Résumés
Résumé
Cet article interroge la possibilité d’une lecture générative de l’oeuvre d’Annie Ernaux, dans l’optique d’un appareillage critique de la recherche-création littéraire déterminant des modes d’investigation spécifiques dans les textes choisis. Partant de la question des territoires littéraires et des en-dehors du texte, l’analyse porte sur les traits distinctifs d’une poïétique ernausienne visibles dans l’écriture. Les notations y sont abordées dans une visée pragmatique de transfert pour la recherche-création, comme des nécessités à travailler ardûment le texte, à adosser l’écriture à l’expérience lectoriale, à faire mûrir le projet en aiguisant un sens critique en incessante basse continue. Les appâts premiers du récit de soi, de l’imitation stylistique ou de la reprise de dispositifs factographiques sont interrogés dans leurs enjeux et leur disposition à construire un ethos d’écrivain(e). L’étude finit par explorer comme principale qualité générative de ces textes la conscience éthique et politique à l’oeuvre, au sens littéral, chez Ernaux.
Abstract
This article examines the possibility of a generative reading of Annie Ernaux’s work, with a view toward establishing a critical framework for literary research-creation that determines specific modes of inquiry within the selected texts. Beginning with the question of literary territories and what lies outside the text, the analysis focuses on the distinctive features of a poïétique ernausienne as they manifest in writing. These notations are approached pragmatically, in terms of their potential transfer to research-creation practices: as exigencies that demand strenuous engagement with the text, a writing anchored in the reading experience, and maturation of the project through the cultivation of a sustained critical awareness. The initial lures of self-narration, stylistic imitation, or the reuse of factographic devices are examined in terms of their stakes and their capacity to construct an authorial ethos. The study concludes by identifying the ethical and political consciousness at work—in the most literal sense—in Ernaux’s writing as its principal generative quality.
