Certaines fonctionnalités et contenus sont actuellement inaccessibles en raison d'une maintenance chez notre prestataire de service. Suivez l'évolution

Recensions

Sylvain Brison, Florent Dumontier, Denis Hétier, dir., Imaginer en art et en théologie. La puissance imaginative est-elle théologienne ? Paris, Les Éditions du Cerf (coll. « Patrimoines »), 2023, 394 p.[Notice]

  • Thomas Michaud

…plus d’informations

  • Thomas Michaud
    Université du Littoral, Côte d’Opale, Calais

Cet ouvrage est issu du colloque organisé à l’Institut Catholique de Paris (ISTA/Theologicum) du 24 au 26 mars 2022, rassemblant des théologiens, des historiens de l’art, des philosophes, poètes et artistes autour de la question de la fonction de l’imagination dans la réflexion théologique. La question centrale est : « la puissance imaginative est-elle théologienne ? ». Elle vise à définir dans quelle mesure l’imagination artistique, poétique et symbolique peut jouer un rôle de médiation, de révélation et d’ouverture au mystère dans le cadre d’une pensée chrétienne. L’ouvrage contribue à réhabiliter l’imagination dans la pensée chrétienne, une faculté qui a longtemps été vue avec circonspection, la théologie étant souvent méfiante à son égard, la suspectant d’ouvrir à l’irrationnel. Or, les différentes contributions présentent l’imagination comme un champ légitime de recherche et d’expression. Toutefois, cette ouverture implique une théologisation de l’imaginaire, c’est-à-dire un dialogue avec la tradition et le dogme. Les arts, comme la peinture, la sculpture, l’architecture, la poésie, le cinéma, etc., permettent par exemple d’incarner des visions de Dieu, de l’homme et du cosmos que la seule parole doctrinale ne peut pas exprimer. Ainsi, un des enjeux de l’ouvrage est de ne pas laisser l’imaginaire devenir autonome et hors de contrôle par rapport à la foi. Il doit accompagner la révélation, sans la remplacer. Certains risques sont formulés, comme le subjectivisme, voire l’hérésie quand l’imaginaire s’affranchit du fondement christologique. L’ouvrage suggère la nécessité pour l’imagination d’être audacieuse tout en restant fidèle à une certaine rigueur doctrinale. Ainsi, la puissance imaginative doit dialoguer avec la révélation, la tradition, la raison et l’expérience spirituelle pour que ses créations soient « théologiennes », c’est-à-dire qu’elles participent à l’intelligence de la foi sans la trahir. Ainsi, le livre propose une utilisation accrue de l’imagination dans la vie chrétienne, par exemple au niveau de la méditation, de la prière, de la prédication ou de la création artistique. Sylvain Brisson, dans un chapitre introductif, affirme par exemple que « l’imagination permet non seulement de rendre compte du réel pour le vivre, mais transforme le monde pour faire advenir le Royaume de Dieu par-delà les aléas de l’histoire » (p. 16). Il parle même d’une « imagination divine » du monde (p. 22). Il expose la position centrale de l’ouvrage en une citation : Dans un chapitre intitulé « Le corps imaginé », Denis Hétier examine le chemin de croix de l’église Saint-Saturnin à Champigny-sur-Marne comme le cas concret d’une oeuvre qui imagine le corps du Christ. Il étudie la lecture théologique de cette oeuvre qui fait aussi appel à l’imagination de l’artiste. Il se demande si cette puissance imaginative est théologienne, c’est-à-dire si elle peut participer à la révélation chrétienne. Laure Solignac s’intéresse à la conception de l’imagination chez saint Bonaventure, dans l’une de ses dernières conférences parisiennes, prononcée au printemps de l’année 1273. Elle explique que le philosophe est l’héritier d’une lignée de penseurs qui considèrent l’imagination comme la puissance de l’âme la plus proche du corps avec la sensation. S’il admet que l’imagination peut être perçue comme un danger constant dans la vie spirituelle, car pourvoyeuse d’illusions, de contrefaçons, de distraction et d’évasion, il en propose une « reformation » par la grâce : « Ces six degrés (sens, imagination, raison, intellect, intelligence et syndérèse) nous les avons en nous, plantés par la nature, déformés par la faute, réformés par la grâce. Ils doivent être purifiés par la justice, exercés par la science, parfaits par la sagesse » (p. 63-64). Frédéric Cousinié revisite la notion de mundus imaginalis (monde imaginal), une notion philosophico-théologique et mystique qui relie visible et invisible. Il étudie les …

Cadenas

L’accès à cet article est réservé aux institutions et personnes abonnées, seul le résumé ou un extrait est affiché.

Consultez nos options d’accès pour obtenir plus d’informations.

Options d’accès

Parties annexes