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ChroniquesProfessions de l’enseignement

Valoriser et reconnaitre l’expertise de la profession enseignante à l’éducation préscolaire : et si on en parlait ? Partie 2[Notice]

  • Stéphanie Duval et
  • Bernard Wentzel

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  • Stéphanie Duval Université Laval (Canada)

  • Bernard Wentzel Université Laval (Canada)

Cette chronique poursuit les réflexions concernant la profession enseignante à l’éducation préscolaire amorcées sous forme de dialogue, et publiées dans le volume 33 de Formation et Profession. Il était question de certains enjeux spécifiques qui entourent la profession enseignante à l’éducation préscolaire à partir de la formation et l’expertise professionnelle. Maintenant, nous abordons la valorisation et la reconnaissance sociale des enseignant·es, l’attractivité de la profession à l’éducation préscolaire et, de façon transversale, l’incidence du climat organisationnel des lieux de travail sur ces éléments. La discussion se poursuit entre Bernard Wentzel, chercheur dans le domaine de professionnalisation des métiers de l’enseignement et Stéphanie Duval, chercheuse dont l’expertise se situe dans le champ de l’éducation préscolaire. Chez les enseignant·es, la reconnaissance de leur spécificité mène vers le développement du sentiment d’autonomie professionnelle, et elle implique une valorisation qui vient autant de l’intérieur (le « soi professionnel ») que de l’extérieur (les autres et le système) (Lanaris, 2021). L’autonomie se construit par le sentiment de confiance personnelle et la reconnaissance de sa propre expertise, de même que par des remises en question suscitées par les autres (p. ex., points de vue, convictions et attentes des collègues, la direction, les parents). Bien que l’expertise de l’enseignant·e soit reconnue dans le Programme-cycle de l’éducation préscolaire (MEQ, 2023), la valorise-t-on de façon collective ? À ce sujet, Marinova et Drainville (2019) suggèrent que les idées préconçues qui sont socialement véhiculées peuvent avoir des répercussions sur la reconnaissance professionnelle des enseignant·es à cet ordre d’enseignement. Quelle valeur et quelle place les structures organisationnelles scolaires, les politiques ministérielles et la société accordent-elles aux rôles de la personne enseignante à l’éducation préscolaire ? Au-delà du soutien à l’apprentissage, les pratiques enseignantes à l’éducation préscolaire incluent d’entrer en relation avec les enfants, de prendre soin d’eux (y compris fournir des soins physiques), de soutenir leurs émotions, etc. Le care fait partie intégrante de la pratique enseignante auprès des jeunes enfants, bien qu’on ne le reconnaisse pas nécessairement. En effet, ces pratiques de care semblent invisibilisées, contrairement aux aspects plus évidents liés aux apprentissages ou au développement des enfants (Laugier, 2021; Van Laere et Vandenbroeck, 2018, cités dans Robitaille et al., 2025). Pourtant, elles impliquent un investissement professionnel à caractère émotionnel et demandent des attentions parfois délicates et implicites, rendant le travail des enseignant·es à l’éducation préscolaire complexe, important à valoriser et à estimer (Brugère, 2021; Robitaille et al., 2025). Afin d’apprécier la qualité des pratiques enseignantes à l’éducation préscolaire et d’inciter les collègues à estimer leurs pairs malgré les approches distinctes entre les cycles d’enseignement, le leadership de la direction d’école est nécessaire. Plus encore, il s’avère primordial qu’elle reconnaisse elle-même la complexité de la pratique à l’éducation préscolaire, et qu’elle en apprécie les subtilités. Il est également recommandé que la direction adopte une pratique réflexive quant aux réalités des enseignant·es à l’éducation préscolaire, en se questionnant notamment sur la reconnaissance et la valorisation de leur travail au sein de l’établissement scolaire. Comment apprécier les pratiques qui vont au-delà de l’instruction formelle de contenus disciplinaires ? On revient à l’idée de valoriser l’expertise de chacun, peu importe le cycle d’enseignement, afin qu’il se sente en confiance dans son milieu. À cet égard, Sangsue et Vorpe (2004) suggèrent que la perception d’un bon climat scolaire dépend de la satisfaction professionnelle des enseignant·es et de l’efficacité perçue dans l’atteinte des objectifs pédagogiques qu’ils et elles se sont fixés. Qu’en est-il du sentiment de satisfaction professionnelle des personnes enseignantes et de son influence sur le climat scolaire ? Dans le contexte actuel, le niveau de satisfaction des enseignant·es représente un sujet complexe …

Parties annexes