Bienvenue, cher lectorat, à notre délicieuse platée d’écrits étudiants sur la nourriture au Canada! Dans ce numéro spécial de Cuizine, nous partageons avec vous quelques-uns des excellents travaux soumis par des personnes de premier et deuxième cycles de cours utilisant la nourriture pour parler d’enjeux et de problèmes sociaux. Ayant récemment enseigné des cours universitaires sur la nourriture au sein de programmes d’étude des femmes et de genre, d’étude sur la justice sociale, d’anglais et de sociologie, nous savons que nos classes veulent souvent partager leurs expériences liées à la nourriture et réfléchissent de manière critique à la justice alimentaire, à l’insécurité alimentaire, à l’identité, au corps, aux souvenirs et à la culture, entre autres aspects de la nourriture. L’engagement de nos groupes et leurs excellents travaux nous ont incitées à demander des soumissions étudiantes, et, comme vous pouvez le constater, les fruits de leurs travaux créatifs et scientifiques constituent quelques-unes des excellentes analyses alimentaires effectuées dans des salles de classe canadiennes. En rassemblant ces articles, nous nous sommes également demandé ce que signifie, à l’heure actuelle, le recours à un point de vue alimentaire pour enseigner. Ce projet a été proposé pour la première fois en décembre 2020, à un moment où plusieurs parmi nous espéraient la fin de la plupart des perturbations universitaires liées à la pandémie. Dans les mois et années qui ont suivi, nous avons continué de surmonter des défis à l’intérieur et à l’extérieur des salles de classe. La production de nourriture continue d’être affectée par le manque de main-d’oeuvre et les troubles de distribution causés par la COVID 19, par l’intensification de la crise climatique, par les conflits et les guerres, ce qui provoque une inflation élevée et une augmentation des prix de la nourriture dans nos communautés. Ces défis s’ajoutent à l’accroissement des inégalités sociales partout dans le monde, alors que des activistes et des activistes-chercheur·e·s demandent une justice alimentaire, environnementale et raciale dans les systèmes alimentaires, au travers de stratégies de résurgence et de résistance anticoloniale et anti-raciste. Au Canada, les chercheur·e·s autochtones en matière d’alimentation et leurs allié·e·s affirment que les approches anticoloniales de la compréhension de l’alimentation et des systèmes alimentaires s’attaquent au colonialisme et à ses impacts actuels sur les peuples autochtones, et surtout sur les femmes et les filles. Tandis que la population étudiante actuelle fait face à de nombreux défis de santé physique, émotionnelle, financière et environnementale, la nourriture est au premier plan de ses préoccupations. Cela est d’autant plus vrai que l’insécurité alimentaire et la pauvreté étudiante sont en hausse au Canada parmi les populations postsecondaires, ce qui nuit à l’apprentissage et à la réussite scolaire. De multiples étudiant·e·s, et surtout issu·e·s de l’international, sont particulièrement touché·e·s. Les chercheur·e·s, au travers de nombreuses disciplines, continuent d’étendre la portée des liens formés et la manière dont nous nous situons et contextualisons notre recherche dans un monde en constante évolution. La nourriture joue un rôle dans notre compréhension de notre place dans le monde. Nous devons toustes manger pour vivre, et bien que la consommation et les pratiques alimentaires soient propres à chaque individu, elles sont également matérielles et sociales, et influencent nos identités individuelles et collectives. L’idéologie de marché néolibérale actuelle prétend que nous faisons un choix quand nous décidons de ce que l’on mange. Nous savons cependant que tout le monde n’a pas un accès identique à la nourriture, et la rhétorique du choix est limitée par des différences sociales structurées et leur réalité matérielle. L’attention portée aux structures de genre, de race, de classe, de sexualité et de capacités, entre autres axes de la …
