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Comptes rendus

Nadeau, Charles-André. Churchill et Roosevelt à Québec. Grande et petite histoires des conférences de 1943 et 1944. Québec, Septentrion, 2024, 246 p.[Notice]

  • Patrice Dutil

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  • Patrice Dutil Université métropolitaine de Toronto

Ciblant un auditoire qui chercherait à acquérir des notions de base sur les conférences qui se sont déroulées dans la capitale québécoise durant la Seconde Guerre mondiale, ce livre réussit fort bien. Il est bourré de photos passablement rares et rédigé dans un style accessible. Les chapitres sont rarement plus longs que trois pages et les démonstrations de faits divers sont vives. Ce livre s’harmonise aussi avec le monument aux Conférences de Québec érigé sur la rue Saint-Louis en 2002 dans le sens que la participation canadienne est minimisée. Le premier ministre canadien de l’époque, Mackenzie King, n’apparaît presque jamais dans le portrait. Nadeau, qui fit carrière dans la Marine canadienne avant de se pencher sur l’histoire, rassemble les pièces du casse-tête des deux rencontres entre Winston Churchill et Franklin Delano Roosevelt en 1943 et en 1944, soit avant et après le grand débarquement du jour J. Il situe l’historique de ces grandes réunions diplomatique dans le cadre des multiples rencontres qui ont eu lieu entre les deux grands chefs, rappelant que la première avait eu lieu à Terre-Neuve en 1941. Les deux rencontres qui suivront auront eu lieu à Washington (à la fin 1941 et en juin 1942). La quatrième réunion se tiendra à Casablanca, en janvier 1943, et elle sera suivie par un autre sommet en mai, à Washington, en 1943. La sixième rencontre (surnommée « Quadrant ») eut lieu du 17 au 23 août 1943, alors que la stratégie de l’assaut contre les forces nazies en Europe devait être finalisée. L’armée américaine faisait déjà des ravages en Sicile et s’apprêtait à l’attaque sur Calabre. Les équipes de liaisons entre les quartiers généraux se connaissant bien, ces rencontres étaient jugées nécessaires afin d’accorder les stratégies militaires dans toute leur complexité. Il ne s’agissait pas simplement des questions de bataille au front, mais des difficultés d’approvisionnement et des déboires de logistique sur le théâtre militaire qui s’étendait, pour les forces alliées, de l’Extrême-Orient aux plages de la Normandie. Nadeau situe les rencontres dans l’enceinte du Château Frontenac et de la Citadelle de Québec. Autant du côté américain que du Royaume-Uni, on déroule des cartes géographiques, on calcule les coûts de transport, on fait débat de toute option militaire, on s’engage à améliorer la coordination de mille et une choses. Les petits détails n’échappent pas à l’auteur. Les préparatifs se faisant en cachette, on raconte que Maurice Duplessis, qui loge dans l’hôtel, est chassé de sa suite au début du mois d’août, sans savoir pourquoi, comme tout le monde. Une certaine Alice Caron, cependant, recevra la permission de rester dans l’hôtel puisque sa santé cardiaque est fragile. Soudainement, une armée de journalistes s’installera dans les alentours. La capitale sera transformée pendant presque trois semaines. Churchill et Roosevelt, accompagnés par leurs équipes, donneront suite à cette première rencontre à la fin novembre 1943, au Caire, avant de s’installer à Téhéran pour une première rencontre avec Staline. Ils regagneront la capitale égyptienne pour d’autres pourparlers et pour finir une année mouvementée. Ils ne se reverront pas avant le mois de septembre 1944, trois mois après le grand débarquement, pour une deuxième conférence à Québec. Le contexte de cette rencontre (code : « Octagon ») est fort différent. La France est presque entièrement libérée et on commence à compter les derniers jours du troisième Reich. Il est maintenant question d’en finir avec les nazis, bien sûr, mais aussi de doubler les efforts pour faire couler l’Empire japonais ; on commence à s’inquiéter des intentions de l’Union soviétique. Les délégations s’emparent de la ville de Québec, une véritable reprise des préparatifs et des engagements …

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