis, souvent européens et marqués par l’héritage des Lumières. Cette remise en question de la prétention à la neutralité constitue le fil rouge de l’ensemble du volume. Comme le dit Charlene van der Walt : « All Bible reading is done in an embodied and contextual way. We read the Bible in our context and from our own position through the filter of our own embodied experience » (p. 54). L’ouvrage est structuré en trois grandes parties. La première, « Contextual Biblical Scholarship », est probablement la plus concrète. Elle s’ouvre avec un chapitre de Gerald O. West retraçant l’histoire conceptuelle du « Contextual Bible Study » comme pratique de libération en Afrique du Sud. Ce texte ancre historiquement les approches contextualisées dans les luttes sociales. D’autres contributions illustrent ensuite diverses formes de lectures situées : Charlene van der Walt traite de la diversité sexuelle en Afrique comme une réalité vécue qui influence l’interprétation biblique ; Adriaan van Klinken et Johanna Stiebert lisent le livre de Daniel avec des réfugiés LGBTQ+ ougandais à Nairobi ; Hannah Lewis propose une perspective de libération pour les personnes sourdes et handicapées ; Helen C. John réfléchit aux approches interculturelles et transculturelles. Enfin, Helen Cameron et Andrew Rogers comparent le « Theological Action Research » développé à Oxford avec le « Contextual Bible Study ». Cette première partie se distingue par sa forte attention aux voix marginalisées et aux pratiques collaboratives de lecture biblique. Pratiquement tous les chapitres font référence à la pratique populaire d’interprétation contextuelle de la Bible développée en Afrique du Sud. La deuxième partie, « Challenging Biblical Scholarship », déplace la réflexion vers les structures universitaires elles-mêmes. Les auteurs y interrogent les mécanismes de pouvoir, de représentation et de privilège qui traversent le champ des études bibliques. Une réédition d’un article marquant de Wongi Park critique le caractère historiquement monoracial et blanc des études bibliques occidentales et plaide pour une discipline véritablement multiraciale. L’autrice vise notamment la manière dont la méthode historico-critique universalise la « blancheur », qui demeure une norme implicite dans l’Université : « Whiteness […] is a methodological norm that privileges and universalizes a White Eurocentric history, identity, and methodology […] It is simultaneously everywhere and nowhere, invisible and omnipresent, embedded in the discursive framework of biblical studies » (p. 163). Une voie de solution réside, selon elle, dans la contextualisation de l’interprétation biblique, qui doit s’ouvrir à une diversité de textes, de lectures et d’interprètes (p. 167). Peter-Ben Smit réfléchit à la diversification du champ comme forme de renouvellement des sciences humaines, tandis que Louise J. Lawrence analyse les notions de privilège, de marginalité et de représentation dans les études bibliques contextualisées. Klaas Spronk propose une réflexion sur la vengeance de Dieu, centrale dans le livre de Nahum, à partir de contextes marqués par l’horreur de la guerre. Le chapitre de Knut Holter porte sur le colonialisme en Afrique pour les lecteurs « professionnels » et « ordinaires ». Safwat Marzouk analyse l’importance du lieu dans …

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