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Présentation du numéro thématique de la RHAFFemmes, culture et pouvoir, xviiie-xxe siècles[Notice]

  • Catherine Ferland et
  • Benoît Grenier

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  • Catherine Ferland
    Université de Sherbrooke
    Organisateur du colloque Femmes, culture et pouvoir : relectures de l’histoire au féminin

  • Benoît Grenier
    Université de Sherbrooke
    Organisateur du colloque Femmes, culture et pouvoir : relectures de l’histoire au féminin

De nos jours, quelle place occupent les études sur les femmes chez les historiens du Québec et de l’Amérique française ? Ce questionnement peut surprendre : après tout, l’histoire des femmes s’est faite discrète au cours des dernières décennies. Se dire historienne des femmes peut même sembler un peu dépassé, voire vaguement suspect dans certains milieux universitaires. Il est vrai que le militantisme qui a coloré les premiers travaux de ce champ disciplinaire, de même que les thématiques qui ont été privilégiées par les « pionnières », furent d’abord souvent associés aux luttes féministes et à la conquête de l’autonomie par les femmes. Effectivement, l’histoire des femmes fut aussi celle d’une lutte pour accéder au rang de sujets dignes de l’histoire… après que l’on eut « découvert » qu’elles avaient bel et bien une histoire ! Après des années fastes, ce champ connaît pourtant d’importantes transformations, ce que l’on peut sans doute attribuer, au moins en partie, à l’essoufflement des grandes luttes féministes depuis les années 1980. L’historiographie récente montre bien l’évolution conceptuelle d’une histoire des femmes à une histoire du genre (sans parler de l’essor des études sur la masculinité) : ce changement de paradigme a peut-être laissé croire à la désuétude de l’histoire des femmes « tout court ». Ajoutons qu’au Québec, l’absence d’une revue scientifique consacrée à l’histoire des femmes oblige les chercheurs à publier dans d’autres tribunes ; l’éparpillement qui en résulte peut accentuer l’impression d’une certaine atonie de ce champ disciplinaire. Pourtant, ce que l’on trouve dans les pages de la Revue d’histoire de l’Amérique française comme dans celles d’autres publications savantes au Québec et au Canada permet de constater que la recherche sur les femmes, loin d’être moribonde, est bien vivante. Une nouvelle génération d’historiennes – mais également d’historiens – est à l’oeuvre, affranchie des préjugés de ses devanciers à l’égard des études « féministes », mais néanmoins consciente des travaux qui restent à mener sur le vécu des femmes ainsi que sur leurs rapports aux hommes et à la société dans laquelle elles évoluent. Les textes qui suivent sont issus de communications présentées au colloque international et interdisciplinaire « Femmes, culture et pouvoir : relectures de l’histoire au féminin » qui s’est tenu à Sherbrooke en mai 2009. Si la question des rapports entre pouvoir et culture des femmes n’est pas nouvelle et qu’elle a donné lieu à d’importantes contributions, cette réflexion demeure fragmentaire dans le contexte historiographique du Québec et de l’Amérique française, malgré des études et débats qui s’annonçaient prometteurs. Pensons par exemple à la question des « femmes favorisées » en Nouvelle-France, qui avait donné lieu à un échange vigoureux entre Jan Noel et Micheline Dumont au début des années 1980 et que ce numéro risque de réanimer. Depuis, bien peu de travaux ont été menés pour développer l’analyse. En menant nos recherches sur les procuratrices et le pouvoir féminin à Québec au xviiie siècle, nous avons donc fait face aux lacunes de l’historiographie canadienne et au manque de réflexion théorique sur la question, comparativement à ce qui se fait déjà en France ou aux États-Unis. Heureusement, plusieurs chercheures ont néanmoins adopté des problématiques s’inscrivant à l’intérieur de ce cadre théorique. Pensons entre autres, pour la seule période de la Nouvelle-France, aux travaux récents de Josette Brun, Colleen Gray ou encore Chantal Théry. À l’occasion du colloque de Sherbrooke, l’élargissement du cadre spatio-temporel a permis de confirmer ce que nous pressentions : de solides et fascinantes recherches ont cours actuellement, dans de nombreuses disciplines, alors il s’agit de se doter de tribunes privilégiées pour les faire connaître. L’enthousiasme suscité …

Parties annexes