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Recensions

Sébastien Doane, Alexandre Kabera, dir., Interpréter la Bible en contextes africains et afro-descendants. Québec, Presses de l’Université Laval (coll. « Réécriture et rupture »), 2025, viii-197 p.[Notice]

  • João André Florentino

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  • João André Florentino Université Laval, Québec

L’ouvrage s’ouvre sur une introduction intitulée « S’introduire aux interprétations africaines de la Bible en dialogue avec Philippe et l’Éthiopien » (p. 1-18), rédigée par Sébastien Doane et Pacifique Kambale. Les auteurs y posent les bases d’une exégèse décolonisée et éthiquement engagée, invitant à une lecture orientée vers la justice et la transformation sociale. En commençant par l’aphorisme africain sur l’arrivée des missionnaires : « Quand les missionnaires sont venus en Afrique, ils avaient la Bible et nous avions la terre. Ils ont dit “Prions”. On a fermé les yeux. Quand nous les avons ouverts, nous avions la Bible et ils avaient la terre ! », les auteurs montrent l’ambivalence de la Bible, historiquement associée à la fois à la colonisation et à la libération. Ils précisent que le coeur de la question est de savoir comment interpréter la Bible alors qu’elle a été impliquée dans des systèmes de domination culturelle, économique et raciale. Comme métaphore structurante de l’ouvrage, ils utilisent l’épisode d’Actes 8,27-39. Doane et Kambale n’idéalisent pas le texte : ils reconnaissent les asymétries de pouvoir, mais soulignent son potentiel subversif. Dans le premier chapitre, « Se déplacer entre les lieux et les disciplines » (p. 19-47), Ronald Charles réfléchit sur l’herméneutique biblique en contextes africains et afro-descendants, articulée à partir de son expérience de vie et de sa formation académique. À partir de son parcours, Charles montre comment les livres et la pratique de la lecture sont devenus des outils de refuge et des instruments de résistance, forgeant chez lui une conscience sociale et intellectuelle, au sein d’une enfance marquée par la pauvreté, la violence politique et la répression. À partir de son parcours éducatif (d’Haïti au Canada), il montre l’impact du déplacement géographique et de la diaspora dans la construction du savoir. Il démontre que l’interprétation biblique doit prendre en compte les contextes sociaux, politiques et raciaux de l’interprète. Pour l’interprétation biblique en contextes africains et afro-descendants, Charles pointe la traduction culturelle comme méthode centrale de l’interprétation et définit la fonction de l’interprète comme un médiateur qui agit entre la tradition, les textes et les contextes. Le deuxième chapitre, « Herméneutiques africaines de la Bible : fondamentaux et défis d’une herméneutique contextuelle identitaire » (p. 49-87), écrit par Moïse Adéniran Adékambi, se lance dans l’approche conceptuelle de l’herméneutique biblique africaine. Il montre l’enracinement de l’herméneutique biblique africaine et afro-descendante dans l’expérience culturelle, historique et religieuse. Il en souligne la spécificité à partir de ses principales caractéristiques — son orientation afro-centrée, pastorale, contextuelle et théologique — dans sa volonté d’interpréter la Bible « avec des yeux africains ». Il aborde aussi la méthodologie, mettant en avant la médiation herméneutique et le « triangle herméneutique », articulé par l’Afrique, la Bible et la théologie africaine. Adékambi s’appuie sur les travaux de Paul Béré, Jean Koulagna et P. Poucouta pour parler de la centralité de l’oralité et de la mémoire collective africaine. Enfin, Adékambi aborde ces questions en soulignant la nécessité d’une reconnaissance académique des approches africaines et la préservation de la normativité éthique. Dans le troisième chapitre, « Chanter le Dieu d’Israël sur une terre étrangère (Ps 137 [136]) ? Dire Dieu dans ses terres ! Le pari réussi de Jean-Marc Éla » (p. 89-115), Ignace Ndongala Maduku propose une réflexion sur la relation entre la théologie africaine et les épistémologies occidentales, en prenant comme lentille herméneutique le Psaume 137 ainsi que l’oeuvre de Jean-Marc Éla comme référence. À partir d’une proposition de lecture du psaume, Maduku attire l’attention sur l’imposition d’un discours théologique étranger et propose un parallèle avec l’étrangeté et la marginalisation …

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