Résumés
Résumé
Selon deux thèses largement répandues, la phénoménologie est une philosophie du « sujet », de la « conscience ». Et c’est précisément pour cette raison que Deleuze est censé ne pas être un phénoménologue. Dans cet article, j’entreprendrai de réfuter ces deux thèses, en confrontant Deleuze et Richir à travers le prisme des notions d’« anarchie » et de « sens » et de leur interrelation. Je plaiderai en faveur d’une phénoménologie de la formation du sens, de la Sinnbildung ; et j’essaierai de comprendre dans quelle mesure on peut dire que Deleuze est un « phénoménologue » — en un sens qu’il faudra préciser. À cette fin, je me concentrerai principalement sur les magna opera de Deleuze, Logique du sens (1969), et de Richir, Méditations phénoménologiques (1992).
Abstract
According to two widely-held theses, phenomenology is a philosophy of the “subject”, of “consciousness”. And precisely for this reason, Deleuze is supposed not to be a phenomenologist. In this paper, I will set out to refute these two theses, bringing together Deleuze and Richir through the prism of the notions of “anarchy” and “sense” and their interrelation. I will argue in favour of a phenomenology of formation of sense, of Sinnbildung ; and I will try to understand to what extent Deleuze can be said to be a “phenomenologist” — in a sense that will need to be clarified. To this end, I will focus primarily on their magna opera, Deleuze’s Logique du sens (1969) and Richir’s Méditations phénoménologiques (1992).
