Résumés
Résumé
L’une des innovations majeures introduites par Patočka dans le paysage conceptuel de la phénoménologie consiste dans la théorie des trois mouvements de l’existence humaine, à travers laquelle il cherche à fournir une compréhension renouvelée de la subjectivité. C’est dans le contexte de l’élaboration de cette doctrine qu’il propose une élucidation nouvelle du statut de l’affectivité. En effet, dans la mesure où chaque mouvement représente une modulation de l’ouverture au monde propre à l’existence, et pour autant que toute manifestation de la vie humaine est imprégnée par une atmosphère affective, la distinction des trois mouvements de l’existence semble fournir le fil conducteur permettant de cartographier systématiquement le domaine de l’affectivité. Pourtant, dans la plupart des développements consacrés à cette question, Patočka limite la portée de l’affectivité à la sphère du premier mouvement de l’existence. Ma démarche sera portée par une double interrogation. Tout d’abord, il convient d’élucider les raisons qui ont conduit Patočka à avancer une telle description de l’affectivité et à établir un lien intime entre la sphère affective et le processus d’ancrage dans le monde caractéristique du premier mouvement. Deuxièmement, il s’agira d’examiner si l’amplitude de la vie affective ne déborde pas cette relation de connivence ou d’appartenance au monde et, en particulier, de scruter la possibilité de déceler des figures ou des déclinaisons de l’affectivité qui déterminent le deuxième et le troisième mouvements de l’existence.
Abstract
One of the major innovations introduced by Patočka into the conceptual landscape of phenomenology consists in the theory of the three movements of human existence, through which he seeks to provide a fresh understanding of subjectivity. In the context of elaborating this doctrine, he proposes a new elucidation of the status of affectivity. Indeed, insofar as each movement represents a modulation of the openness to the world specific to existence, and insofar as every manifestation of human life is imbued with an affective atmosphere, the distinction between the three movements of existence seems to provide the guiding thread for systematically mapping the domain of affectivity. However, in most of his developments on this question, Patočka limits the scope of affectivity to the sphere of the first movement of existence. My approach will be guided by two questions. First, I wish to elucidate the reasons that led Patočka to advance such a description of affectivity and to establish an intimate link between the affective sphere and the process of anchoring in the world characteristic of the first movement. Secondly, I will examine whether the scope of affective life extends beyond this relationship of connivance or belonging to the world and, in particular, I will scrutinize the possibility of detecting figures or variations of affectivity that determine the second and third movements of existence.
