C’est un ouvrage très personnel qu’offre Benoît Grenier dans Persistances seigneuriales. Histoire et mémoire de la seigneurie au Québec depuis son abolition. L’auteur propose ici les conclusions d’une enquête qui l’anime depuis près de quinze ans et qui souligne son engagement en faveur de l’histoire publique. Convaincu depuis longtemps que la mort officielle du régime seigneurial en 1854 dissimule finalement mal une agonie qui se prolonge, parfois même jusqu’à nos jours, l’auteur s’attache à retrouver les multiples avatars contemporains de cette institution obstinée. Les persistances, ce sont d’abord les traces matérielles, les rentes seigneuriales ou les forêts domaniales, parfois fort conséquentes, qui ont façonné durablement les fortunes de certaines familles et institutions religieuses. On découvre aussi, et peut-être surtout, ce que le régime seigneurial anime chez ceux et celles qui s’en réclament, ceux qui l’ont fait vivre, et ceux qui continuent à en entretenir le souvenir. Au fil de nombreux entretiens, l’auteur recueille la parole des derniers témoins d’une distinction vécue parfois avec pudeur, souvent avec fierté. Faire l’histoire des persistances seigneuriales, pour Benoît Grenier, c’est ainsi faire l’histoire des ambivalences de la distinction, que celle-ci s’enracine dans la généalogie ou dans un terroir. Enfin, Persistances seigneuriales souligne avec sensibilité la dette de l’historien envers les nombreuses collaborations qu’il a su nouer au fil des années. Le respect de l’auteur pour ses interlocuteurs et interlocutrices y transparaît à chaque page. Les érudits locaux, les défenseurs acharnés de l’histoire régionale, les communautés héritières de la mémoire seigneuriale y trouveront, dans un ouvrage abondamment illustré, le témoignage de cette reconnaissance. Le public, pour son plus grand bénéfice, en récolte les fruits. L’ouvrage offre un portrait nuancé de cette période historique marquée au Québec par les mouvements en faveur de la libération du joug anglophone. Pour ces femmes, la libération ne recèle pas toujours le même sens, le colonisateur prenant différents visages pour les Autochtones, les Haïtiennes ou les Québécoises francophones. Grâce au choix méthodologique judicieux de l’histoire croisée, Ricci réussit aussi à montrer les tensions qui traversent les mouvements féministes de l’après-guerre et à y restituer des parcours demeurés dans l’oubli. Le jury félicite Amanda Ricci pour son livre qui mérite le prix de l’Assemblée nationale en plaçant les femmes, leurs réseaux, leurs actions au coeur du politique et au coeur des transformations sociales qui ont fait Montréal, le Canada et la francophonie internationale. Malgré la contribution professionnelle et intellectuelle de François-Albert Angers au développement du Québec, et en dépit de sa participation à tous les débats et à tous les combats politiques, constitutionnels et linguistiques qui ont marqué l’histoire de la province des années 1940 aux années 1980, celui qui a été l’un des plus importants penseurs et défenseurs du traditionalisme canadien-français de la seconde moitié du 20e siècle n’a guère attiré l’attention des historiennes et des historiens jusqu’à présent. Avec son ouvrage intitulé François-Albert Angers. Le rebelle traditionaliste, Jean-Philippe Carlos nous invite à revisiter la trajectoire intellectuelle de cet économiste renommé, intellectuel respecté et nationaliste engagé, et à réévaluer son influence sur l’évolution du traditionalisme et du nationalisme au Québec. Ce faisant, il jette un éclairage nouveau sur ce qu’il nomme « une figure de transition entre le Canada français traditionnel et le Québec moderne ». Se fondant sur une connaissance approfondie de l’histoire du Québec et sur une analyse des écrits du professeur des HEC, Carlos nous présente la pensée de celui qui fut à la fois un nationaliste traditionaliste et un rebelle. Nationaliste traditionaliste, il l’a été par sa conception de la collectivité canadienne-française enracinée dans le catholicisme, par son adhésion à la Doctrine sociale de …
